Des nœuds dans mon fil

mardi 20 août 2013

Mon mari est marin

Du point de vue littéraire, ce titre n'est pas très heureux, mais comment résumer autrement que Monsieur Alphonse a le bateau dans le sang ? Je le déplore, mais avant de me marier, j'ignorais que l'attirance pour la mer que j'avais décelée était en fait une véritable passion.

Il n'a eu de cesse de vouloir me mener en bateau, mais en bonne terrienne que j'étais -et que je suis toujours- j'ai toujours su résister farouchement à même monter dans une barque. Terrienne je suis, terrienne je reste, je ne ferai pas affront à mes ancêtres paysans. C'est ainsi que je préfère habiter au rez-de-chaussée plutôt que de loger dans un appartement plus lumineux au quatrième étage : les pieds sur terre, voilà ma devise.

A toute tentative, j'opposais un "NON" catégorique. Au fil des ans, j'ai exploité une réponse plus féminine mais tout aussi radicale : "Est-ce prudent avec les enfants qui ne savent pas nager ?" Monsieur Alphonse ne s'y trompait pas, il avait percé mon hypocrisie, mais comme il devait s'incliner devant les règles élémentaires de sécurité, nous ne partions pas, j'avais gagné !

La vie suivit son cours, Monsieur Alphonse paya des leçons de natation aux enfants, et à l'exception d'Augustin qui faisait de la résistance mais qui savait néanmoins nager comme un jeune chiot, ma seule excuse valable tomba à l'eau.

Pour la nième fois, Monsieur Alphonse me demande à louer un voilier, et pour la première fois en 23 ans de mariage, j'ai dit oui. Au silence qui suivit, je regardai mon mari qui m'observait avec étonnement. il se précipité sur son ordinateur pour organiser le voyage.

Toujours aussi féminine, j'affirmai avec force que je n'y connaissais rien (ce qui était exact), que je ne pourrai rien faire et que je ne ferai rien, même pas la cuisine. Mais Monsieur Alphonse, tout à sa joie me promit que je n'aurai rien à faire. Je me contentai de recharger mon Kindle (mon livre électronique) d'une petite centaine de livres pour avoir de quoi survivre durant 15 jours.

Et c'est ainsi que je partis vers des aventures aussi incertaines qu'imprévisibles.


12 commentaires:

  1. J'attends la suite avec impatience ;-)
    J'adore être sur un bateau et moi aussi, je n'y fais rien.

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  2. Vivement la suite ! C a ne doit pas être triste !

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  3. Tu nous mets l'eau à la bouche !!! Vivement la suite...
    Heureusement que mon mari n'a pas le pied marin comme le tien. Je suis, moi aussi, fille de générations de paysan...

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  4. paysans au pluriel, c'est mieux...

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  5. Voilà qui s'annonce bien ! Vivement la suite !

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  6. Aaahhh ah ah... J'aimerais bien lire la suite... Moi aussi, je considère que pendant mes vacances je ne dois pas faire la cuisine... pfff.... j'en fais toute l'année alors... Et puis je recharge mon kindle aussi ! Et il me faut un accès wi-fi au cas où il m'en manquerait...

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  7. La suite, la suite !!!
    J'espère quand même que tu ne regrette pas. C'est si beau la mer...

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  8. Fille et petite-fille de marins-pêcheurs, je suis passée du côté de l'ennemi le jour de mon mariage avec un "plaisancier" (et fils de plaisancier). Contrairement à toi, pour faire bonne figure, j'ai tenté de suivre mon aimé sur l'eau. Quelques sorties à la journée n'ont pas su me faire totalement basculer du côté sombre. Puis 2 balades ont définitivement fermé l'affaire : une navigation très périlleuse autour de Belle-Ile par un temps inadapté au cours de laquelle mon mari m'a totalement oubliée pour se consacrer uniquement à sa barre (j'ai senti ma vie en danger ce jour, au sens propre du terme), puis une seconde avec un skipper (ce n'était pas mon époux) qui ne voulait pas prendre en compte ma grossesse très avancée et refusait un équipier assis. Le bougre ne savait pas à qui il avait à faire : il a dû me débarquer dans un port non prévu à son programme, extrêmement fâché, et moi définitivement acquise à la cause des professionnels de la mer : les plaisanciers sont des dangers !
    Depuis, chacun ses loisirs. Je respecte l'âme de plaisancier de mon homme et lui admire la passion qui anime les marins-pêcheurs pour leur choix de vie.

    PS : pour prouver mon bon esprit, j'ai inscrit mes fils à des stages d'opti plusieurs étés de suite (habitant La Rochelle, c'est de tout manière assez incontournable). Ils ont adoré leur initiation mais ne seront probablement jamais de grands amateurs de navigation (et hop, un point pour moi !).

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  9. Méfie toi tout de même, c'est rapidement l'engrenage... ça commence par un week end et ça finit en année sabbatique pour faire le tour du monde en famille sur un douze mètres (ma voisine peut témoigner, elle a vécu). Le pire est qu'au final, les plus accros ne sont pas toujours ceux qu'on croit... ^^
    ...la suite???

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  10. rha la suite, la suite!!!! Je trouve ton mari admirable. je suis moi meme passionnée de la mer et j'ai épousé un terrien! Pfffff Tu lui transmettras toutes mes sympathies?

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  11. Ahah, bravo à Monsieur Alphonse pour sa persévérance ! La suite, la suite !

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  12. Quelle aventure ! J'ai hâte de connaître la suite...

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