Affichage des articles dont le libellé est Agenda ironique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Agenda ironique. Afficher tous les articles

mardi 6 février 2018

Une morale en cache une autre (Agenda ironique de février)

Tout avait commencé le dimanche de la quadragésime. Ce jour-là, après le pousse café, Eloi avait annoncé d’un ton qui n’admettait pas de réplique : « Je vais à la foire dépenser mon tringueld ». Sans attendre de réponse, il s’élança vers la porte, l’ouvrit violemment et la claqua derrière lui.

Il marchait avec énergie, d’un pas de conquérant. Sans ralentir il se remémora sa sortie tonitruante et se demanda pour qu’elle raison il avait agi de la sorte. Rien ni personne ne l’aurait empêché de partir, c’était un peu absurde, mais il se mit à rire. Il aimait ces gestes grandioses, ces attitudes incompréhensibles, ces mouvements qui le mettaient en valeur. Au fond, tout cela n’avait aucune importance, et ceux qui étaient restés avaient certainement déjà oublié cet élan qu’il qualifiait de majestueux !

Il chassa cet événement mineur de sa vie d’un geste de la tête et se concentra sur la fête foraine. Voilà qui méritait ses pensées. Tout en imaginant les stands qu’il allait visiter, il tâtait compulsivement sa poche pour vérifier la présence de sa bourse bien remplie. Ce qu’il allait pouvoir s’amuser, jamais encore il n’avait eu autant d’argent à sa disposition.

Tout en faisant le programme des attractions qui allaient avoir sa visite, il arriva sur la place du village. Cinq heures sonnaient au clocher de l’église. « Tiens, déjà », se dit Eloi. Il commença à arpenter les rangées. Le tir au fusil le tentait, mais, bon tireur, il ne souhaitait être gagnant si vite, il aurait été encombré par l’éléphant en peluche de la taille d’un veau ! Le comptoir des tartes ne l’attirait pas, il avait encore son dessert sur l’estomac. Il regarda longuement les badauds sortir du labyrinthe de miroirs. Un jeune couple était hilare d’avoir égaré son chaperon, Eloi les entendit se donner rendez-vous à l’orée des bois. Il se faufila entre des enfants dévorant des gaufres, puis contempla les manèges en bois. Comme il avait envie de monter sur ce tourbillon. Les hommes perdaient leur chapeau, les cheveux des femmes se défaisaient et volaient au vent. C’était amusant de les contempler.

Six heures sonnaient au clocher de l’église. « Tiens, déjà », se dit Eloi. Il reprit sa marche entre les stands, eut envie de tout essayer, pourtant il se retenait. « Si j’attends encore un peu, les manèges tourneront plus longtemps parce qu’il y aura moins de monde, je pourrai avoir les tartes invendues à moindre prix, je m’essayerai au tir juste avant la fermeture ». Tout en philosophant, Eloi admirait les bouquets de fleurs, saluait une connaissance, souriait de la joie des curieux, observait les flâneurs.

Sept heures sonnaient au clocher de l’église. « Allons-y », se dit Eloi. Il tendit un billet à la caissière pimpante du manège tourbillon, mais elle lui indiqua une pancarte de son doigt : « dernier tour ». Il se dirigea alors vers le labyrinthe de miroirs, mais la lumière s’éteignit devant lui. Il voulut entrer dans la maison de l’horreur, mais le vendeur quittait les lieux sa caisse sous le bras. Le stand de tartes était vide, le préposé au tir rangeait ses fusils, les badauds rentraient chez eux heureux de leur journée. Eloi quant à lui se tenait immobile, comme deux ronds de flan, bousculé de droite et de gauche par des hommes un peu ivres, de bière ou de manège, on ne savait trop.

Eloi, pensif, se rendit compte que son avarice l’avait privé de toute joie. Il jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. L’année prochaine, il ne jouera pas au radin, il dépensera tout son argent en folies de façon à en profiter un maximum.

