Affichage des articles dont le libellé est Croatie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Croatie. Afficher tous les articles

mardi 3 septembre 2013

Et maintenant ?

Tirons un trait sur ces vacances scandaleuses (CLIC). Dans l'absolu, c'est vite dit. En réalité, ne nous leurrons pas, nous avons été très marqués par cet accident. Un mois s'est écoulé, et nous nous remettons doucement. Monsieur Alphonse a toujours son attelle au bras, et récupère lentement, même si le chirurgien trouve qu'au contraire les choses avancent plutôt vite.

Nos cauchemars faits d'accidents de bateaux, de voitures, de crashs d'avions, laissent place à des rêves pénibles. Je cite ici Ambroise qui seul sait mettre les mots exacts sur les situations : "... et moi j'ai fait un rêve tellement compliqué que je n'y ai rien compris !"

Nous avons conscience que nous sommes des miraculés. Quelle sensation étrange de recevoir la vie pour la deuxième fois.

Je n'arrive plus à lire. Les enfants m'ont mis "Jurassic Park" et "Fantômas" dans les mains, mais je les ai reposés : "Ces livres sont fades, ma vie est autrement plus trépidante que ces romans".

J'ai regardé "Rebelle" avec les enfants, et ils riaient de me voir sauter dans mon fauteuil à l'apparition de l'ours. J'ai passé mon temps, crispée sur mon fauteuil, angoissée à l'idée de ce qui pouvait arriver à la reine, et j'ai sursauté à chaque action un peu mouvementée. Donc, exit les films.

Je lis des livres de cuisine : c'est reposant. Mais je ne peux mettre en pratique les recettes qui m’intéressent, n'ayant qu'une plaque pour cuisiner. Vous vous souvenez (ICI) que mon four a pris feu.

Je lis des revues instructives. Au moins dans ces textes, il n'y a pas d'accident, pas d'aléa, pas de stress. Et puis, Monsieur Alphonse a été ébahi de me voir avec une bande dessinée entre les mains... Astérix est bien un peu violent avec toutes les batailles, mais comme je les connais par coeur, il n'y a plus d'effet de surprise !

Je tourne donc la page de cet événement  Et pour celles qui s'interrogent : nous avons envie de repartir et d'entrer à Venise par voie de mer. Pour commencer, Monsieur Alphonse doit retrouver l'usage entier de son bras. Ensuite, nous ferons de la voile sur des lacs, par petites touches : quelques heures pour commencer, ceci pour rendre confiance à Augustin qui est le seul à ne plus vouloir monter dans un bateau.

En attendant, je prépare d'autres billets sur notre nouvelle vie. Actuellement, elle est un peu plus calme, ce qui me convient parfaitement.

@ très vite !


samedi 31 août 2013

L'après-miracle : mardi 6 août


Nous passons une nuit épouvantable. Dès qu’un bateau nous fait des vagues, nous sursautons, et nous craignons que le voilier ne soit en train de couler. Dès que les différences de température font se dilater la coque, nous entendons des claquements qui nous font craindre le pire. Dès qu’un bruit curieux retentit, nous imaginons que des passants viennent nous rendre visite (nous sommes amarrés sur le quai le long de la route dans un endroit touristique). La seule fois où nous rions hystériquement, c’est lorsqu’un petit allemand dit « Maman, regarde le beau bateau, il est immense ! ……… Oh, regarde maman, il est tout cassé ! »

Au petit matin, nous avons déjà déjeuné, et nos bagages sont prêts lorsque les loueurs arrivent à trois. Nous les voyons s’arrêter sur le quai, les bras ballants, la bouche ouverte et les yeux aussi, exorbités, contemplant les dégâts sur le voilier, nous regardant nous, soulagés de nous voir sains et saufs. Gentiment, ils se proposent de nous aider, et portent nos sacs sur le quai.

De leur côté, ils sécurisent le bateau (ce que Monsieur Alphonse n’a pas pu faire avec son bras, et faute de temps). Ils utilisent un cordage pour refixer le mât à l’arrière, s’étonnent qu’avec ce choc, et les câbles sectionnés, le mât ne soit pas tombé en perçant la coque. Ils remontent tant bien que mal les rambardes, essayent de débloquer complètement la barre qui est toujours difficile à manœuvrer. Ce sont tous des skippers avertis, et ont déjà vu un grand nombre d’accidents dans leur vie, mais jamais de survivants pour ce genre de situation. Là, nous avions compris que nous étions des miraculés.

