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samedi 14 juillet 2018

Le GPS a encore frappé

Non content d'être qualifié de touristique "CLIC", mon GPS est devenu fou... ou susceptible. Quoi qu'il en soit, je l'avais mis sur pause durant ma pause café, sur une aire d'autoroute. Il me restait 250 km à parcourir. Lorsque je l'ai remis en marche, il m'a tout d'abord précisé que j'atteindrai ma destination à 14.35 heures, avant de se ré-initialiser et de rechercher le trajet le plus court. Etonnée de cette mesure, je l'ai contemplé à l'oeuvre, et c'est absolument époustouflée que j'ai lu "7842 kilomètres, 3 jours". 

Je n'ai rien compris à mon GPS, je n'ai jamais su où il voulait me faire passer, ni quelle pouvait être la destination qu'il me proposait. J'ai refait ma requête, il m'a mené au but convoité. Mais mon interrogation demeure...


mercredi 25 octobre 2017

GPS touristique

Il y a deux ans de cela, Monsieur Alphonse m'a offert un GPS. Toute à la joie de ne plus avoir à lui emprunter le sien, je lui ai fait un étui digne de ce nom et réservé la meilleure place dans la voiture.

Nous lui avons trouvé de nombreux avantages, et ne pouvions que nous réjouir de cette acquisition.

Et puis, soudainement, sans crier gare, ce GPS de rêve a subi une transformation aussi soudaine qu'étonnante : il est devenu un GPS touristique. 

Oh, me direz-vous, voilà qui n'est pas si dramatique. Et pourtant... Il choisit la route la plus courte (bien qu'il ne soit pas programmé dans ce sens) entre le point de départ et le point d'arrivée. Il tente alors de nous faire passer sur des chemins agricoles réservés aux tracteurs, il nous mène dans des impasses, il opte pour le col aux mille virages au lieu de la route en ligne presque droite pour nous faire économiser 1 minutes et 47 secondes de route. Depuis, nous faisons demi-tour, nous pestons et râlons, mais rien n'y fait. 

En dernier lieu, il n'a pas été capable de trouver la gare de Mulhouse où nous avions rendez-vous avec Ambroise. Il nous a mené vers la "gare du nord", totalement désaffectée, mais ne nous a pas proposé la "gare centrale" dans sa liste. Heureusement que Monsieur Alphonse a pu rattraper les choses en consultant son Iphone. 

Je n'ai jamais aimé voyager sans carte routière en bon papier. A présent plus que jamais, il me faut retrouver mes anciennes habitudes, pour arriver à pallier l'aspect touristique de ce GPS non contrôlable.

vendredi 2 septembre 2016

Dans les Vosges : le lac (2)

Sitôt sortis du musée du textile (ICI), nous avons pris la direction du lac de Gérardmer. Depuis le temps que nous parlions de faire un tour de pédalo sur le lac, le moment était enfin arrivé. Nous avons pris un pédalo pour 6 personnes, ce qui convenait bien à la paresseuse que je suis, puisque seules deux personnes pouvaient pédaler à la fois. En une demi-heure, nous avons eu le temps de foncer vers le milieu du lac avant de retourner rendre notre embarcation. C'était joli et amusant.
 
Le pique-nique pris sur la berge devant un beau paysage est arrivé au bon moment. En guise d'apéritif, Anatole et Augustin ont piqué une tête dans le lac.
 



 
(à suivre)
 

mercredi 31 août 2016

Voyage virtuel en Scandinavie

J'ai souvent parlé de mes voyages virtuels sur mon blog, je n'en ai jamais fait de billet. Je profite d'un article écrit pour le magazine Zélie pour retranscrire ici notre voyage scandinave avec tous les détails, jour après jour. Nous l'avons fait en 2010.

Habituellement, je propose un voyage virtuel pendant les vacances de février : le temps n’est pas toujours clément, et les enfants ne peuvent passer leurs journées à jouer à l’extérieur. C’est un bon moyen de les occuper et de leur ouvrir l’esprit !

