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samedi 28 mars 2020

Les courses en temps de confinement (2)

Pour la deuxième fois, j'ai annoncé à la ronde que je partais faire des courses. Bien entendu, personne n'a voulu m'accompagner, mais en fait, il n'y a rien de changé.

Avant de sortir, je me suis demandée si ma doudoune était toujours d'actualité, ou si le printemps s'annonçant, je devais revoir ma garde-robe. Je suis partie en pull, écharpe et gants (j'ai toujours froid au mains, là encore, pas de changement).

En arrivant au parking, la barrière était ouverte. Donc, plus de bouton à appuyer, plus de ticket à récupérer.

Devant le magasin, à la place de la palette de rouleaux de papier toilette, un petit stand avec du désinfectant et du papier. On nous demande de désinfecter les poignées des paniers ou des caddies. J'ai donc enlevé mes gants pour procéder à l'exercice.

J'ai fait de même avec le scan, j'ai remis mes gants, puis enlever mes gants pour me désinfecter les mains à l'entrée du magasin.

Toujours aussi peu de monde, un personnel agréable et souriant quoique distant... Cette fois, le rayon "œufs" était normalement achalandé, ainsi que les pâtes et les sauces tomates, mais impossible d'acheter de la glace à la vanille, du gros sel et de la levure de boulanger. Si ça continue, on fera les courses comme en Russie du temps des communistes : on achètera ce qui sera disponible, pas ce qui nous est nécessaire.

J'ai sauté l'étape de la caissière puisque je me suis débrouillée avec mon scanner et la machine. En sortant du magasin j'ai compris que la petite discussion avec la caissière me manquait, faire les courses de cette façon n'est pas dans mes habitudes. 

Nous voilà avec des réserves pour 15 jours. J'ai ramené les ingrédients commandés pour que les garçons puissent cuisiner ce qu'ils ont souhaité : salade de riz, hamburger maison, milk-shake à la framboise, poulet, clafoutis aux griottes...

mardi 16 janvier 2018

Gagnez un voyage de 5 jours dans le canton de Fribourg (Suisse)

Afin de promouvoir la région Fribourg, de faire découvrir ses secrets, ses attraits et ses beautés, "Suisse Tourisme" propose un jeu-concours aux apprentis blogueurs-voyage français, résidant en France. 

Pour cela, il faut faire parvenir aux organisateurs un récit de voyage avec photos, le tout avant le 1er mars.

Les 3 gagnants se verront offrir une formation à Paris, puis un voyage de 5 jours dans le canton de Fribourg, à charge pour eux de rédiger un récit émaillé de photos de leur séjour.

Le détail du règlement se trouve ICI.


A vos plumes !



mercredi 10 janvier 2018

La vie est faite de surprises

Au retour de nos vacances, une lettre m'informe que le 6 décembre à 10.45, j'ai commis un excès de vitesse dans un bourg que je n'ai jamais fréquenté, qu'il m'appartient de payer l'amende d'ordre d'un montant de 120 Francs. Le papier indique bien ma plaque d'immatriculation, mais nomme une "skoda" comme véhicule verbalisé.

Je n'ai jamais conduit de Skoda, les plaques d'immatriculation suisses sont très difficiles à copier (on les reçoit à l'office de la circulation, on ne les fait pas soi-même comme en France). 

Lundi matin, à la première heure, je téléphone pour demander des explications. "Quel est votre numéro d'amende ?" La jeune femme consulte son ordinateur, puis me dit : "Il est indiqué que la plaque était difficilement lisible. Vous pouvez donc déchirer votre feuille, c'est tout bon."

Stupeur et enthousiasme : c'est donc si facile, il n'y a pas à fournir sa carte grise en trois exemplaires, avec avance de l'amende pour ne jamais être remboursé ensuite, et énervement pour une infraction non commise... 

J'aime la Suisse !


jeudi 8 décembre 2016

Journée sans faim

Aujourd'hui, 8 décembre, nous avions congé pour la fête de l'Immaculée Conception. J'ai proposé à mes trois garçons une sortie près de Luzern, à la Glaci à Hergiswill. Nous y avions été il y a une dizaine d'années, et nous avions gardé un excellent souvenir de la visite de l'entreprise de verre (soufflage et moulage de verre que nous pouvions admirer depuis une tribune), les jeux de verre qui faisaient suite, le labyrinthe en verre, je pensais en outre leur proposer de souffler leur propre boule de Noel en verre, le tout au bord du lac des quatre cantons au pieds de sommets splendides.
 
