Des nœuds dans mon fil

mercredi 21 juin 2017

La nature est belle

Cet article n'est pas sponsorisé, j'ai simplement eu envie de vous partager une belle revue qui a son site associé.


La revue Salamandre a été fondée par un petit garçon de 12 ans suite aux événements liés à Tchernobyl. Il observait la nature et mettait par écrit ses constatations. Le petit garçon a grandi, mais il n'a jamais délaissé sa revue. Il a fait des études de biologie, puis ouvert sa maison d'édition. Au fil des ans, il a doublé puis triplé son magazine bimestruel en proposant une revue pour les adultes, une deuxième pour les 10-12 ans et la troisième pour les petits. Ainsi toute la famille peut approfondir le même thème mais chacun à son niveau de compréhension. Des livres et des films sont venus étoffer la boutique.

Le site de La Salamandre fourmille de propositions toutes plus alléchantes les unes que les autres. On y trouve la minute nature, petits films très paisibles qui font découvrir la nature à côté de chez soi.

La rubrique des activités familiales représente une mine d'idées pour des parents désireux de faire découvrir la nature à leurs enfants.

Bref, je suis conquise par la qualité de cette entreprise, laquelle n'est soutenue par aucune publicité ! Je pense que ça valait la peine de partager avec vous de telles émotions !


dimanche 18 juin 2017

Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos (agenda ironique de juin)

Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos.

C’est le commencement. Chaque fois c’est pareil.
Il vient, apparaît avec vélocité,
Puis reste là, céans, ne veut plus nous quitter.
On dirait qu’il nous aime et que tout l’émerveille.

Il attend quelques mois, les gens savent qu’il veille.
Puis à son habitude il revient nous hanter.
Mais quand enfin il part, c’est sa spécialité,
Il disparaît et fond comme neige au soleil

Le repos revenu est une ode à la joie,
Tous ce que l’on était revient comme autrefois.
Nous profitons enfin, c’est une délivrance.

C’est un plaisir certain d’avoir du temps pour soi.
Plus besoin d’y penser et à la prochaine fois !
Le temps des examens ? Fini c’est les vacances !


******

Pour l'agenda ironique de juin, par Anatole qui participe pour la première fois avec un sonnet en alexandrins !

jeudi 15 juin 2017

Telle une gare (agenda ironique de juin)


"Je suis une maison, spacieuse et éclairée. Je vois tout, j'entends tout, essentiellement les secrets des habitants. J'ai entendu parler récemment de l'agenda ironique et de son sujet du mois de juin, l'objectivité des objets. Je m'estime tout à fait apte à pouvoir écrire un article à ce sujet. Pourtant, la contrainte qui consiste à émailler le texte d'alexandrins aux rimes croisées, plates ou embrassées m'embarrasse un tout petit peu. Une maison n'est pas Victor Hugo. Ne vous méprenez pas, je connais bien Victor Hugo, auteur préféré d'un grand nombre de mes occupants. Pour vous montrer ma sincérité, je vous joints en annexe un poème de ce grand homme. Je l'ai recopié, il était affiché dans ma cage d'escalier.

Image
Mes larges fondations posées au milieu des arbres, 
A côté d’un château et me voilà parée
De volets rouges ouverts sur ma façade de marbre,
Je ressemble à une gare, il ne faut vous leurrer.

Les enfants viennent sous le préau pour y jouer,
Les parents s'y installent pour voir le temps passer.
Les amis s'y rassemblent en foule toujours présente,
J'accueille largement cette affluence bacchante.