Un taxi vient nous chercher : c’est un 15 places. Nous montons à bord, et nous quittons Sibénik. Je me demande si nous arriverons entiers à Zadar. Je dis à mon mari que ce n’était pas la peine d’être miraculé de la mer pour mourir sur la route. Le chauffeur a trois téléphones portables. Dès que Monsieur Alphonse lui pose une question, il prend l’un ou l’autre, soit pour appeler un copain et lui poser la question, soit pour chercher la réponse sur Internet. Je supplie mon mari de ne plus lui adresser la parole, puisque même s’il ne consulte pas ses téléphones, il le regarde pour lui répondre. Je préfère qu’il regarde la route. Le téléphone sonne… je suis à bout, parce qu’alors il dévie sur la droite. Nous sommes alors sur l’autoroute. Je réprime un cri d’effroi, le chauffeur me demande calmement ce qui m’arrive, je lui présente mes excuses, et mon mari lui explique que nous sortons d’un grave accident.

Bon, les téléphones n’ont plus sonné depuis longtemps, Monsieur Alphonse ne lui pose plus de question, je me détends progressivement et regarde le paysage. Mais qu’arrive-t-il ? Le chauffeur joue au guide touristique. Il veut nous montrer une vue somptueuse au-dessus d’un pont, il ralentit, il freine, il roule à 40 km/h sur l’autoroute. Vat-il y avoir une fin à ce stress continu ?




Nous sommes enfin à Zadar, et le chauffeur de taxi repart avec ses trois téléphones. Je recherche notre voiture, il fait au moins 50° C dans la voiture. Albert charge les bagages pendant que Monsieur Alphonse règle les papiers avec le loueur. On le traite à nouveau en miraculé. En attendant qu’il revienne, nous allons nous doucher, et nous donnons rendez-vous au café de la marina. Nous allons y prendre un déjeuner rapide avant de rentrer.

La question essentielle se pose : « Que faisons-nous ? » On nous propose un voilier plus grand, plus beau, avec skipper si nous le souhaitons. J’avoue attendre les réponses des uns et des autres avec inquiétude. Mais Augustin répète inlassablement « Pour moi, papa, la voile, c’est ter-mi-né ». Il nous faut respecter cette attitude radicale. Moi-même je suis un peu soulagée, parce que si nous devions repartir, je passerais mon temps à scruter la mer à la recherche d’un autre Frankenstein de la mer. Et d’ailleurs, Monsieur Alphonse est le seul qui connaisse le métier, et il est sévèrement handicapé par son bras. C’est un peu utopique et risqué de penser repartir immédiatement.

Reste la question : « Que faisons-nous alors ? » Monsieur Alphonse a l’idée géniale de nous proposer de nous rendre dans notre maison en Alsace. Le meublé qui nous attend en Suisse n’est pas chez nous, nous serons mieux dans nos murs, dans notre maison que nous aimons. « Et Nadia et Ennio ? » Ce sont nos amis italiens (j’avais fait la connaissance de Nadia par le forum de marmiton, et son mari et elle sont devenus des amis chers que nous aimons retrouver. Nous avions prévu de nous rencontrer à Venise, et de poursuivre la visite des îles ensemble) (Pour la visite de Venise avec Nadia, cliquer ICI) Il était inconcevable pour tous les membres de la famille de rentrer sans les voir. Accessoirement, il me semblait difficile, stressée comme je l’étais, de faire le trajet du retour en une seule fois. Il nous fallait d’abord nous reposer.

Nous avons donc pris contact avec Nadia, qui, gentiment, et de façon toute professionnelle, nous a choisi un gîte magnifique pour deux nuits tout près de chez elle. Elle a organisé la journée du lendemain d’une main de maître : un pique-nique géant dans un beau parc, et une réservation pour dîner dans un restaurant typique de la région. 

Pour nous, cet accueil a été salvateur. Nous nous sentions entourés et aimés, et cela nous a beaucoup aidés à relativiser le drame que nous avions subi. Enfin, nous pouvions parler d’autre chose que d’accident dramatique. C’est à ce moment que j’ai acheté le somptueux couteau à pain qui m’a valu du stress le jour de la rentrée (ICI).