La journée s'annonçait prometteuse, puisque le soleil s'était invité à nos festivités. Premier petit couac : je n'arrivais plus à utiliser mon lave-vitre, et le pare-brise devenait de kilomètre en kilomètre un peu plus opaque. Nous avons fait une pause pour acheter du produit adéquat, mais après avoir rempli le réservoir, le jet ne fusait toujours pas. Nous avons nettoyé la vitre et sommes repartis plein d'allégresse. Nous avons fait plusieurs pauses nettoyage avant d'arriver à destination. A Hergiswill, j'ai garé la voiture en plein soleil, espérant faire fondre le méchant glaçon qui osait obturer l'ouverture.

La deuxième déconvenue est arrivée assez vite, dès notre arrivée en fait. Nous avons découvert que le canton de Fribourg n'était pas le seul à honorer l'Immaculée Conception. L'entreprise était donc fermée. Par contre, nous avons pu voir le magasin, j'en ai profité pour demander à la vendeuse par quelle activité je pourrais remplacer la visite prévue. Elle m'a conseillé le musée suisse des transports.

Dix-sept minutes plus tard, nous étions garés (au soleil), il était midi. Quel musée... j'ai déjà visité des centaines de musée, je crois bien que c'est le plus beau que j'ai jamais vu. Il est organisé pour permettre aux familles, quel que soit l'âge de ses membres, de profiter pleinement de la journée. Un bâtiment consacré aux trains (vieux, neufs, cabine de conduite du train qui va passer sous le Gothard, explication des travaux, trains à crémaillères...), une cour sur laquelle un plan d'eau permet de faire du pédalo, un bâtiment consacré aux voitures, un autre aux bateaux et le dernier à l'aviation. Partout des petits jeux pour petits en bois, des jeux pour plus grands et même pour très grands. Rien de virtuel, presque pas de films, uniquement des choses à voir, à toucher et à manipuler. Du bonheur.

Nous sommes repartis le cœur en joie peu avant la fermeture. J'ai découvert une voiture fonctionnelle, la glace avait fondu et j'ai pu actionner le lave-vitre à l'infini. C'est du bonheur. Si.

Bref une belle journée qui s'est terminée par une montagnes de crêpes, nous n'avions pas pris la peine de déjeuner, nous nous sommes rattrapés au dîner !

 

lundi 14 novembre 2016

Voyage en Suisse

Deux ombres silencieuses sortent de la maison, samedi matin. Il est 6 heures. Elles croisent le voisin qui rentre de son travail et se hâtent vers l'arrêt de bus. On ne les reconnaît pas, mais on sent qu'elles sont fébriles et qu'elles dissimulent mal une joie et un bonheur radieux. A 6H03, le bus démarre, bien ponctuellement. Un voyage de plus de treize heures (13h30 pour être précis) débute.
 
Le bus éclairé permet de mettre un nom sur ces deux ombres : il s'agit d'Ambroise et d'Alphonsine. Nés tous les deux au printemps, ils ont demandé une carte journalière pour leur anniversaire : pour moins de 40 Francs, ils ont acheté une carte qui permet de voyager 24 heures avec tous les moyens de transports possibles : bus, trains grandes lignes, trains à voie étroite, bateaux, téléphériques, trains à crémaillère ou funiculaires.
 
Sur la base de la carte géographique des transports, j'ai étudié un trajet, l'ai soumis à Ambroise qui a donné son accord. J'ai ensuite noté tous les trajets à effectuer, avec les changements, les horaires, les numéros de quais... pour que le jour J il suffise de suivre le programme établi. La veille, j'ai fait des courses pour préparer des sandwichs, avoir des boissons, des bonbons et des biscuits. Nous avons également fait une provision de livres, tricot, carnets et crayons, bref, de quoi nous occuper durant les trajets. L'objectif n'était pas de visiter un lieu précis, mais de découvrir et d'admirer les paysages suisses qui n'allaient pas manquer.
 
La semaine précédent, il pleuvait et ventait. C'est avec soulagement que nous avons appris qu'il y aurait une accalmie le samedi.

Nous voilà arrivés à la gare. Nous montons sur le quai, nous interrogeons pour savoir s'ils vaut mieux prendre l'express qui part à Bern deux minutes plus tard, ou le train prévu qui arrivera dans 5 minutes. Finalement nous décidons de nous en tenir au programme "sinon ce n'était pas la peine d'en faire un". L'express a à peine quitté la gare que le haut-parleur annonce un retard probable de sept minutes du train régional. Nous sommes déconfits, ne pas avoir la correspondance à Bern mettrait toute notre organisation en l'air. Mais ce sera la seule ombre sur cette journée : le train n'a eu que cinq minutes de retard, nous laissant trois minutes pour changer de quai à Bern.

 
 
Le jour commence à se lever, le train s'élance vers Thun, Spiez, puis remonte dans la vallée avant de prendre le tunnel qui les fera sortir dans le Valais et arriver à Brig. La brume ne laisse pas encore deviner les sommets des montagnes, mais notre enthousiasme ne diminue pas.










