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dimanche 6 décembre 2015

Les examens et saint Nicolas

Dans la famille d'Alphonsine, saint Nicolas est un incontournable. Depuis tout temps et de toute éternité, je prépare un goû-dîner plantureux et décoratif : des "Mannala" (bonhommes en pâte briochée), des pains d'épice, des fruits secs, des confitures, des mandarines et autres fruits, des pièces en or... Le vin chaud, le jus de fruit et le chocolat chaud apportent un remontant nécessaire !
 
Vous l'aurez compris, il est absolument impensable de penser "6 décembre" sans penser "fête de saint Nicolas".
 
Oui, mais lorsque Maman Alphonsine a la tête plongée dans ses révisions, que la théologie dogmatique concurrence la théologie morale, l'histoire de l'Eglise, le Nouveau Testament et la philosophie, elle ne voit pas comment rendre des comptes à la tradition tout en maintenant son travail dans des perspectives exigeantes. C'est alors que l'idée de génie a fusé :
 
"Ambroise, pourrais-tu, avec tes souvenirs de tes cours d'économie familiale, nous faire de la pâte à brioche, puis façonner des Mannalas ? Augustin t'aidera à dresser la table". Je vous épargne la réponse d'Ambroise, faite d'arguments absolument imparables. J'ai pris mes affaires et j'ai quitté la maison pour me rendre dans un lieu de solitude, seul propice à me permettre d'avancer dans mes révisions. A midi, Ambroise terminait de pétrir la pâte avec beaucoup d'assiduité. A 18 heures, lorsque je suis arrivée, j'ai découvert une table magnifique, et je me suis exclamée : "Félicitation, c'est non seulement féérique, mais ça sent bon, et ça semble délicieux. Les élèves ont dépassé leur maître !"
 

 

dimanche 7 décembre 2014

Pauvre voisine

Saint Nicolas en visite à Fribourg, c'est une institution (CLIC), doublement, puisque je suis aussi alsacienne, et qu'il est hors de question de passer à côté du 6 décembre comme s'il s'agissait d'un jour ordinaire. J'ai donc invité des amis avec leurs trois enfants à passer la soirée chez nous après la fin du cortège. En réalité, c'était une occasion pour faire connaissance avec une famille dont je ne connaissais que la mère fort sympathique.
 
Nous nous sommes retrouvés autour d'une table abondante, avons essayé de rompre doucement la glace pour poursuivre avec des jeux et des chants organisés d'une main de maître par Amélie. "Dessiner, c'est gagner" en grand format (vivent les feuilles A1 que j'ai récupérées un jour), l'assemblée divisée en deux groupes, "les mimes", la "vache sans tâche", et autres joyeusetés nous ont fait hurler de rire et hurler tout court.
 
Ce matin, après une courte nuit de sommeil, j'ai choisi une joli carte pour présenter mes excuses à ma voisine qui a été dans l'obligation de supporter une joyeuse bande à l'heure de son sommeil.
 
La prochaine fois, je l'inviterai à fêter avec nous, nous pourrons nous ébattre la conscience tranquille !
 
 

dimanche 5 janvier 2014

Chauds, chauds les marrons chauds !

J'aime beaucoup les marrons.
Sous toutes les formes, grillés, en accompagnement, en dessert.
Je les aime chauds, servis dans un cône de papier journal alors qu'il fait froid. Je me réchauffe les mains et le corps.

C'était donc inévitable : je me suis offert un cornet de marrons chauds le jour de la Saint Nicolas à Fribourg. Et surprise : j'ai découvert l'astuce suisse qui consiste à vendre les marrons dans une double poche : d'un côté les marrons, et de l'autre la place pour y mettre les épluchures de marrons.




C'est curieux, les marrons en sont meilleurs !


vendredi 20 décembre 2013

Saint Nicolas

De votre envoyée spéciale à Fribourg pour la saint Nicolas fêtée le 7 décembre. Rétrospective.

La ville de Fribourg est placée sous le patronage de Saint Nicolas. Chaque année, ce sont 20 à 30 000 spectateurs qui se réunissent pour voir passer Saint Nicolas. Cette fête est organisée par le collège Saint Michel (Note pour les français : le collège en Suisse correspond au Lycée en France, mais compte quatre années d'études) depuis 1906.

Ce sont essentiellement les élèves de troisième année qui sont chargés de préparer la fête. Comme toute activité en Suisse, elle se fait démocratiquement puisque chaque élève a un droit de vote. Les élèves d'art plastique peignent des cartes postales, elles sont ensuite mise au vote, et la carte choisie sera tirée en plusieurs milliers d'exemplaires pour être vendue dans les rues de la ville dès le mois de novembre. Les fonds recueillis sont versés à une association caritative.

Les élèves qui veulent jouer le rôle de Saint Nicolas préparent un texte en français et en allemand, le lisent devant leurs camarades qui vont voter et choisir le Saint Nicolas de l'année. Celui-ci sera alors aidé par une actrice qui va lui apprendre à parler au rythme idéal compte tenu de la sonorisation.

Depuis le matin, la ville est en effervescence. Le collège Saint Michel organise une succession de concerts dans sa chapelle. Les élèves dressent des stands dans la cour de l'école pour y vendre leur production au profit des classes de découvertes. 



Les artisans s'installent également dans la cour, ou sur les places de la ville. 



Pour les enfants, un chemin de Saint Nicolas permet de gagner un biscôme (pain d'épices). Il faut suivre le chemin, s'arrêter aux différents postes, répondre aux questions et recevoir un auto-collant à apposer sur une carte. Dès que l'effigie est complète, ils reçoivent le biscôme.



