- Et si nous nous arrêtions chez ce brocanteur ? Je n'y suis jamais allée.
C'est la question que j'ai posée à Antoinette hier lorsque nous sommes passées devant une ancienne usine désaffectée reconvertie en brocante. Il fallait sonner, ce que nous avons fait. Au bout de quelques minutes, une femme, la quarantaine et la moue de celle qu'on dérange est venue nous ouvrir la porte. Je savais dès lors que je n'achèterai rien, mais que je regarderai tout en prenant mon temps.
D'emblée, nous avons vu, de l'entrée, une succession de pièces se déroulant jusqu'à l'extrémité du long bâtiment. Des moules à kougelhof. Machinalement, j'ai regardé le prix : 28 Euros pour un modèle moyen. J'ai eu un choc, les moules neufs de cette taille ne dépassent pas 20 Euros (et celui-ci n'était même pas ancien). J'ai ensuite consulté les prix, par-ci, par-là pour me faire une idée. C'était dithyrambique. Deux Euros pour un emporte-pièce rouillé (le même chez Emmaüs aurait coûté 10 centimes). Arrivées au fond du magasin, j'ai avisé Antoinette : "Tu as vu les prix, je pense que cette dame est malade et qu'elle ne veut rien vendre. Elle a fixé des prix démesurés pour freiner toute velléité d'achat aux éventuels acheteurs".
En partant, nous avons salué la vendeuse qui nous a largement souri. "Tu vois, me dit Antoinette, tu avais raison. A présent elle est heureuse de nous voir partir sans avoir rien acheté".
Drôle de vendeuse...