Des nœuds dans mon fil

dimanche 13 avril 2014

Les lettres de camp

Dans l'histoire familiale, dans une famille normalement constituée, on commence par se marier, on espère accueillir des enfants, ils naissent les uns après les autres, on est heureux et on se demande en même temps comment faire pour s'en débarrasser le temps d'une ou deux semaines, sous prétexte de mieux les apprécier au retour.

Enfin, après des heures passées à courir après les chaussettes pour leur imprimer un nom, calculer le nombre de slips et racheter le complément, faire les sacs de camp, acheter les billets de train, les emmener à la gare, et en attendant les lessives du retour, on s'assied en respirant d'aise et en faisant un programme incroyable pour ne perdre aucune seconde de ces jours de liberté.

Seulement voilà, sonne très vite l'heure d'écrire à ces chers petits. Parce que si, en bonne mère indigne, on est capables de les évacuer de notre cerveau, eux ne nous oublient pas, et regardent comme des petits chiots affamés, la distribution des lettres en espérant faire partie des heureux élus.

Je fais partie, non pas des bonnes mères indignes, mais des excellentes mères indignes, et j'emporte dans mon sac à main les premières lettres adressées à mes chers petits. Je les glisse dans la boîte aux lettres dès que le train a quitté le quai. Voilà pour la première lettre, en général assez courte, puisque je n'ai rien à raconter que mes dernières journées de stress.

Arrive le moment de la deuxième lettre, celle qu'il faut envoyer très rapidement. La première année, je m'escrimais à écrire le plus joliment possible, mais "chassez le naturel, il revient au galop", les enfants me demandaient ardemment d'y mettre plus d'application encore. J'ai alors eu une deuxième idée de génie (la première ayant été de les envoyer en camp) : écrire mes lettres sur mon ordinateur, puis les imprimer, puis les poster ! 

Quelle libération ! Auparavant, j'écrivais (avec application) six fois le même texte, ou quasiment. Mon sentiment de liberté fuyait au galop. A partir de là, tout le monde a reçu la même mouture, avec un petit mot individuel avant la signature ! Et puis, pour aller plus vite, et retourner à mon programme incroyable et ne perdre aucune seconde de ces jours de liberté, j'ai opté pour la technique du biffage. En pratique, j'ai imprimé 6 fois le même texte, et rayé les mentions inutiles. Ainsi :

Chère Amélie,
Cher Albert,
Chère Antoinette,
Cher Anatole,
Cher Ambroise,
Cher Augustin,

Vive la liberté !

Nota Bene : Au retour, les enfants riaient bien de ma technique, d'autant plus que les animateurs étaient scandalisés de ces procédés, trop dignes d'une mère indigne. On peut se débarrasser de ses enfants, mais il convient de le faire avec élégance ! Heureusement, tout le monde n'a pas le même humour !


26 commentaires:

  1. Bonjour Alphonsine,
    Je reconnais mon ancienne technique avant d'avoir un ordinateur et (quatre) filles connectées. J'écrivais à la main et j'allais photocopier la lettre en quatre exemplaires. Comme je culpabilisais de m'être libérée des enfants, j'inventais des mini-catastrophes genre le lave-vaisselle en panne, plus de téléphone après un orage, visite d'une parente avec des enfants turbulents,... afin que les enfants se réjouissent de leur absence.
    Marie-L.

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    1. Tiens, je n'ai jamais eu l'idée de leur raconter des histoires. Il faut dire que ma vie est tellement trépidante que je n'ai pas besoin de beaucoup inventer. Ce qui est le plus trépidant, c'est l'absence de désordre lorsqu'ils sont absents !!!

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  2. Quand je pense que je m'em***de à écrire quasi chaque semaine une lettre différente à chacun de mes zados pensionnaire...
    Ceci dit, en zado bien ch** je ne suis pas sûre qu'il apprécieraient... parce que je me suis aperçue qu'il gardent jalousement leur mouture comme étant la sienne propre, même quand j'écris des banalités affligeantes...
    M'enfin : partent le lundi et reviennent le vendredi;)

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    1. Tu ecris à tes ados pensionnaires ! LA vache, je suis béate d'admiration. C'est un truc qui ne m'a jamais traversé l'esprit . Zut, je devrais peut-être étudier la question, si ça se trouve mon ado attend chaque semaine une lettre qui ne vient pas.

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  3. Chez moi, ils commencent tout juste à prendre l'air sans moi. Je connaissais le truc de la lettre du jour du départ mais là c'est du grand art Alphonsine ! J'imagine assez bien le regard outré des animateurs...Quoi qu'on fasse, il y en a toujours un pour nous culpabiliser !

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  4. Quelle technique poussée ! L'essentiel est de faire plaisir, et tu sembles y arriver à la perfection.