Cette fable aurait pu s’arrêter là, la morale aurait eu de quoi occuper Eloi pour les 365 jours qui le séparaient de la prochaine fête foraine. Mais il se décida à rentrer chez lui. Il enfonça son chapeau sur sa tête, ses poings dans ses poches, et prit le chemin du retour, avec bien moins d’enthousiasme qu’à l’aller. Il avait déjà parcouru la moitié de sa route, la nuit était tombée, quand il se trouva nez à nez avec un homme d’une truculence caractéristique. Un rayon de lune échappé d’un nuage lui permit d’examiner sa physionomie : Sa face faisait briller ses yeux d’oiseaux de proie, sa petite bouche cruelle émettait des rictus sinistres, son vêtement lacéré aurait fait pitié si le comportement brutal de cet homme n’avait pas révélé sa sauvagerie et sa violence. Avec rudesse, il s’agrippa à la veste d’Eloi, et, avec un souffle pestilentiel, il siffla « ta bourse, vite ! ». Eloi tenta de s’échapper de sa poigne, mais en vain. Il expliqua qu’il revenait de la fête foraine où il avait dépensé tout son argent. L’homme approcha son nez de la bouche d’Eloi : « Comment, tu dis avoir tout dépensé, mais tu ne sens pas l’alcool, tu ne sembles pas t’être amusé, tu mens ». Sa main se fit plus sévère, il secoua Eloi et l’enjoignit une dernière fois de lui donner sa bourse. Au lieu d’attendre la réponse, de sa main libre, il tâta les poches d’Eloi, et dans un cri de victoire, attrapa la bourse et s’enfuit sans demander son reste.

Eloi, qui était un peu philosophe, comprit mais un peu tard que s’il ne savait pas s’employer à dépenser son argent, un autre le fera à sa place.



Texte écrit pour l'agenda ironique hébergé chez "Le dessous des mots". Il fallait écrire une fable, avec une morale et 4 mots imposés : gagnant, truculence, tringueld, quadragésime.

Note : Merci à Max, grâce à lui j'ai appris que "truculence" avait deux sens, j'ai opté pour le sens vieilli tellement joli !



dimanche 18 juin 2017

Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos (agenda ironique de juin)

Une société fondée sur le travail ne rêve que de repos.

C’est le commencement. Chaque fois c’est pareil.
Il vient, apparaît avec vélocité,
Puis reste là, céans, ne veut plus nous quitter.
On dirait qu’il nous aime et que tout l’émerveille.

Il attend quelques mois, les gens savent qu’il veille.
Puis à son habitude il revient nous hanter.
Mais quand enfin il part, c’est sa spécialité,
Il disparaît et fond comme neige au soleil

Le repos revenu est une ode à la joie,
Tous ce que l’on était revient comme autrefois.
Nous profitons enfin, c’est une délivrance.

C’est un plaisir certain d’avoir du temps pour soi.
Plus besoin d’y penser et à la prochaine fois !
Le temps des examens ? Fini c’est les vacances !


******

Pour l'agenda ironique de juin, par Anatole qui participe pour la première fois avec un sonnet en alexandrins !

jeudi 15 juin 2017

Telle une gare (agenda ironique de juin)


"Je suis une maison, spacieuse et éclairée. Je vois tout, j'entends tout, essentiellement les secrets des habitants. J'ai entendu parler récemment de l'agenda ironique et de son sujet du mois de juin, l'objectivité des objets. Je m'estime tout à fait apte à pouvoir écrire un article à ce sujet. Pourtant, la contrainte qui consiste à émailler le texte d'alexandrins aux rimes croisées, plates ou embrassées m'embarrasse un tout petit peu. Une maison n'est pas Victor Hugo. Ne vous méprenez pas, je connais bien Victor Hugo, auteur préféré d'un grand nombre de mes occupants. Pour vous montrer ma sincérité, je vous joints en annexe un poème de ce grand homme. Je l'ai recopié, il était affiché dans ma cage d'escalier.

Image
Mes larges fondations posées au milieu des arbres, 
A côté d’un château et me voilà parée
De volets rouges ouverts sur ma façade de marbre,
Je ressemble à une gare, il ne faut vous leurrer.

Les enfants viennent sous le préau pour y jouer,
Les parents s'y installent pour voir le temps passer.
Les amis s'y rassemblent en foule toujours présente,
J'accueille largement cette affluence bacchante.