Bien avant 17 heures, les badauds se pressent vers la cathédrale pour l'arrivée de Saint Nicolas. 

Il quitte le collège, monté sur un âne, et entouré de Pères Fouettards à l'aspect sinistre. Il jette à droite et à gauche des biscômes aux enfants sages, et avance lentement au son de la fanfare qui ouvre la marche ou des fifres qui les suivent.

Peu avant son arrivée à la cathédrale, l'évêque du lieu sort en grande pompe, entouré du clergé, des enfants de choeur (avec cierges, encens, croix), et se poste sur le parvis. Il accueille Saint Nicolas au son des cloches qui sonnent à toute volée.

Pendant que Saint Nicolas monte sur le balcon de la cathédrale, la fanfare, puis les fifres jouent leur morceau, et enfin la chorale chante. Même placé au premier rang, on n'entend pas grand chose à cause des cloches. Mais ce n'est pas grave, c'est festif, c'est joli, et enfin Saint Nicolas paraît sur le balcon.

Il récite son discours, en français et en allemand, successivement et alternativement. Il fait rire son auditoire parce qu'il ponctue sa harangue de piques politiques. Il est très applaudi, c'est toujours une prouesse, et certainement bien intimidant, à 17 ans, de dominer une foule de 30.000 personnes !

Enfin, il redescend, salue une dernière fois l'évêque du lieu, remonte sur son âne, et repart en sens inverse, toujours précédé de la chorale, des fifres et de la fanfare, distribuant des biscômes. 

Pendant ce temps, le clergé entre dans la cathédrale pour y dire la messe de Saint Nicolas. Le peuple est largement convié à y participer.

Finalement, chacun rentre chez soi, le coeur en joie.





mardi 6 décembre 2011

Saint Nicolas

En Alsace, on fête la Saint Nicolas. Chaque famille a ses propres traditions et fête à sa façon. Chez nous, les enfants accrochent leur botte à l'extérieur, et nous prenons ensuite le dîner traditionnel. C'est extrêmement simple, ce qui fait "riche", c'est la décoration de la table. Là, c'est sans limite. Quelques photos pour donner un aperçu. (Parfois, j'ajoute des branches de sapin, des rubans rouges, des bougies. Hier soir, je n'ai pas vraiment eu le temps de fignoler, et je m'aperçois que j'ai pris la photo avant d'avoir terminé...)

Une nappe aux couleurs de Noël, des assiettes, puis en vrac : des fruits secs, des mandarines, des pièces de monnaie en chocolat (les enfants grandissent, mais ils seraient déçus de ne pas les trouver), des petits Stollen, des papillotes (pas n'importe lesquelles : il faut qu'elles soient bonnes et que les citations soient amusantes. Donc, ils me réservent un emballage des papillottes réveillon, et me le confient début décembre, à charge pour moi d'acheter les bonnes !), du beurre, des confitures, de la charcuterie pour accompagner les Manele salés.




Au menu : les "Manele" (= petits bonhommes) pour faire référence à la légende de Saint Nicolas qui a sauvé les enfants chez le méchant boucher. Monsieur Alphonse préférant le salé au sucré, je prépare également des Manele aux lardons.

Pour 16 Manele sucrés :

1 kg de farine de blé T55
3 oeufs
150 g de beurre mou
1 pincée de sel
150 g de sucre
500 à 600 ml de lait tiède
1/2 cube de levure de boulanger
200 g de raisins secs

Verser la farine dans une grande jatte. Former un puit, émietter la levure, la délayer avec un peu de lait tiède. Couper les beurre en petits morceaux, casser les oeufs, verser le sucre et le sel. Mélanger à la main (ou dans un robot) les ingrédients. Ajouter le lait tiède, et lorsque la pâte est homogène, la battre longuement.
Au dernier moment, ajouter les raisins secs.
Laisser lever dans un endroit tempéré, recouverte d'un torchon.

Sur un plan de travail, couper la pâte en 16 morceaux. Former des bonhommes et les poser sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Laisser lever. Avant d'enfourner à 180°C durant 20 à 30 minutes, dorer à l'oeuf.



Pour les Manele aux lardons :

500 g de farine T55
1 oeuf
1/4 cube de levure de boulanger
1 c. à c. de sel
250 ml de lait
50 g de beurre

Procéder de même.
Avant de façonner les Manele, faire revenir dans une poêle 250 g de lardons, un oignon émincé. Laisser refroidir.
Etaler la pâte sur le plan de travail, répartir les lardons, éventuellement des noix ou des noisettes, rouler, et travailler un peu la pâte pour bien répartir les lardons.
Puis couper la pâte en 8 morceaux, former les bonhommes, laisser lever, et faire cuire comme les bonhommes sucrés.



En boisson, je sers le traditionnel vin chaud. Pour les enfants, c'est chocolat chaud ou jus de pomme chaud.

Vin chaud :

150 g sucre
1 verre d'eau
1 bâton de cannelle
1 anis étoilé
2 clous de girofle
grains de poivre
1 orange
1 citron
1 bouteille de vin

Faire chauffer l'eau et le sucre. Lorsqu'il bout, ajouter les épices, l'orange et le citron coupés en rondelles et laisser mijoter quelques minutes. Verser le vin, attendre l'ébulliton. Pour un vin chaud moins alcoolisé, laisser mijoter... Servir bien chaud.

Pour un jus de pomme ou un jus d'orange chaud, remplacer le vin par le jus de fruit. Retirer du feu dès que l'ébullition a repris.


Je n'ai pas fait de photo des bottes. En fait, elles étaient vides, mais les enfants ont trouvé, en-dessous, une machine pour faire les barbes à papa !!! Ce sera pour un autre billet !