jeudi 14 juin 2018

De l'autre côté

Ca y est, je suis passée de l'autre côté, le côté des examens vus côté jardin. C'est impressionnant. Je n'imaginais pas l'organisation sans faille nécessaire pour que 2 heures d'examen écrit se déroulent dans la sérénité... enfin, la sérénité pour les surveillants, pas forcément pour les étudiants.

Premier parcours : les étudiants se rangent dans les files correspondant à leur initiale. Là déjà, les erreurs se multiplient, même pour le troisième examen de la session. On regarde leur carte d'étudiant, leur tête (on imagine l'étudiant sans barbe, avec une autre coiffure, non déformé par l'impression sur la carte. Tout un art.) Puis on coche leur nom en leur donnant le numéro de leur place. (Personnellement, je ne sais pas comment ils font pour retenir un numéro à 4 chiffres, ou à 3 ou même à 2 chiffres. Personne ne le note comme je le ferais. Un étudiant a dû revenir demander son numéro de place, je ne suis donc pas la seule à trouver cet exercice difficile). 

Une fois installés, ils vont placer leur porte-monnaie et leur natel (téléphone portable) sur une table, en notant leur nom à l'aide d'un post-it. Ils déballent leurs affaires et sortent leur sac. 

La distribution des examens commence : on vérifie le numéro de place, et on dispose le paquet de feuilles à l'envers devant l'étudiant inquiet. Le paquet se vide, un examen bleu (francophone) et un examen jaune (alémanique). On termine avec du bleu, puisqu'il y a plus d'étudiants francophones. Au-delà des panneaux, ce sont les étudiants qui composent dans une langue autre que leur langue maternelle. Ils auront des dictionnaires bilingues (français-italien-allemand-anglais) à leur disposition tout au fond de la salle. On ajoute des feuilles de brouillon. Tout est prêt. Vingt minutes se sont écoulées depuis l'ouverture des portes.

Cette fois, c'est parti. 

Pour les surveillants, une heure délicate va commencer : on passe chez les étudiants, et on feuillette toutes les lois qu'ils ont emporté. On regarde s'ils n'en ont pas pris d'interdites, puis on cherche les éventuelles feuilles qui se seraient égarées entre les pages, les notes avec des mots clefs, le tout sans déranger l'étudiant qui compose. Dès qu'il pose son code, vite, on s'en saisit, on fait son travail, et on le repose au même endroit et à la même page. Les consignes sont claires : l'étudiant peut toujours terminer de composer. On prend sa carte d'étudiant, et on rédige un procès-verbal en prenant des photos au besoin. Le prof décidera ensuite de la marche à suivre. (Il y a eu 6 PV le premier jour, puis 2 les autres jours d'examen). 

Ensuite, à moins d'être préposée aux WC, c'est "marche entre les rangées", avec des chaussures silencieuses (exigées lors de notre convocation). Celui qui veut aller aux toilettes s'avance avec sa copie, nous la remet. En échange, on lui indique le numéro des toilettes où il peut se rendre, et on note sur sa copie : "WC 14H12". Lorsqu'il revient on note l'heure de retour. Je peux vous dire que la majorité met 2 minutes pour faire l'aller-retour. Certains ont besoin de 3 minutes (en général les filles). 

De façon générale, les étudiants sont très concentrés. Sauf une dizaine sur 360, ils se tiennent tous très mal. Peu savent tenir un crayon de la bonne manière. Tous ou presque emportent de quoi boire et de quoi manger. Mis à part ceux qui s'ennuient, personne n'a le temps de pique-niquer. Ce qui m'amuse, c'est l'alignement de stabilos dans un dégradé impeccable. Ils ne servent à rien, mais doivent servir de doudou ou de gri-gri. 

Peu avant la fin de l'épreuve, nous recevons les numéros de rangées de table pour ramasser les examens. Lorsque tout est arrivé sur l'avant de la salle, les étudiants ont le droit de sortir - en silence - parce que ceux qui composent dans une autre langue que leur langue maternelle ont droit à 20 minutes de plus. 

Pendant ce temps, nous trions les copies bleues et jaunes. Puis nous les classons par numéro d'étudiant. Ensuite, nous ramassons les brouillons restés sur les tables, les papiers... et déjà, c'est l'heure du deuxième ramassage. Nous insérons les copies dans les piles déjà classées, nous pointons chaque numéro (les étudiants reçoivent un numéro aléatoire compris entre 1 et 2999) sur une liste pour être certain qu'aucune copie ne s'est égarée. 

Et voilà, nous avons passé 3 heures dans la salle des fêtes, mais ce n'est pas fête pour tout le monde !!!


2 commentaires:

  1. il y a des choses reconnaissables dans ce que tu décris ;-)

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  2. Je n'ai jamais vu personne se faire attraper en trichant. Mais j'imagine qu'il est plus difficile (et moins tentant) de tricher quand tout document est interdit...
    Ici, ils ne s'embarrassent pas autant : les copies sont déposées par les élèves en partant, les profs partent avec des piles sous le bras ^^

    Sinon, c'est intéressant, ce que tu dis sur la manière de tenir un stylo. Presque plus personne ne tient son stylo correctement, j'imagine que les enseignants n'apprennent plus aux enfants à le faire...

    Quant au dégradé de surligneurs, j'ai beaucoup ri en lisant ce passage, car cet étudiant aurait pu être moi ^^. Avec mes stylos encre. Ils sont rangés dans un ordre tel que je peux saisir celui de la couleur qui m'intéresse sans avoir besoin de les ouvrir un à un pour regarder la plume : rien ne permet de les distinguer les uns des autres sinon.
    Mais ils ne servent pas de doudou, non, rien à voir, enfin pour la personne que tu évoques je ne sais pas, mais dans mon cas on est plus proche du "en joue" précédent le feu, donc plutôt dans une sorte de rituel préparatoire... :)

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