Je ressemble à s’y méprendre à une gare, avec mon architecture de station ferroviaire. Je ne ferme jamais les yeux, mes volets rouges restent toujours ouverts, j’espère ainsi être plus accueillante. 
J’ai tout d’une gare, l’apparence extérieure, mais également mon intérieur qui accueille des gens de passage. Ils vont et viennent, y dorment une nuit ou soixante, parfois même un peu plus, mais guère plus. Mon intérieur n’est pas reluisant, il n’est pas attractif non plus, mais tout le monde m’aime, de la cave au grenier.
La cave d’abord, humide et froide, été comme hiver, est un paradis pour les enfants. Ils descendent en tremblant, et remontent en courant. S’ils y jouent, ce n’est jamais pour très longtemps.
Le rez-de-chaussée est l’étage que j’aime le moins. Il est celui des gens sérieux. Les réunions des adultes sont mortellement ennuyeuses. Heureusement, il arrive qu’une maman ouvre toutes les portes de communication, ce qui permet à ses enfants de jouer au loup ou de faire un parcours en planche à roulette quand ce n'est pas une partie de foot. Enfin, je vis, je respire, je me délecte. Mes poumons se remplissent de vitalité et d’entrain.
Le premier étage est mon préféré, avec ses dix pièces (neuf chambres et une immense salle de réunion), et ses deux paliers époustouflants. J’accepte que l’on y installe tous les trains, circuits de voitures, jeux de billes, parcours du combattant. Quelle joie d’entendre les cris et les rires des enfants, c’est pétillant, c’est frais, c’est gai.
Mes douches qui communiquent par le haut font le bonheur de ceux qui aiment poursuivre leur conversation tout en se lavant. J’entends chanter à deux voix, c’est toujours un peu faux, mais tellement attendrissant. Et mes douze lavabos font hurler les mères de famille, ce qui m’amuse toujours autant.
Un grenier interdit… Et comme tout grenier interdit, j’y accueille les enfants désobéissants. J’aime les voir ouvrir discrètement la porte en prenant soin de ne pas la faire grincer, puis la refermer tout aussi doucement derrière eux. Ils montent l’escalier en colimaçon en levant la tête. Je vois alors un peu d’anxiété dans leurs yeux, je sais qu’ils jouent à se faire peur. En arrivant, ils soupirent, soulagés, il ne s’est rien passé. La dernière fois, c’était une petite fille en robe qui dansait et tournoyait en chantant. Une autre fois, un garçon déjà grand qui avait fixé sa corde à une de mes poutres et que se balançait en hurlant. Le malheureux, j’aurais tant voulu lui dire de ne pas crier, mais sa maman bien perspicace l’avait repéré avant que je ne puisse intervenir.
Je ne suis pas belle, non, mais attachante, et je marque les hommes, les femmes et les enfants qui passent chez moi. Je suis bien telle une gare : on passe chez moi sans y penser, mais on se souvient toute sa vie de ce moment de grâce.

Clair de lune

Victor Hugo

La lune était sereine et jouait sur les flots. —
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.
De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? —
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… —
La lune était sereine et jouait sur les flots.
2 septembre 1828
Victor Hugo, Les Orientales, 1829

mercredi 31 mai 2017

Agenda ironique de juin

Clémentine des "Narines de crayons" héberge l'agenda ironique de juin et vient de publier le thème. Accrochez vos ceintures, serrez vos lacets, brandissez votre crayon, et planchez sur le sujet : un objet va devoir raconter l'humain. Et puis, il faudra des alexandrins, par-ci, par-là, avec des rimes croisées ou plates ou molles. Le plus facile est d'aller voir ICI le projet éblouissant de Clémentine.


dimanche 28 mai 2017

Résultats de l'agenda ironique de mai

L'applaudimètre a rendu son verdict, sonnez trompettes, résonnez tambourins, Marianne Slavan et moi avons l'immense honneur de vous faire part, à grand renfort de micro, des quatre vainqueurs ex-aequo qui se sont dégagés des votes, précédés de peu par l'oratorio d'Alphonsine.

Bravi donc à :

- "Anaphrases musiquées ou musiques anaphrasées" de Valentyne de "La jument verte".

- "Quelques notes d'antan" de La Licorne de Filigrane.

- "Lucie m'dit, chanson peut-être possible alors ?" de Anne de "Anne Louvain la Neuve".

-  "Serait-ce possible alors ?" de Dodo du "Carnet paresseux".

-  "Oratorio capillorum sectorum" d'Alphonsine "des noeuds dans mon fil".



L'agenda ironique qui nous a fait la joie de s'installer en fredonnant chez nous durant tout un mois, va à présent fermer ses pages, prendre son élan et parcourir une distance virtuelle, digne de la téléportation, qui lui permettra d'atterrir sur le bureau de "Narines de crayons" où il prendra ses aises durant le mois de juin !


dimanche 21 mai 2017

L'agenda ironique musical de mai, applaudimètre ouvert

Le mois de mai va bientôt s'achever, et avec lui notre magnifique concert. Marianne et moi avons réuni 16 textes sur le thème de la musique.

Notre concert se termine ici. S'il a été particulièrement réussi, c'est que vous, le public, avez su lui faire bon accueil. Comme pour tout spectacle de qualité, on applaudit, on bisse, on bise, on envoie des fleurs et des chocolats, puis on scande de ses mains les meilleurs musiciens.

Il vous reste donc à voter pour les trois textes qui ont été les plus, les mieux, les moins, les... enfin, ceux pour qui vous avez envie de voter. Voici la liste :



2. "Rengaine Audonienne" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". 


4. "Quelques notes d'antan" de La Licorne de Filigrane.


8. "Dernière ligne droite" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". Et puis, pour la traduction "Cliquer ICI".