Je ressemble à s’y méprendre à une gare, avec mon architecture de station ferroviaire. Je ne ferme jamais les yeux, mes volets rouges restent toujours ouverts, j’espère ainsi être plus accueillante. 
J’ai tout d’une gare, l’apparence extérieure, mais également mon intérieur qui accueille des gens de passage. Ils vont et viennent, y dorment une nuit ou soixante, parfois même un peu plus, mais guère plus. Mon intérieur n’est pas reluisant, il n’est pas attractif non plus, mais tout le monde m’aime, de la cave au grenier.
La cave d’abord, humide et froide, été comme hiver, est un paradis pour les enfants. Ils descendent en tremblant, et remontent en courant. S’ils y jouent, ce n’est jamais pour très longtemps.
Le rez-de-chaussée est l’étage que j’aime le moins. Il est celui des gens sérieux. Les réunions des adultes sont mortellement ennuyeuses. Heureusement, il arrive qu’une maman ouvre toutes les portes de communication, ce qui permet à ses enfants de jouer au loup ou de faire un parcours en planche à roulette quand ce n'est pas une partie de foot. Enfin, je vis, je respire, je me délecte. Mes poumons se remplissent de vitalité et d’entrain.
Le premier étage est mon préféré, avec ses dix pièces (neuf chambres et une immense salle de réunion), et ses deux paliers époustouflants. J’accepte que l’on y installe tous les trains, circuits de voitures, jeux de billes, parcours du combattant. Quelle joie d’entendre les cris et les rires des enfants, c’est pétillant, c’est frais, c’est gai.
Mes douches qui communiquent par le haut font le bonheur de ceux qui aiment poursuivre leur conversation tout en se lavant. J’entends chanter à deux voix, c’est toujours un peu faux, mais tellement attendrissant. Et mes douze lavabos font hurler les mères de famille, ce qui m’amuse toujours autant.
Un grenier interdit… Et comme tout grenier interdit, j’y accueille les enfants désobéissants. J’aime les voir ouvrir discrètement la porte en prenant soin de ne pas la faire grincer, puis la refermer tout aussi doucement derrière eux. Ils montent l’escalier en colimaçon en levant la tête. Je vois alors un peu d’anxiété dans leurs yeux, je sais qu’ils jouent à se faire peur. En arrivant, ils soupirent, soulagés, il ne s’est rien passé. La dernière fois, c’était une petite fille en robe qui dansait et tournoyait en chantant. Une autre fois, un garçon déjà grand qui avait fixé sa corde à une de mes poutres et que se balançait en hurlant. Le malheureux, j’aurais tant voulu lui dire de ne pas crier, mais sa maman bien perspicace l’avait repéré avant que je ne puisse intervenir.
Je ne suis pas belle, non, mais attachante, et je marque les hommes, les femmes et les enfants qui passent chez moi. Je suis bien telle une gare : on passe chez moi sans y penser, mais on se souvient toute sa vie de ce moment de grâce.

Clair de lune

Victor Hugo

La lune était sereine et jouait sur les flots. —
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.
De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? —
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… —
La lune était sereine et jouait sur les flots.
2 septembre 1828
Victor Hugo, Les Orientales, 1829

mardi 6 juin 2017

Un tableau, une histoire (24)

Darren Thompson

Il me reste quatre pages à apprendre, et seulement deux stations de métro... Je dois rester concentrée...


mercredi 31 mai 2017

Agenda ironique de juin

Clémentine des "Narines de crayons" héberge l'agenda ironique de juin et vient de publier le thème. Accrochez vos ceintures, serrez vos lacets, brandissez votre crayon, et planchez sur le sujet : un objet va devoir raconter l'humain. Et puis, il faudra des alexandrins, par-ci, par-là, avec des rimes croisées ou plates ou molles. Le plus facile est d'aller voir ICI le projet éblouissant de Clémentine.


Le p'tit coin à vue élargie

Le port de Lausanne offre des toilettes. Elles présentent un alignement de cabines aux murs extérieurs vitrés. Certaines vitres sont transparentes, d'autres mattes. On entre, la porte se ferme, on a une vue exceptionnelle sur le port. Un peu dérangeante aussi... Surtout lorsque trois heures plus tard, on comprend qu'il aurait fallu appuyer sur le bouton "ouvrir-fermer" pour rendre la vitre opaque...


lundi 29 mai 2017

Insérer un tableau de vote (tuto)

Savoir insérer un tableau de vote dans un article de blog relève d'une prouesse pour certains, d'une aisance pour d'autres. Pour ma part, j'ai longuement cherché comment procéder de telle sorte que je me sens à même de vous partager mon savoir fraîchement acquis. 

Je commence par rechercher le site hébergeur des tableaux de vote. Il faut cliquer ici :

Etape 1 :



Puis cliquer sur l'encart bleu en haut à gauche :
« Create a new » … poll

Insérer le titre du vote
Insérer les différents choix de vote
Choisir le nombre de votes autorisés
La durée durant laquelle il sera possible de voter.