On réalise pleinement la grandeur et la beauté de l’amitié lorsqu’on vit la générosité, la disponibilité et la serviabilité des amis.


J’en profite pour vous remercier, vous toutes qui avez déposé vos commentaires qui sont un baume. Chacune dans votre style, vous avez su me toucher avec vos mots emprunts de délicatesse et d’affection. Merci à vous toutes.

mercredi 28 août 2013

Deuxième jour de voile : lundi 5 août

(Cliquer ICI pour les vacances scandaleuses d'Alphonsine)

Je me réveille au son du plongeon d'Albert qui nage vers l'ïle aux oursins (ainsi dénommée par les enfants pour le nombre d'oursins qui l'entourent). Au retour je lui demande où sont les croissants. "La boulangerie était fermée !"

La matinée se passe à revoir les rangements, et surtout à ne rien faire. Nous cherchons en vain où peuvent se cacher les fusibles, et c'est à la main que les trois hommes de la famille remontent l'ancre. (cela nous vaudra ensuite des regards admiratifs de notre loueur).

Je reprends ma place à la barre, puis je la passe à Augustin qui apprend les subtilités des mouvements d'un voilier. Le capitaine en profite pour nous donner les règles de sécurité. "Si tu donnes la barre à Augustin, tu restes responsable, et tu restes près de lui pour vérifier qu'il barre bien... Regarde ces deux bidons qui flottent sur l'eau, cela signifie qu'entre les deux il y a un filet de pêche. Il faut le contourner largement... Un voilier qui a ses voiles a priorité sur un bateau à moteur... Entre deux voiliers, celui de droite passe le premier... Il faut observer les angles de route entre deux bateaux pour savoir si celui que tu vois passeras devant ou derrière nous. Si le croisement se fait au m^me point, celui de droite a priorité. Mais tu peux t'écarter. Dans ce cas, tu fais un mouvement ample pour lui montrer que tu l'as vu et lui faire comprendre ta manœuvre .. Les bateaux qui viennent par l'arrière n'ont jamais priorité, sauf les voiliers dans leurs manœuvres de dépassement. Il faut donc regarder la mer de tous les côtés, y compris sur l'arrière. En cas de doute, tu m'appelles, mais même si je suis à la table des cartes, je monterai souvent pour vérifier."

Nous naviguons paisiblement. Amélie est dans la cambuse, et a fixé ses menus pour les jours à venir. Elle apprend à faire cuire les pâtes ou le riz dans 1/3 d'eau de mer et 2/3 d'eau douce : le sel n'est presque pas utile sur un bateau, en pleine mer du moins !

Les paysages se succèdent, toujours pareils, toujours différents. Je me régale de la vue et commence à voir mes appréhensions de la mer disparaître.

A 14 heures, je suis à la barre, le capitaine aux cartes, Amélie lit dans le cockpit  Augustin et Antoinette sont dans leur cabine, et Albert joue avec Anselme.

Je surveille la mer à la recherche des bidons, je calcule mentalement les trajectoires des bateaux au loin, je me retourne régulièrement et j'appelle "Monsieur Alphonse, vient voir, un bateau est à pleine vitesse sur l'arrière et droit sur nous. Que veut-il faire ? Nous faire des vagues et nous éclabousser ?

- Ca doit être ça... non, le C... ne nous a pas vus...

Il fait des signes, et se jette sur le côté, je contourne la barre, et me jette sur le banc à côté de lui. Mon mari hurle : "Le fou, accrochez-vous !"

Le bateau nous aborde violemment sur l'arrière, je le vois grimper sur notre voilier, je me protège la tête, mais une barre me percute violemment l'arrière du crâne, je sens des coups terribles sur les bras, le dos, les cuisses et je me dis "maintenant le bateau va m'écraser".
Le fou qui a sauté sur notre voilier. Avant de revoir les photos, j'étais convaincue qu'il avait une coque noire. C'est encore ainsi que je la vois dans mes cauchemars.


mardi 27 août 2013

Premier jour de voile, dimanche 4 août

(Cliquer ICI pour les vacances scandaleuses d'Alphonsine)


"Le vent ne se lève que vers 11 heures. Nous irons à la messe, puis nous déjeunerons et enfin nous larguerons les amarres. Pour le premier jour de mer, j'ai prévu un petit trajet et une nuit dans une crique", nous dit le Capitaine au matin.