Après avoir fait ce choix douloureux, parce que dans tout choix il y a un renoncement, nous pourrons, en date du dimanche 28 mai, proclamer le vainqueur de l'agenda ironique musical de Mai. Nous l'applaudirons une dernière fois avant qu'il ne disparaisse dans les coulisses.







Une deuxième vote va désigner le prochain chef d'orchestre, celui du mois de juin. Nous avons perdu "Narines de crayons" et "Frog" début mai. Quatre dirigeants pour une seule partition était bien compliqué à gérer. Si elles veulent, l'une ou l'autre, l'une et l'autre, l'une sans l'autre reprendre la baguette de sourcier pour le mois de juin, nous serions assurés de pouvoir nous abreuver avant de nous lancer vers le nouveau défi.

En tout état de cause, nous restons dans une démocratie, donc nous votons. Ensuite Marianne et moi déciderons de ce que nous ferons, puisque nous sommes encore et toujours cheffes jusqu'à ce que mois s'en suive !







lundi 15 mai 2017

Agenda ironique, le 20 mai approche

Chers concurrents réels ou potentiels, 
Chers amis qui voudraient concourir mais qui n'osent pas franchir le pas,
Chers lecteurs qui ignorent pouvoir devenir un concurrent de valeur,

Il vous reste très exactement une semaine ou même seulement 6 jours pour participer à l'agenda ironique de mai, cet agenda ironique musical qui vous entraînera dans une danse endiablée grâce à la musique qui émane des textes proposés. 

Pour les nouveaux, les règles sont simples. Pour les anciens, les règles sont les mêmes. Il s'agit d'écrire un texte quelconque en faisant semblant de suivre les consignes données ICI. Puis de le publier sur votre blog et d'insérer le lien LA ou LA. Au choix. Ou encore au bas de cet article. 

L'enjeu est énorme, puisque vous risquez d'avoir des exclamations de louange dans votre commentaire. Ensuite, votre texte sera proposé dans un tableau de vote. Tout un chacun pourra voter pour le texte qui lui aura apporté le plus de bonheur ou de sentiments partagés, ou encore selon un critère qu'il sera seul à définir. Un deuxième tableau de vote permettra de choisir le prochain gentil organisateur de l'agenda ironique de Juin, mais le vote ne servira à rien puisque ce sera "Narines de crayons" qui sera de service. Mais c'est la loi de la démocratie : "Votez, nous n'en ferons qu'à notre tête". 

Donc, rien de bouleversant, rien d'effrayant non plus. Ecrivez, affirmez que vous avez pu vous laisser porter par les sons émis par Carla Bruni dans "Quelqu'un m'a dit" et participez.

Vous avez jusqu'à samedi minuit pour devenir des bloggeurs courageux. Et pour les lecteurs qui souhaitent rester anonymes ou qui n'ont pas de blog, il est toujours possible de me transmettre votre texte que je publierai sous votre anonymat.

A vos claviers !


jeudi 11 mai 2017

Oratorio capillorum sectorum* (pour l'agenda ironique de mai)



Ce magnifique oratorio a été composé pour trois femmes, Béatrix (soprano coloratur), Adriana (mezzo), les clientes et Fabiola (alto), la coiffeuse.

1. Allegro

Béatrix entre chez le coiffeur. Elle demande une jolie coupe de cheveux afin qu’elle soit prête pour un rendez-vous galant. Fabiola la félicite et entonne un aria « Il était une fois nous deux ». Béatrix se joint à elle, c’est un duo très gai, plein de grâce, de légèreté et de vivacité.

2. Andantino

Adriana, cliente qui attend son tour, murmure en sourdine « Il était une fois nous deux », elle dit son regret parce que personne ne l’attend. Dans un immense lamentato qui se déploie en un crescendo très lent, elle dit sa souffrance parce que son mari est mort en voulant rendre service, qu’à présent elle est seule, qu’elle ne compte plus pour personne et qu’elle a dû dire adieu aux belles promenades qu’ils faisaient ensemble dans « Le jardin du Luxembourg ».

Fabiola intervient dans ce triste chant pour raconter que son mari s’est pris la vie la veille de Noël, que depuis rien n’est comme avant et qu’elle vit mal sa nouvelle condition de veuve. Elle chante d’une voix presque rauque dans un doux crescendo. La mezzo vient la soutenir de toute sa souffrance, elle laisse passer une émotion indescriptible. La voix de soprano flotte ensuite sur les autres. D’une voix pure et souvent dissonante, elle fait ressortir la tristesse éperdue de la situation. Dans ce trio larmoyant, les trois femmes pleurent les souffrances des deux veuves.