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  5. Magnifique combine !
    Un de mes plus chers souvenirs de quand j'étais en colonie reste le chewing gum à la fraise ou au citron que ma mère glissait dans l'enveloppe et qui faisait l'envie de toutes mes copines....
    Sinon, un de mes petits cousins de 6/7 ans biffait le "cher Olivier" des courriers de ses parents pour remplacer par "cher papa, chère maman" et renvoyait les lettres !

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  6. Ah je pensais que tu allais parler des lettres qu'ils nous envoient : ça aussi, ça vaut un article !

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  7. Ah, les fameuses lettres pour les enfants en colos et autres classes transplantées, mais aussi chez les grands-parents... En général, je glisse la 1ère lettre dans la valise, entre les vêtements, je poste la 2nde aussitôt leur départ et puis, tous les 3 jours... avec toujours aussi peu de choses à raconter ! Alors j'ai redécouvert les cartes postales: entre le "cher xxx", les gros bisous et la signature, il reste peu de place pour discourir !
    Et maintenant, quand ils sont chez leurs grands parents, je fais une seule carte pour les 3, voire pour les 5 si leurs cousines sont dans les parages également... Finalement, ce qui leur fait plaisir, c'est de recevoir un courrier, pas le contenu de ce courrier...

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  8. Mais l'important, c'est d'écrire ! Et c'est bien mieux qu'un mail, je trouve. Bravo.
    Bonne semaine.

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  9. Alors là, je dirais : peu importe le contenu, pourvu qu'il y ait un contenant !

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  10. Cela m’apparaît maintenant comme évident que c’est grâce à ton esprit pragmatique et formidablement bien organisé que tu peux réaliser autant de choses tambour battant ! Tes astuces sont futées et en plus, elles font rire !

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    1. Tiens, la semaine dernière, on m'a dit aussi, sur un ton de reproche que j'avais un esprit pragmatique. Je vais écrire un billet à ce sujet, j'ai bien ri !

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  11. Parfait ! finalement l'essentiel est de tout faire pour que nos enfants développent un sens certain de l'humour et le tour est joué, pour la vie !

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  12. L'important c'est d'avoir une lettre ! (souvent avec un joli timbre !), et d'imaginer ce qu'elle peut contenir....
    Sinon très astucieux ! Merci Ö Grand ordinateur !!!!!
    Tulipe Bleue

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  13. Technique pour gruger les animateurs prompts à critiquer : le publipostage !
    Les miens sont toujours partis ensemble pour le moment : la carte est donc collective, et d'ailleurs maintenant que j'y pense, eux ne m'en envoient jamais - enfants indignes qu'ils sont ! ^^

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  14. C'est parfait Alphonsine comme procédé, c'est drôle et c'est honnête...et franchement tu peux carrément te le permettre dans la mesure où tu en as 6 (d'enfants). Et si les encadrants n'ont pas d'humour, ils devraient être à bonne école avec tes petits....

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  15. C'est génial! Je garde ça en mémoire pour le jour où!

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    1. Merci pour le passage !
      Et oui, les enfants apprécient, et s'arrangent même pour le faire voir aux autres tellement ils sont fiers !

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  16. Ah ... JE suis donc la seule à ne jamais écrire à mes enfants qui partent??? Seule celle qui fête son anniversaire pendant le camp scout reçoit sa carte.
    Je n'ai même jamais pensé que je pourrai leur écrire, et ce malgré les entreprise de culpabilité des chefs qui demandent qu'on leur remette en main propres avant le départ, la lettre à donner au chouchou au premier coup de cafard ...
    MAIs soudain en vous lisant toutes, je me sens drôlement indigne tout de même.
    Allez, je file mettre ma tête dans le sable .

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    1. Je peux vous rejoindre dans le sable ? Il me semble que je n'étais pas très "courrier" non plus ... Peut-être quand ils étaient vraiment petits ? Et à un rythme très, très soft ?

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  17. mais tu es parfaitement délicieuse
    et les petits" A " ne serons jamais jaloux des lettre envoyées à leurs frères et soeurs , puisqu'elles contiennent pareille chacune
    pas de favoritisme , et ça en plus c'est géniaaal!

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  18. C'est juste parfait comme idée !

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  19. j'ai aussi découvert les "joies" des camps, mais j'écris encore à la main, pour chacun. Seulement, pas plus de 2 lettres, le temps passe si vite en camp (et trop vite à la maison, je n'ai pas le temps de tout faire!).... Le mieux, c'est quand même celles que l'on reçoit, tu pourrais aussi écrire un article à ce sujet !

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  20. C'est horriblement choquant ce mode d'écriture de lettres ! Je comprends les animateurs... Et pourquoi pas aposer la même signature pendant qu'on y est ?!

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