Une fois que vous avez donné toutes les indications utiles, cliquez sur l'encart bleu en bas à droit : "create poll". Vous êtes redirigé vers une deuxième page.

Etape 2 :


Choisissez le style du tableau, le modèle d'écriture, les dimensions du tableau....
Au fur et à mesure de vos choix, votre tableau s'affiche en-dessous de sorte que vous pouvez contrôler votre bon goût.

Juste avant le tableau de contrôle,vous cliquerez sur l'encart bleu "save style settings" lorsque vous serez satisfait du résultat.

Etape 3 :

Vous découvrez un cadre dans lequel il faudra copier votre "Java Script embed"

Etape 4 :

Allez dans votre blog, débutez un nouvel article. Au moment d'insérer le lien, il faudra d'abord convertir votre article en "HTLM". Vous collerez le Java script embed juste en dessous, puis vous terminerez votre article en repassant en mode "Rédiger".

Etape importante :

Surtout ne vous étonnez pas si le tableau n'apparaît pas dans votre article au moment de sa conception. Il ne sera visible qu'une fois votre article publié. 

Essayer, c'est l'adopter ! A vos votes !

Un tableau, une histoire (23)

Chez Lavekio, le jeu du lundi : écrire une histoire à partir d'un tableau.


Meredith Frampton

Je suis très joueuse. Ô, on ne le dirait pas à me voir : je fais jeune femme très sage avec mes vêtements sévères et ma coiffure soignée. Mais je cache bien mon jeu. En réalité, je suis joueuse, parieuse, et ne serait-ce mon tempérament radin, je jouerais jusqu'à ma chemise. Pour éviter une telle pauvreté, je joue à moindre frais.

Sur la table, il y a un roi de pique. Dans ma main une dame de coeur. Si je soulève un valet, quelle que soit sa couleur, je mange les deux pommes. Si je tire un dix, je mange seulement la grosse pomme. Sinon je mange la petite. Suspense...


dimanche 28 mai 2017

Résultats de l'agenda ironique de mai

L'applaudimètre a rendu son verdict, sonnez trompettes, résonnez tambourins, Marianne Slavan et moi avons l'immense honneur de vous faire part, à grand renfort de micro, des quatre vainqueurs ex-aequo qui se sont dégagés des votes, précédés de peu par l'oratorio d'Alphonsine.

Bravi donc à :

"Anaphrases musiquées ou musiques anaphrasées" de Valentyne de "La jument verte".

"Quelques notes d'antan" de La Licorne de Filigrane.

"Lucie m'dit, chanson peut-être possible alors ?" de Anne de "Anne Louvain la Neuve".

 "Serait-ce possible alors ?" de Dodo du "Carnet paresseux".

 "Oratorio capillorum sectorum" d'Alphonsine "des noeuds dans mon fil".



L'agenda ironique qui nous a fait la joie de s'installer en fredonnant chez nous durant tout un mois, va à présent fermer ses pages, prendre son élan et parcourir une distance virtuelle, digne de la téléportation, qui lui permettra d'atterrir sur le bureau de "Narines de crayons" où il prendra ses aises durant le mois de juin !


dimanche 21 mai 2017

L'agenda ironique musical de mai, applaudimètre ouvert

Le mois de mai va bientôt s'achever, et avec lui notre magnifique concert. Marianne et moi avons réuni 16 textes sur le thème de la musique.

Notre concert se termine ici. S'il a été particulièrement réussi, c'est que vous, le public, avez su lui faire bon accueil. Comme pour tout spectacle de qualité, on applaudit, on bisse, on bise, on envoie des fleurs et des chocolats, puis on scande de ses mains les meilleurs musiciens.

Il vous reste donc à voter pour les trois textes qui ont été les plus, les mieux, les moins, les... enfin, ceux pour qui vous avez envie de voter. Voici la liste :



2. "Rengaine Audonienne" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". 


4. "Quelques notes d'antan" de La Licorne de Filigrane.


8. "Dernière ligne droite" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". Et puis, pour la traduction "Cliquer ICI".