3. Allegro

Ce mouvement débute doucement par la voix de soprano : Béatrix propose de donner son numéro de téléphone à Adriana et à Fabiola en leur enjoignant de l’appeler, le jour ou la nuit, au moment où leur chagrin se sera fait trop présent. Elle les assure qu’elle sera toujours disponible pour les écouter. « Ca va pas changer le monde », mais ça va vous faire du bien.

Fabiola remercie et propose à son tour à Adriana de l’accompagner dans ses promenades et d’aller « siffler sur la colline ». Adriana ne se sent plus de joie et se joint à l’action de grâce qui s’élève. Cette fantaisie se chante avec fougue et brio. Les trois voix sont brillantes et se terminent en une finale, une apothéose où triomphe l’amitié.


*Oratorio des cheveux coupés.


Texte écrit pour l'agenda ironique de mai. Il convenait d'écrire un texte musical avec, en toile de fond, "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni. Cette chansonnette étant typique de celles qui passent dans les salons de coiffure, c'est tout naturellement dans un tel lieu que j'ai composé mon texte !
Merci à Joe Dassin pour ses titres de chansons.

L'agenda ironique musical partagé du mois de mai

La musique fuse en ce printemps qui lutte à bras raccourcis pour prendre la place de l'hiver. Voilà déjà les premières contributions musicales qui apparaissent au gré des commentaires, soit chez Marianne, soit chez moi. C'est toute l'ironie de l'agenda partagé !


2. "Rengaine Audonienne" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". 

4. "Quelques notes d'antan" de La Licorne de Filigrane.


8. "Dernière ligne droite" de Marianne Slavan des "Heures dilettantes". Et puis, pour la traduction "Cliquer ICI".




lundi 1 mai 2017

L'agenda ironique partagé de mai

L'agenda ironique arrive en fanfare chez les "Heures dilettantes" et chez moi pour dignement célébrer ce joli mois de mai qui nous autorise à faire ce qu'il nous plait. Nous espérons que vous n'allez pas vous en priver !

Sonnez trompettes, sifflez flûtes, martelez tambourins, fredonnez des mélodies petits serins ! De toutes parts, nous entendons les concerts qui se préparent, la musique qui fuse, le festival des oiseaux, le récital des sauterelles, le chant du vent traversant de verdoyantes branchées.

Nous vous proposons de poursuivre en musique, écrire sur la musique, écrire en musique, écrire avec de la musique, écrire de la musique. Ce mois de mai, il vous sera demandé d'écrire un concerto composé de vos mots. Pianotez sur votre clavier, ne fuguez pas, laissez libre cours à votre virtuosité, laissez courir librement votre ritournelle.

Tout est permis, sons cristallins ou écho grave et effrayé. Un seul impératif, vous laisser inspirer par "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni. Oui, vous avez bien lu, nous avons osé, sûres que par votre brio, votre talent, votre bravoure, vous survivrez et surpasserez de vos accords cette chanson ! Et puis, vous insérerez, par-ci, par-là, sans trop triller, cinq titres de chansons ou de musique qui rythmeront votre partition. 

Vous avez jusqu'au 20 mai minuit pour déposer vos partitions, en commentaire ICI. Nous listerons les musiciens de notre orchestre de mai, et vous pourrez voter à partir du 21 mai. Le 28 mai, nous proclamerons les résultats de nos voix de diva (soprano pour "Heures dilettantes", alto pour moi), et nous mettrons un terme à notre duo en désignant le chef d'orchestre du mois de juin. Il aura ainsi 3 jours pour réfléchir à la façon dont il nous mènera à la baguette !



vendredi 7 avril 2017

Mon papa (agenda ironique d'avril)

Je vais vous conter mon histoire dans les plus brefs détails. Je la tiens de mon ancêtre en lignitude directe, qui lui-même l'a apprise par le vent. C'est ainsi dans notre famille, la nature a une influencitude sur nous.

Je suis né sur un bateau. Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté lorsque j'étais petit : "Ta maman, c'est la mer, ton papa, c'est le bateau. Nous, les hommes d'équipage, sommes tes oncles. Et si tu ne veux pas d'ennuis, ne te montre pas aux hommes de la passerelle". Ma petitude faisait confiance aux racontitudes, et puis c'est tellement plus joli ainsi.

Mon papa c'estun cargo. Il est grand, puissant et fort. Sa ligne d'eau est peinte en rouge, le reste de la coque resplendit dans sa teinte bleu ciel. Mon papa est grand, c'est un géant avec ses 398 mètres de long et 54 mètres de large. D'ailleurs pour mon anniversaire il m'a offert une trottinette pour que je puisse faire des courses de la proue à la poupe. Il est amusant mon papa, parce que faire la course tout seul ne présentait que peu d'intérêt. Je suis toujours le gagnant - ou le perdant selon la façon de considérer la chositude. Alors il m'a offert un chronomètre pour que je puisse battre mon propre record. Ca, c'est chouette.