 
 
A Brig, nous sortons de la gare : les départs des trains à voie étroite sont à l'extérieur. Hélas, le panneau indicateur explique que la voie est partiellement coupée pour cause de travaux, qu'il convient de prendre le bus mis à disposition. Nous trouvons le bus adéquat, nous nous installons au fond, tout heureux d'avoir un moyen de locomotion inespéré à ajouter sur notre liste !


 

Et c'est parti pour remonter la vallée derrière Brig. La neige qui avait déjà fait son apparition devient de plus en plus abondante. Lorsque le bus s'arrête à Fiesch après une bonne demi-heure de route, il faut marcher dans plus de 20 cm de neige. Tout nous enchante : la neige, le train aux grandes vitres, le faible nombre de passagers qui va nous permettre de sauter d'une vitre à l'autre et de voir ainsi les deux côtés à la fois sans gêner personne. La brume est encore bien présente, mais la vue est à couper le souffle. Autant dire que nous sommes en apnée jusqu'à Göschenen. Le train est bien entendu un omnibus, mais il ne s'arrête que sur demande : on retrouve le même bouton de demande d'arrêt que dans les bus de ville.























Arrivés à Göschenen, nous disposons de 20 minutes pour entrer dans la gare, monter sur le quai et attendre dans la salle d'attente chauffée. Cette fois nous prendrons un InterCity, sur la ligne Italie-Bâle. Nous redescendons doucement et sommes surpris de ressortir de l'hiver, de retrouver l'automne avec ses arbres dorés et ses prairies vertes. C'est la Suisse primitive que nous atteignons : les quatre cantons (dont celui de Schwyz qui a donné son nom à la Confédération) ont signé le premier pacte auquel les autres cantons ont progressivement adhéré.








Nous sortons à Flielen, petite ville située au bord du lac des quatre cantons. Nous avons une heure et demie devant nous. Nous admirons le paysage, faisons des photos, des selfies que nous envoyons à Monsieur Alphonse pour qu'il puisse profiter de notre joie, grignotons des biscuits, regardons le bateau arriver. Il fait un soleil radieux, cette attente est bien agréable.









Nous en sommes au sixième changement de moyen de transport. Les bateaux des lacs sont à la Suisse ce que le vaporetto est à Venise : il s'agit du moyen de déplacement des citoyens. En femme très scrupuleuse, je vérifie qu'il y a bien des gilets de sauvetage à bord, et je ne me contente pas de voir une étiquette apposée sur les bancs extérieurs, je soulève les couvercles pour constater qu'ils sont bien rangés.



Boîte à jeux pour occuper les enfants. En général, les voyageurs en profitent pour boire un café et jouer aux cartes.


Le deuxième pont est réservé aux premières classes. Nous nous contentons donc du premier pont. Nous ne tenons pas en place, à chaque moment nous nous extasions et sortons à l'extérieur pour prendre des photos, puis rentrons nous réchauffer. Le trajet Flielen - Luzern dure 2 h 45. Ce n'est qu'au bout de plus de deux heures que nous cherchons une autre occupation. Il faut dire que deux bus de touristes sont venus envahir notre quiétude, et que par ailleurs le paysage tellement pittoresque au départ est moins captivant du côté de Luzern. Pour qui découvre cet aspect de la Suisse, il vaut mieux faire le voyage en sens inverse.




















Luzern : je refuse de prendre le bus pour aller de l'embarcadère à la gare : l'arrêt des bus se situe devant la gare, et comme nous disposons de 10 mn pour prendre notre train, nous n'avons pas le temps de jouer à prendre le bus. Ambroise est déçu, mais je tiens bon !

Le train s'ébranle en direction de Brienz à travers les montagnes. Nous quittons l'automne pour retrouver l'hiver. Les lacs, les prairies, font place aux forêts enneigées. Comme la nuit commence à tomber, nos photos deviennent de plus en plus mauvaises à cause du reflet des vitres. Tant pis, nous rangeons nos appareils et admirons sans fin.











A Brienz, nous distinguons encore le bord du lac, mais arrivés à Interlaken, il fait nuit noire. Il nous reste encore à changer de train à Bern pour arriver à Fribourg à 19 heures 25. Le bus est à l'heure, nous passons la porte à 19 h 40. Ca sent bon : Monsieur Alphonse a préparé une tourte pour fêter notre retour !

C'était un merveilleux cadeau d'anniversaire ! Ambroise et moi sommes prêts à remettre sur nos listes d'idées de cadeaux, celle de la carte journalière ! Mais la prochaine fois, c'est certain, nous prendrons un téléphérique et un funiculaire !