Après avoir fait ce choix douloureux, parce que dans tout choix il y a un renoncement, nous pourrons, en date du dimanche 28 mai, proclamer le vainqueur de l'agenda ironique musical de Mai. Nous l'applaudirons une dernière fois avant qu'il ne disparaisse dans les coulisses.







Une deuxième vote va désigner le prochain chef d'orchestre, celui du mois de juin. Nous avons perdu "Narines de crayons" et "Frog" début mai. Quatre dirigeants pour une seule partition était bien compliqué à gérer. Si elles veulent, l'une ou l'autre, l'une et l'autre, l'une sans l'autre reprendre la baguette de sourcier pour le mois de juin, nous serions assurés de pouvoir nous abreuver avant de nous lancer vers le nouveau défi.

En tout état de cause, nous restons dans une démocratie, donc nous votons. Ensuite Marianne et moi déciderons de ce que nous ferons, puisque nous sommes encore et toujours cheffes jusqu'à ce que mois s'en suive !







lundi 15 mai 2017

Agenda ironique, le 20 mai approche

Chers concurrents réels ou potentiels, 
Chers amis qui voudraient concourir mais qui n'osent pas franchir le pas,
Chers lecteurs qui ignorent pouvoir devenir un concurrent de valeur,

Il vous reste très exactement une semaine ou même seulement 6 jours pour participer à l'agenda ironique de mai, cet agenda ironique musical qui vous entraînera dans une danse endiablée grâce à la musique qui émane des textes proposés. 

Pour les nouveaux, les règles sont simples. Pour les anciens, les règles sont les mêmes. Il s'agit d'écrire un texte quelconque en faisant semblant de suivre les consignes données ICI. Puis de le publier sur votre blog et d'insérer le lien LA ou LA. Au choix. Ou encore au bas de cet article. 

L'enjeu est énorme, puisque vous risquez d'avoir des exclamations de louange dans votre commentaire. Ensuite, votre texte sera proposé dans un tableau de vote. Tout un chacun pourra voter pour le texte qui lui aura apporté le plus de bonheur ou de sentiments partagés, ou encore selon un critère qu'il sera seul à définir. Un deuxième tableau de vote permettra de choisir le prochain gentil organisateur de l'agenda ironique de Juin, mais le vote ne servira à rien puisque ce sera "Narines de crayons" qui sera de service. Mais c'est la loi de la démocratie : "Votez, nous n'en ferons qu'à notre tête". 

Donc, rien de bouleversant, rien d'effrayant non plus. Ecrivez, affirmez que vous avez pu vous laisser porter par les sons émis par Carla Bruni dans "Quelqu'un m'a dit" et participez.

Vous avez jusqu'à samedi minuit pour devenir des bloggeurs courageux. Et pour les lecteurs qui souhaitent rester anonymes ou qui n'ont pas de blog, il est toujours possible de me transmettre votre texte que je publierai sous votre anonymat.

A vos claviers !


samedi 13 mai 2017

Où es-tu Chantal ?

Où te caches-tu donc Chantal ? Pourquoi ne réponds-tu pas ? Ose dire "oui", ne crains pas de dire "non", dis "oui" ou "non", mais dis quelque chose. Ton silence est absolument insupportable. Comment peut-on vivre encore sans avoir ta réponse ?

Imagine un seul instant ce que celui qui t'aime a déployé comme preuve d'amour : il a commencé par économiser centime par centime, puis a emporté dans sa poche sa grosse tirelire remplie de piécettes. A la suite de quoi il a enfourché son vélomoteur pour se rendre à ses risques et périls au rayon bricolage d'un grand magasin pour y faire l'acquisition d'un énorme pot de peinture rose (peinture indélébile pour béton) et d'un gros, gros pinceau (le plus gros du magasin). 

Sans penser un seul instant à lui, notre téméraire aventurier dans un acte irréfléchi, s'est remis en selle, tenant le pot de peinture d'une main, le pinceau de l'autre. Puis, aussi courageux qu'intrépide, dans un équilibre instable, il a roulé jusqu'au pont, menaçant à tout moment de verser dans le fossé. Il a garé son destrier dans le fourré attenant, s'y est installé pour y attendre la nuit, penser à toi, et regretter de n'avoir pas eu la présence d'esprit d'emporter son goûter.