Mon papa est grand, puissant et fort, il me protège de maman. Maman elle, est très primesautière. Elle se laisse emporter par le vent et n'hésite pas à changer de sens là où va le courant. On la croit calme, paisible, belle, couleur bleu sombre les jours de grand soleil, virant au vert vers le soir, et à l'or à l'aurore. Mais il ne faut pas s'y fier, au moment où on s'y attend le moins, elle gonfle, enfle, hurle et domine. Elle mène papa en bateau, le malmène, le ballote et l'emporte. Papa se recroqueville alors, il ferme ses écoutilles, sort les seaux pour les hommes qui ont la sottitude de ne pas avoir le cœur solide et de persister à vouloir voguer sur les flots, et attend, secoué en tous sens que maman se calme. Il gagne toujours, il est fort mon papa. Il a bien compris qu'il valait mieux faire semblant d'accepter les lubies de maman, ses cris et ses emportements, la laisser accroire qu'elle pouvait le mener par le bout de la proue. En réalité, c'est lui qui garde le cap et qui nous emporte, envers et contre tout vers notre destination. 




Pour l'agenda ironique d'avril, selon la formule imposée par "Ecri'turbulente" : écrire un texte à la première personne, choisir une embarcation, raconter une traversée, et ponctuer le texte de termes hurluberlus avec un suffixe en "-itude".
Pour voir les textes au fur et à mesure de leurs parutions, cliquer ICI.


dimanche 2 avril 2017

Agenda ironique d'avril

Le quatrième mois de l'année apporte son lot de voyages. C'est à Martine qu'il échoit d'héberger l'Agenda ironique du mois d'avril. Elle nous mène en bateau avec son thème maritime, fluvial, ou lacustre et ses mots en "itude", lisez plutôt :


Me voici désignée « Captain Events », en ce quatrième mois de l’an de Grâce 2017.
Je vous propose donc de partir en croisière.
Voilier ? Bateau de pêche ? Cargo ? Paquebot ? Péniche ? Pirogue ? Canot pneumatique ? Brise-glaces ? Chalutier ?
Vous choisirez l’embarcation, vous l’imaginerez, vous la décorerez, la baptiserez… Vous daterez la traversée… Quand vous vous déciderez à lever l’encre (oui, quand même), vous déterminerez l’itinéraire et les escales : L’île des Lettres ? L’île des Mots, des maux, des morts ? L’île des Étrangers ? Les îles Glamour ? L’île d’Éros ? Ou bien ?
Une fois l’équipage constitué, vous embarquerez les passagers et vogue la galère !
Une narration à la première personne (lettres, journaux intimes, carnet de bord ou de voyage, etc).
Vous avez devant vous 22 jours de navigation 
(c'est-à-dire jusqu'au 23 avril),
1 000 mots maximum 
pour conter cette expédition nautique, 
que vous ponctuerez de 10 termes hurluberlus, 
avec un suffixe en "–itude".
Bon vent et que l’ironitude soit des nôtres !
Merci de déposer vos liens ici (clic), et seulement ici (clic).

jeudi 16 mars 2017

Elle


La toute première fois que je la vis, je passai devant elle, sans même lui accorder une quelconque attention. Pourtant son regard avait croisé le mien. Je fus comme électrifié jusqu’au tréfonds de moi-même. Son regard n’était pas comme les autres regards. Il avait un je ne sais quoi de terrifiant, de repoussant, de révulsant. De la journée, je ne cessai de penser à elle. Toutes mes pensées étaient tournées vers elle. J’essayai de recomposer son image dans mon cerveau, mais plus je recherchais les détails, plus sa figure devenait floue et irréelle. Le soir venu je n’aurais même plus su la décrire. Etait-elle blonde, était-elle rousse, était-elle grande, petite ? Tout ce que je retenais était l’intensité de son regard. Il m’avait marqué au fer rouge, et cette impression de terreur restait en moi, à tel point que je n’en dormis pas de la nuit.

Au petit matin, j’étais encore terrifié, je vivais avec cette peur lugubre au fond de moi-même. J’en tombai malade. Je fus plusieurs jours entre la vie et la mort. Je ne voulais plus y penser, et je ne rêvais que d’elle. Quel tourment. Je me remis petit à petit, je pus doucement reprendre une vie normale, mais elle ne fut plus jamais comme avant. Mon esprit n’était plus avec moi. Lorsqu’on m’adressait la parole, je n’entendais pas. Malgré tous mes efforts pour être présent, je m’absentais continuellement en pensant à elle et au rayonnement que dégageaient ses yeux.