Ainsi fut fait.

Fidèle à moi-même, comme j'avais prévu de suivre le mouvement en touriste mais de ne participer à rien, je me suis assise sur la baquette du cockpit et j'ai observé le capitaine, écouté ses ordres, et admiré les exécutions promptes par les "tas de chiens galeux" (on ne regarde pas Pirate des Caraïbes sans en retenir certaines expressions truculentes !), et enfin, j'ai affirmé haut et fort (être spectateur n'est pas être muet), que "faire de la voile faisait mal au coccyx !"

Le vent était faible, mais l'équipage débutant a monté les voiles sans difficultés, et Monsieur Alphonse a tiré des bords. Le croiriez-vous ? Je n'ai même pas eu envie de lire. La terre vue de la mer, dans le silence d'un bateau à voile, offre une perspective de paix. une mer d'huile, un soleil magnifique que nous ne sentions pas avec l'action du vent. Allais-je me convertir à la voile ?

Amélie s'occupe entre deux repas !


Enfin, je me suis levée de mon banc pour essayer de tenir la barre. J'ai immédiatement pris goût à cette nouvelle sensation. Il faut viser un point au loin, et garder le bateau sur ce cap. Un coup de barre à droite, et le navire vire, puis il vire trop, il faut redresser à gauche. Rapidement, je comprends ses réactions, et j'apprends à manier la barre avec délicatesse de sorte que le sillage soit parfaitement rectiligne.



Monsieur Alphonse voit un voilier qui a monté ses voiles "en ciseaux". Et déjà il donne les ordres en conséquence à son équipage enthousiaste.

Le soir approche, nous sommes presque arrivés dans la crique choisie par notre capitaine pour y passer la nuit. Nous apprenons à ralentir, à descendre les voiles, puis l'ancre. Mais le moteur de l'ancre cale et ne repart plus. Nous constaterons ensuite que les fusibles ont sauté, mais ils sont introuvables, nous perdons le GPS. Ce n'est pas un souci pour le capitaine qui sait se servir d'un sextant...



Le capitaine descend la chaîne à la main, aidé d'Albert. 

Les enfants plongent, certains nagent, nous allons sur l'île déserte avec l'annexe (petit canot pneumatique).




Amélie nous régale d'un délicieux repas, et la soirée se termine en chantant sous les étoiles.
C'est meilleur qu'à la maison !

"Dis papa, tu nous emmèneras dans une autre crique demain ? Nous ne voulons plus aller dans les marinas".


Antoinette dans les bras de Morphée !


lundi 26 août 2013

Découverte du voilier : samedi 3 août


Nous arrivons sur le quai en voiture. Les bateaux sont amarrés les uns à côtés des autres. J’arrive à distinguer les voiliers des gros bateaux à moteur. Enfin, on nous indique le nôtre : « le Marijana » (un élan 434 : pour les puristes. En fait, un voilier de 12 mètres).

Photo d'une peinture, je n'ai pas de photo du bateau dans son ensemble

Avant de découvrir le bateau, il faut s’en approcher, y accéder, y monter. On commence par descendre sur un pont flottant qui surprend par ses mouvements. Puis, il faut s’engager sur une frêle et étroite passerelle qui me fait ressembler à un être ridicule par le soin que je mets à hésiter puis à poser délicatement un pied devant l’autre, et à accélérer pour accrocher une prise au plus vite.

L’intérieur est surprenant, tout est minuscule, et chaque recoin est exploité à son maximum. Après plusieurs voyages entre la voiture et le bateau (à cette occasion, nous retrouvons le GPS qui nous servira pour le retour !), nous arrivons à caser notre chargement (nourriture, vêtements, livres, jeux, matériel de navigation personnel…) dans les caissons du plancher, sous les matelas, dans les murs derrière les sièges.

Le rangement est assez rapide, par contre, il devient difficile, voire impossible de retrouver ses affaires sans ouvrir toutes les cases. « Qui a vu mes lunettes de soleil ? »  Elles seront définitivement introuvables… jusqu’à notre retour où je les ai découvertes dans la voiture !