La nuit étant suffisamment avancée, il a traîné son pot de peinture et son pinceau jusqu'au milieu du pont. Là, il s'est souvenu qu'il avait oublié d'acheter un tournevis pour ouvrir son pot. Sans faillir un seul instant, il a arraché le garde-boue de sa pétrolette, l'a introduit entre le couvercle et le pot pour que celui-ci laisse enfin apparaître son contenu.

A l'aide du gros pinceau, il a remué la peinture pour la rendre lisse et belle, puis il s'est dangereusement penché sur le parapet pour y écrire à l'envers avec des grosses lettres parfaitement lisibles de l'autoroute cette question qu'il n'ose te poser directement et pour laquelle il attend une réponse depuis dix jours déjà :



"Chantal, veux-tu m'épouser ?"


Je t'en prie, Chantal, réponds-lui, ne tarde plus...


jeudi 11 mai 2017

Oratorio capillorum sectorum* (pour l'agenda ironique de mai)



Ce magnifique oratorio a été composé pour trois femmes, Béatrix (soprano coloratur), Adriana (mezzo), les clientes et Fabiola (alto), la coiffeuse.

1. Allegro

Béatrix entre chez le coiffeur. Elle demande une jolie coupe de cheveux afin qu’elle soit prête pour un rendez-vous galant. Fabiola la félicite et entonne un aria « Il était une fois nous deux ». Béatrix se joint à elle, c’est un duo très gai, plein de grâce, de légèreté et de vivacité.

2. Andantino

Adriana, cliente qui attend son tour, murmure en sourdine « Il était une fois nous deux », elle dit son regret parce que personne ne l’attend. Dans un immense lamentato qui se déploie en un crescendo très lent, elle dit sa souffrance parce que son mari est mort en voulant rendre service, qu’à présent elle est seule, qu’elle ne compte plus pour personne et qu’elle a dû dire adieu aux belles promenades qu’ils faisaient ensemble dans « Le jardin du Luxembourg ».

Fabiola intervient dans ce triste chant pour raconter que son mari s’est pris la vie la veille de Noël, que depuis rien n’est comme avant et qu’elle vit mal sa nouvelle condition de veuve. Elle chante d’une voix presque rauque dans un doux crescendo. La mezzo vient la soutenir de toute sa souffrance, elle laisse passer une émotion indescriptible. La voix de soprano flotte ensuite sur les autres. D’une voix pure et souvent dissonante, elle fait ressortir la tristesse éperdue de la situation. Dans ce trio larmoyant, les trois femmes pleurent les souffrances des deux veuves.

3. Allegro

Ce mouvement débute doucement par la voix de soprano : Béatrix propose de donner son numéro de téléphone à Adriana et à Fabiola en leur enjoignant de l’appeler, le jour ou la nuit, au moment où leur chagrin se sera fait trop présent. Elle les assure qu’elle sera toujours disponible pour les écouter. « Ca va pas changer le monde », mais ça va vous faire du bien.

Fabiola remercie et propose à son tour à Adriana de l’accompagner dans ses promenades et d’aller « siffler sur la colline ». Adriana ne se sent plus de joie et se joint à l’action de grâce qui s’élève. Cette fantaisie se chante avec fougue et brio. Les trois voix sont brillantes et se terminent en une finale, une apothéose où triomphe l’amitié.


*Oratorio des cheveux coupés.


Texte écrit pour l'agenda ironique de mai. Il convenait d'écrire un texte musical avec, en toile de fond, "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni. Cette chansonnette étant typique de celles qui passent dans les salons de coiffure, c'est tout naturellement dans un tel lieu que j'ai composé mon texte !
Merci à Joe Dassin pour ses titres de chansons.

L'agenda ironique musical partagé du mois de mai

La musique fuse en ce printemps qui lutte à bras raccourcis pour prendre la place de l'hiver. Voilà déjà les premières contributions musicales qui apparaissent au gré des commentaires, soit chez Marianne, soit chez moi. C'est toute l'ironie de l'agenda partagé !


2. "Rengaine Audonienne" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". 

4. "Quelques notes d'antan" de La Licorne de Filigrane.