Je changeai alors de technique : je décidai de plonger à corps perdu dans la vie. Quel rythme infernal je m’imposais là : du sport, des horaires qui m’obligeaient à courir d’une activité à l’autre, un réveil matinal, un travail acharné, des soirées à festoyer. J’étais vidé, inapte à m’amuser avec la terreur qui me minait. Au bout de deux mois je m’écroulai de fatigue, mais l’impression que m’avait laissée son visage, et surtout le regard entrevu ne me quittaient pas. C’était d’ailleurs fort étrange : la jeune femme m’était presque perceptible, mais au moment où je la voyais intérieurement, elle me fuyait. J’étais toujours incapable de la décrire.

Une nouvelle angoisse me saisit alors. J’eus peur de la revoir, de croiser à nouveau son regard. Un coup d’œil m’avait anéanti, qu’en serait-il du second ? Je ne voulus pas d'un nouveau tête-à-tête fatal. Je me mis à marcher tête basse, de façon à éviter tout regard d’autrui. Je craignis tout le monde et chacun. Chaque femme rencontrée, croisée, entraperçue pouvait être un danger pour moi. Mais quelle vie je m’imposais là : je vécus encore plus renfermé qu’un ermite, je côtoyai une multitude de personnes, dans le bus, les supermarchés, la rue, le lieu de travail, mais sans jamais avoir de contact avec aucune d’elle. Pas un regard, je m’interdisais tout. A force de voir des pieds, je l’imaginais avec une robe légère parce que je voyais de fines sandalettes, ou au contraire, en tailleur sévère dans des escarpins gris sans fantaisie, ou n’était-ce pas plutôt elle, en brodequins et en pantalon ?

Il fallait que je me libère de toute incertitude. Comment pouvais-je savoir si c’était elle qui venait à me frôler, à me croiser, me fixait-elle de loin, m’ignorait-elle complètement, avait-elle disparu, était-elle là, ailleurs ? La tête m’en tournait. La nuit, je rêvais de chaussures de toutes sortes sur lesquelles des yeux s’ouvraient, attrapaient mon regard, puis se mettaient à tourner autour de moi, lentement d’abord, puis de plus en plus vite. C’était un manège infernal qui se poursuivait jusqu’au réveil. Je sortais alors de mon rêve en sursaut, le cœur battant, transpirant. C’en était fini de ma nuit. Je savais que je ne m’endormirai plus. Il en allait ainsi de chaque nuit. Quel supplice !

Un matin, cela faisait à présent huit longs mois que je l’avais vue, et elle m’habitait encore comme à la première seconde. Ne pouvant me guérir en me cachant, j’eus l’idée qu’il fallait que je la retrouve, que j’échange un nouveau regard avec elle. Si un premier regard m’avait tant bouleversé, un deuxième regard allait, c’était bien sûr, me libérer de cette emprise. Comment n’y avais-je pensé plus tôt ? J’en fus comme apaisé. La vie me semblait brutalement à nouveau belle, gaie, et je retrouvai une vivacité perdue huit mois auparavant. Je vaquai à mes occupations le cœur léger, presque gaiement. Je me dépêchai de sortir de la maison, je levai le regard, c’était un jour ensoleillé, il me fallait bien du soleil après avoir vécu tous ces mois dans l’ombre et la terreur. Je n’eus plus besoin de river mon regard au sol, je relevai les yeux, et je contemplai la nature : d’abord le ciel, les nuages, puis les oiseaux, les mille-pattes, les arbres, et même un arc-en-ciel. Que de beautés qui m’avaient été interdites si longtemps. La première personne que je rencontrai me procura un choc : depuis tant de mois je n’avais plus vu d’être humain. Je passai la journée dans une euphorie telle que j’en étais arrivé à l’oublier, elle. Je revivais, c’était mon printemps, j’étais guéri, je revivais, je revivais, je revivais.

Dans la nuit, je me réveillai en sursaut, le même cauchemar m’avait saisi. Je compris que je n’étais pas guéri, que la journée de la veille n’avait été qu’un sursis, et que l’angoisse me reprenait plus forte encore qu’auparavant.

Cette fois, j’étais bien décidé, il fallait coûte que coûte que je la revois. Mais comment, et où, inutile de passer une petite annonce : même si elle venait à la lire, qu’aurais-je écrit ? Comment se reconnaîtrait-elle puisque moi-même je n’aurais su la décrire ? Je pris des vacances, chaussai des chaussures confortables, et sortis. Je commençai à arpenter les rues. Je marchai, marchai, marchai. Je ne pris aucun repos. Je passai et repassai dans les rues et les ruelles. Par temps de pluie, j’arpentai les grands magasins, chaque étage, l’un après l’autre. Je passai d’une galerie à une autre. J’allai au cinéma, au théâtre, j’attendais bien avant l’ouverture des caisses pour examiner tous les spectateurs qui entraient. Le soir, je m’écroulai de fatigue, mais je me réveillais toutes les nuits en sursaut, poursuivi par le même rêve. Au petit matin, je reprenais ma marche de plus belle.