Nous passons la première nuit dans la marina (c’est-à-dire le port) pour nous habituer aux mouvements du bateau et nous reposer de notre voyage.

Nous nous endormons en attendant avec impatience notre premier jour de voile. Mais auparavant, il nous faut aller aux toilettes dans la marina, et pour cela marcher sur la passerelle au-dessus d’une eau noire, la trousse de toilette et la serviette dans une main, et l’autre, étendue pour faire l’équilibre. (J’ai une terreur absolue de l’eau depuis qu’un garçon de ma classe, alors que j’étais âgée de 15 ans, m’a coulée à deux reprises de telle façon que j’ai bien cru mourir). J’ai hésité à me lancer, mais je me suis dominée, et je suis même arrivée à retourner sur le bateau au retour.





samedi 24 août 2013

Tous les chemins mènent à Rome, et plusieurs en Croatie

Tous les chemins mènent à Rome, et plusieurs en Croatie. Mais dans tous les cas, il faut traverser les Alpes.

Monsieur Alphonse choisit de passer par Kandersteg, de monter dans le train, de traverser les Alpes pour ressortir en Italie, puis de filer sur l’autoroute jusqu’à Trieste, puis de traverser la Slovénie pour enfin parvenir en Croatie. Dix heures de route affirme Google. Notre programme est le bon, nous arriverons sans stress pour prendre possession de notre bateau le samedi soir.

Vendredi, nous quittons donc Fribourg vers 15 heures 30, pour nous rendre compte que le GPS est resté dans notre maison en France. Heureusement que Monsieur Alphonse a bien étudié le trajet, et qu’Alphonsine a acheté une carte de la Croatie.

Nous avons bien fait de quitter notre domicile si tôt, nous avons évité les bouchons du contournement de Berne, et nous avons le temps de faire une pause goûter dans la montagne avant de prendre le train.

Ce train fait partie des souvenirs de l’enfance d’Alphonsine, et elle l’a fait découvrir à son mari : « C’est magique : tu montes avec la voiture sur des wagons, tu coupes le moteur, et tu te laisses emporter sous la montagne pour ressortir dans des paysages magnifiques ». C’est toujours un moment de bonheur. Nous attendons donc notre tour. Enfin, nous montons sur une passerelle posée le long d’un wagon. Nous poursuivons sur le train, et nous arrêtons à l’emplacement indiqué par le préposé. Moteur à l’arrêt, frein à main, et on enclenche la première vitesse, on ouvre les fenêtres, et on se détend. Attention départ !




Le train s’ébranle doucement, et pénètre dans le tunnel.
Le Belge situé devant nous nous fait rire, il n’a pas tout compris, puisqu’il allume les phares de sa voiture en entrant dans le tunnel.
 Le trajet dure 20 minutes, et nous débouchons à Goppenstein dans le Valais. Commence alors la plus jolie partie du voyage : la lente descente vers Brigg le long de la paroi de la vallée. Les paysages sont somptueux, cette vallée est magnifique.







A partir de Brigg, nous pénétrons à nouveau sous terre pour ressortir à Iselle, en Italie !














Cette fois nous quittons les montagnes pour poursuivre notre route dans la grande plaine du nord de l’Italie. Décrire le trajet en autoroute entre Iselle et Venise ne présente absolument aucun intérêt : des pauses, un pique-nique, le premier café italien, toujours aussi délectable, un italien du sud qui félicite Monsieur Alphonse de sa nombreuse et agréable progéniture… (ils étaient forcément agréables puisqu'ils mangeaient !!!)

Peu avant Venise, j’ai donné le volant à Monsieur Alphonse, et, ne sachant trop pourquoi, nous en avons profité pour faire le plein de diesel. Nous étions contents de notre voyage, nous avancions selon nos prévisions. « Je passe Venise, puis nous nous trouvons un arrêt pour y dormir quelques heures ».

La circulation était très chargée entre Milan et Venise, elle s’est densifiée après Venise, il y a eu des bouchons par intermittence. Je somnolais. Monsieur Alphonse a voulu s’arrêter dans une aire d’autoroute. Les pompes à essence étaient prises d’assaut, et c’est difficilement que nous avons pu trouver une place pour nous garer. Quant à dormir, impossible. Seuls nos voisins nous ont surpris par leur organisation et leurs capacités à pouvoir dormir dans la chaleur étouffante, le mouvement et le bruit du lieu.