8. "Dernière ligne droite" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". Et puis, pour la traduction "Cliquer ICI".




lundi 8 mai 2017

Voter à l'étranger

Si au premier tour j'ai voté en France, au second tour j'ai choisi, par commodité, de voter en Suisse. On ne m'y reprendra plus. Lorsque j'allais en prison pour y rencontrer mes clients, je ne subissais pas autant de désagréments et d'embarras.

A l’entrée, ouverture des manteaux, fouille agressive des sacs par une jeune femme pleine de morgue, de suffisance et de supériorité.
Puis, examen scrupuleux de la pièce d’identité par une femme qui a oublié qu'un sourire pouvait être agréable.
Puis, nouvel examen attentif de la pièce d’identité avec désignation brutale du bureau de vote par un homme hautain et présomptueux.
Des bureaux où le président présidait avec arrogance et insolence, le code électoral placé sur la fente de l'urne de peur qu'un électeur n'ose forcer le battant. De part et d'autres, des femmes charmantes qui osaient discrètement le sourire de peur d'être rappelées à l'ordre.
Le tout sur un ton détestable, brutal et à peine poli : lorsqu’on est tellement engoncé dans son rôle, il ne reste plus de place pour le sourire et la gentillesse.
 

Quand je pense que dans mon village de France on m’offre le café !


jeudi 4 mai 2017

Cours contre cours

Un cours de cuisine albanaise donné en français. Un cours de français sur fond de cuisine albanaise. Mon élève m'a gâtée de son plat, elle a appris à dire "oignon, épinard, farine de maïs, crème épaisse,  saupoudrer, mouiller, huile, feu fort, mélanger, potager, four, couche, une fine couche..."

Je suis repartie avec le déjeuner et un plat dont je ne connais pas le nom... Voilà ce qui arrive lorsqu'on s'applique à ne parler que le français (enfin, j'aurais du mal à parler albanais !)

Pour la recette, c'est facile : elle me montrait les contenants pour que je puisse savoir de quel ingrédient il s'agissait. Elle me montrait les poids mais en précisant qu'elle ne "mettait pas tout". "Pi mal Daum" comme disent les allemands, "au pif" comme on dit en français. Tout était au pif, ce qui explique que ce plat n'avait pas le même goût que la fois précédente où elle me l'a fait goûter !

Ma joie a été à son comble lorsqu'elle m'a raconté (je la comprends de mieux en mieux, mais aussi elle parle de mieux en mieux) qu'elle voulait progresser en français, et qu'elle allait ensuite chercher du travail. Aujourd'hui j'ai constaté qu'elle prenait son cours vraiment à coeur. Ce matin, son mari lui chuchote : "Suzan, tu dors ? Alors si tu es réveillée, va chercher ton livre et apprends ton vocabulaire !"

A partir de dorénavant et pas plus tard que maintenant elle qui était déjà fantastique va devenir extraordinaire !




lundi 1 mai 2017

L'agenda ironique partagé de mai

L'agenda ironique arrive en fanfare chez les "Heures dilettantes" et chez moi pour dignement célébrer ce joli mois de mai qui nous autorise à faire ce qu'il nous plait. Nous espérons que vous n'allez pas vous en priver !

Sonnez trompettes, sifflez flûtes, martelez tambourins, fredonnez des mélodies petits serins ! De toutes parts, nous entendons les concerts qui se préparent, la musique qui fuse, le festival des oiseaux, le récital des sauterelles, le chant du vent traversant de verdoyantes branchées.

Nous vous proposons de poursuivre en musique, écrire sur la musique, écrire en musique, écrire avec de la musique, écrire de la musique. Ce mois de mai, il vous sera demandé d'écrire un concerto composé de vos mots. Pianotez sur votre clavier, ne fuguez pas, laissez libre cours à votre virtuosité, laissez courir librement votre ritournelle.

Tout est permis, sons cristallins ou écho grave et effrayé. Un seul impératif, vous laisser inspirer par "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni. Oui, vous avez bien lu, nous avons osé, sûres que par votre brio, votre talent, votre bravoure, vous survivrez et surpasserez de vos accords cette chanson ! Et puis, vous insérerez, par-ci, par-là, sans trop triller, cinq titres de chansons ou de musique qui rythmeront votre partition. 