Après huit jours de course je me ressaisis : inutile pensais-je de marcher droit devant moi. Il suffisait qu’elle soit derrière moi pour que je ne la voie pas. Cette technique n’était donc pas la bonne. Je pris donc l’habitude de faire demi-tour, brutalement, pour tenter de la surprendre, et je reprenais ma marche dans le sens contraire. Oui, mais si elle était à présent derrière moi, c’est-à-dire devant moi alors que j’allais dans l’autre sens, mais si je me tournais une fois de plus, elle serait peut-être derrière… Je n’étais plus qu’un tourbillon. Je courais à présent, d’une rue à un magasin, d’un magasin dans un bus, d’un bus à un jardin public. La folie me gagnait.

J’eus alors une idée : j’irai me poster près de l’endroit où je l’avais vue la première fois, et j’attendrai qu’elle réapparaisse. Cette solution me semblait à présent la plus logique et la plus simple. Pourquoi donc n’y avais-je songé plus tôt ? Je me rendis dans la rue où je l’avais croisée, et par chance, j’y découvris un banc à proximité. Je m’y assis. Quelle impression curieuse : depuis si longtemps je ne m’étais pas assis, oisif. Je crus même un instant que j’allais pouvoir profiter de cette pause. Mais non, la soif de la voir, de la revoir, de guérir, me tenaillait trop vivement. A peine assis, je me mis immédiatement au travail : je regardai chaque passant avec acuité. J’étais avide de regarder chaque visage qui passait, non pas par plaisir, mais par désir d’en terminer enfin avec cette obsession. Je regardai à droite, à gauche, je passai de l’un à l’autre avec détermination. Pourquoi cette jeune femme tournait-elle la tête, était-ce elle ? Refusait-elle de me voir ? Faisait-elle exprès de parler avec son interlocuteur pour que je ne puisse saisir son visage ? Je me levais alors, courrais pour la dépasser, faisais demi-tour plus loin pour lui faire face. Une fois de plus je m’étais trompé : ce n’était pas elle. Je regagnais mon banc, las. Cette fois, c’était bien elle qui s’approchait, j’en étais certain, c’était sa silhouette, sa couleur de cheveux. Hélas, encore une fois, je m’étais trompé. Je me remettais à l’affut, plein de courage.

Je ne comprends pas comment j’ai pu tenir si longtemps. Durant 10 longs jours, je me postais tous les matins sur mon banc, et je prenais ma faction. Les habitués m’avaient repéré. Ils m’observaient du coin de l’œil, je le voyais bien. Mais ils me laissèrent heureusement en paix. Etais-je ainsi courageux, je ne le crois pas, il m’était devenu vital d’épier son passage. Je l’attendais sans impatience, enfin, je croyais l’attendre ainsi. En réalité, dès qu’une femme approchait, je frémissais, je tremblais même, je ne pouvais plus tenir assis, je scrutais avec attention. Plus d’une fois, une femme ainsi observée me foudroya du regard. Un jour, je crus même que son ami s’en prendrait à moi. Je fis immédiatement amende honorable, je ne pouvais me permettre de dissiper mon attention. Pourtant, les jours s’écoulaient, les uns après les autres, mes vacances allaient toucher à leur fin. Que ferais-je alors ? J’étais devenu maigre, presque diaphane, je n’imaginais pas de retourner travailler, comment allais-je pouvoir reprendre une vie normale avec l’obsession qui m’habitait. C’est alors que je la vis.

Elle était là, exactement à la même place qu’elle occupait lorsque je la vis la première fois. Elle ne me regardait pas. C’était donc elle, elle qui m’avait mené en enfer durant toute une année par un seul regard. Je me détendis imperceptiblement, je soupirai d’aise, je sentis comme un vent de liberté me traverser. Cette vue m’avait bel et bien redonné mon intégrité. Elle ne m’habitait plus, j’étais à nouveau capable de poursuivre ma route sans obsession. Quelle victoire ! A présent, je pouvais partir. Je me levai. Elle tourna alors la tête et me regarda. Son regard me transperça et…



Lu dans les faits divers :

Hier, vers 16 heures, un homme âgé de 28 ans a été retrouvé mort sur un banc, rue des orfèvres. Sa mort paraissait naturelle, mais une expression d’horreur émanait de son visage. Une enquête a été ouverte pour essayer d’éclaircir ce décès bien mystérieux.



Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! 

Dans ma folie j'ai dépassé le nombre de mots prescrits.