Monsieur Alphonse a donc remis le moteur en marche pour sortir de cette fournaise… et retourner dans les bouchons. Seul moment de gloire : alors qu’il faisait la queue pour payer le péage Milan-Trieste (environ 50 euros), les barrières se sont levées, et nous avons pu passer sans payer.

La suite du voyage a été rocambolesque : les gens s’arrêtaient à chaque embranchement pour voir leur route, les voitures cachaient les panneaux indicateurs, ce qui nous a fait rater la sortie. Heureusement, il restait le système D : l’IPhone de mon mari. « Avec ce que nous avons économisé en frais d’autoroute, tu le dépenses en frais de téléphone ! » L’IPhone nous a remis sur la voie… et dans les bouchons. Nous avons traversé la frontière slovaque au ralenti, et devions parcourir 30 km avant de pénétrer en Croatie. Les 10 premiers kilomètres se sont effectués en 10 minutes. Pour les 20 autres, il nous a fallu 5 heures !

Pendant que je dormais, Monsieur Alphonse avançait de 200 mètres toutes les demi-heures. Mais toute bonne chose a une fin, les mauvaises aussi d’ailleurs, et nous avons pu poursuivre notre route en Croatie.

Ce que nous avons découvert de ce pays nous a impressionnés : à perte de vue, des forêts de feuillus (essentiellement des bouleaux) et quelques résineux. Puis, brutalement, le paysage devient lunaire : des cailloux, des cailloux et des cailloux. Parfois de grandes étendues de fougères. Pourtant certaines vues étaient très jolies, et nous avons bien profité de notre voyage !



Enfin, après 20 heures de route, nous avons rejoint Zadar et découvert le bateau qui devait nous être échu.

(Cliquer ICI pour avoir l'intégralité des vacances scandaleuses d'Alphonsine)

mardi 20 août 2013

Mon mari est marin

Du point de vue littéraire, ce titre n'est pas très heureux, mais comment résumer autrement que Monsieur Alphonse a le bateau dans le sang ? Je le déplore, mais avant de me marier, j'ignorais que l'attirance pour la mer que j'avais décelée était en fait une véritable passion.

Il n'a eu de cesse de vouloir me mener en bateau, mais en bonne terrienne que j'étais -et que je suis toujours- j'ai toujours su résister farouchement à même monter dans une barque. Terrienne je suis, terrienne je reste, je ne ferai pas affront à mes ancêtres paysans. C'est ainsi que je préfère habiter au rez-de-chaussée plutôt que de loger dans un appartement plus lumineux au quatrième étage : les pieds sur terre, voilà ma devise.

A toute tentative, j'opposais un "NON" catégorique. Au fil des ans, j'ai exploité une réponse plus féminine mais tout aussi radicale : "Est-ce prudent avec les enfants qui ne savent pas nager ?" Monsieur Alphonse ne s'y trompait pas, il avait percé mon hypocrisie, mais comme il devait s'incliner devant les règles élémentaires de sécurité, nous ne partions pas, j'avais gagné !

La vie suivit son cours, Monsieur Alphonse paya des leçons de natation aux enfants, et à l'exception d'Augustin qui faisait de la résistance mais qui savait néanmoins nager comme un jeune chiot, ma seule excuse valable tomba à l'eau.

Pour la nième fois, Monsieur Alphonse me demande à louer un voilier, et pour la première fois en 23 ans de mariage, j'ai dit oui. Au silence qui suivit, je regardai mon mari qui m'observait avec étonnement. il se précipité sur son ordinateur pour organiser le voyage.

Toujours aussi féminine, j'affirmai avec force que je n'y connaissais rien (ce qui était exact), que je ne pourrai rien faire et que je ne ferai rien, même pas la cuisine. Mais Monsieur Alphonse, tout à sa joie me promit que je n'aurai rien à faire. Je me contentai de recharger mon Kindle (mon livre électronique) d'une petite centaine de livres pour avoir de quoi survivre durant 15 jours.

Et c'est ainsi que je partis vers des aventures aussi incertaines qu'imprévisibles.