Vous avez jusqu'au 20 mai minuit pour déposer vos partitions, en commentaire ICI. Nous listerons les musiciens de notre orchestre de mai, et vous pourrez voter à partir du 21 mai. Le 28 mai, nous proclamerons les résultats de nos voix de diva (soprano pour "Heures dilettantes", alto pour moi), et nous mettrons un terme à notre duo en désignant le chef d'orchestre du mois de juin. Il aura ainsi 3 jours pour réfléchir à la façon dont il nous mènera à la baguette !



dimanche 30 avril 2017

Le vieux garçon

Qu'il me semblait strict avec sa raie sur le côté, son pantalon à pli tombant parfaitement sur ses chaussures cirées, sa chemise blanche boutonnée jusqu'au cou et son sobre pull bleu marine. Sa diction aussi laissait à penser qu'il ne prononçait que des mots mûrement réfléchis, que jamais il ne s'autorisait un laisser-aller. On résistait avec peine à se mettre au garde à vous devant lui.

C'est lorsqu'il s'est assis que j'ai pu constater qu'il était en réalité un garçon plein de fantaisie : il portait des chaussettes ROUGES !


jeudi 27 avril 2017

Haïkus sur la pluie

1er Haïku :

Les flaques ont grandi
Les chaussures laissent passer l'eau
Les pieds sont mouillés.

2ème haïku :

Les pieds sont mouillés,
Laissons là les Haïkus, 
Pour quérir des chaussures.



Ca ne va pas vous passionner, ô lecteur, j'avais à coeur de vous montrer que j'ai fini par comprendre le rythme 5-7-5. Et puis, vraiment, j'ai eu les pieds mouillés hier. Je vais y remédier aujourd'hui !


Et voilà Mary, prise au jeu du Haïku avec une jolie proposition :

Les flaques ont enflé
Les chaussures sont en grêve
Les pieds sont noyés



Ce matin (28 avril), jour glorieux où je fête mes 27 ans de mariage, il neige : déjà 10 cm de neige repose sur l'herbe...

mardi 25 avril 2017

Le gel (Haïku)

Les fleurs recouvertes de gel
Les fruits ont brûlé
Eté de désolation.



Je livre mon tout premier Haïku. Il y a trois semaines je ne savais même pas ce que c'était, ni l'étendue de ses contraintes. Certains de mes lecteurs excellent dans cet art, et comme l'Haïku est une oeuvre de groupe où le premier propose, le deuxième corrige, le troisième parfait, je vous laisse la possibilité, en toute simplicité, de mettre votre version en commentaire. Je les insérerai dans le post au fur et à mesure !

"Anonyme" me fait observer qu'un Haïku doit comporter 5-7-5 syllabes. J'ai fait l'inverse. Elle propose : 

Fleurs vêtues de gel (pour le premier vers).

Anonyme qui est devenue Mary s'est prise au jeu, sa contribution se développe ainsi :

Fleurs vêtues de gel
Les fruits n'ont pas résisté
Eté de regrets.

J'aime beaucoup ces trois vers, si d'autres lecteurs veulent participer, c'est en commentaire.


dimanche 23 avril 2017

Voter ?

Aujourd'hui, je suis confrontée à un dilemme qui m'oblige à choisir entre trois solutions :
- voter
- ne pas voter
- voter deux fois

Après que l'administration française m'ait interdit de vote (CLIC) sans procès et sans motif autre que son incompétence légendaire, elle a voulu me consoler en me donnant la possibilité de choisir mon bureau de vote, voire de cumuler les votes. Le ministère des affaires intérieures m'a fait parvenir ma carte d'électeur, et le ministère des affaires étrangères m'a indiqué le lieu de mon bureau de vote en Suisse.

Si je ne vote pas du tout, je serai comptabilisée deux fois dans les dégoûtés de la vie politique. Si je vote une seule fois, je serai comptabilisée comme dégoûtée et courageuse d'avoir pu émettre un choix dans une enveloppe (puis-je courir le risque de devenir schizophrène ?). Si je vote deux fois, je risque une sanction pénale allant jusqu'à la peine de prison (parce que je ne peux faire état d'une quelconque immunité) (mais je peux ne plus revenir sur le sol français le temps de la prescription de l'infraction).

Pensez-vous vraiment que je risque des peines pénales ? L'administration est telle qu'elle ne s'en apercevra jamais...