Le concept du voyage virtuel est très facile, très agréable, et convient à toute personne et à tout âge. Mais comme pour tout voyage, il faut s’y prendre à l’avance, environ un mois, pour être fin prêt le jour J.

Nous choisissons notre lieu de destination en famille, mais je garde le privilège de la destination finale, parce que c’est moi qui cuisine ! La majorité souhaitait partir en Grèce, mais les légumes d’été ne sont pas faciles à trouver au mois de février. Malgré les contestations, j’ai opté pour la Scandinavie.


La tâche suivante consiste à regrouper les éléments matériels du voyage
-    des DVD de reportages
-    des livres comportant de nombreuses photos
-    des livres de contes nordiques
-    des recettes nordiques
-    une carte routière

Ce voyage étant le 4ème (après le Mexique, la Russie et l’Inde), je sais à présent où trouver ce dont j’ai besoin.
 
 
Une promenade chez un bouquiniste, ou mieux, chez Emmaüs permet de chiner des beaux livres sur les différents pays. Pour 10 euros, j’ai fait l’acquisition de magnifiques livres de voyages, comportant de grandes photos faisant rêver, un livre de cuisine « La cuisine scandinave » (SAEP) ainsi que des livres de contes (d’Andersen).
 
 

Pour les DVD, j’écume Internet pour trouver des DVD de reportages. Selon les sites, les frais de port sont gratuits et livrés directement dans la boîte aux lettres. J’ai choisi trois DVD concernant respectivement la Norvège, la Suède et la Finlande. Il n’existe malheureusement aucun reportage sur le Danemark. La carte routière a été commandée sur le même site.
 
 
 
Je fais ensuite des recherches approfondies sur les pays que nous allons visiter, et je prépare des questionnaires pour les enfants. Je leur donne une des feuilles le matin, et ils ont la journée pour faire des recherches dans leurs livres ou dans les documents que je leur donnerai. Ainsi, je peux espérer avoir une conversation intelligente le soir au dîner.

Grâce à Marmiton et à son stock de recettes, je glane les recettes scandinaves. Le moteur de recherche est bien fait, je prends note d’une trentaine de recettes alléchantes. Je complète ensuite avec mes livres de cuisine (également glanés pour une grande part chez Emmaüs) ou d’autres sites spécialisés en cuisine scandinave.
 
Je recopie les recettes que j’envisage de réaliser, et je les range dans un classeur. Puis je note les ingrédients dont j’aurai besoin, et je classe les recettes selon qu’elles nécessitent des produits frais ou non. Je me dresse ainsi une liste de menus pour la semaine. Il faut assurer les déjeuners et les dîners, les petits déjeuners restant traditionnels.

Le grand jour approche, il s’agit de faire les courses. Il y aura beaucoup de poisson, spécialement du poisson fumé ou salé : hareng, haddock, morue… J’ai ajouté de la viande hachée pour les boulettes, des myrtilles et des airelles pour les desserts. Dans le prix du voyage, je ne compte pas le prix des repas, puisque le coût ne diffère pas du coût habituel.

Nous sommes à la veille de partir. Lorsque les enfants sont couchés, j’accroche la carte routière dans la salle à manger et je pose sur la table du salon tous les livres de voyages que j’ai chinés. Ainsi, les enfants pourront les feuilleter à loisir.
 
 
 
        
Ça y est, nous y sommes, le voyage a commencé. Les enfants attendent avec plus d’impatience que de coutume l’heure du déjeuner ou du dîner. Ils sont curieux de savoir ce qui bout dans la marmite !

Premier jour :

J’ai trouvé un immense saumon (4,100 kg). Je n’arrive pas à me décider à le couper en darnes, ce serait dommage. Je cherche donc ma grande poissonnière, et je choisis de le cuire au court-bouillon et de le servir en entier sur la table.
 
Que d’exclamations ! Je dois freiner les appétits si je veux pouvoir garder la moitié pour accommoder un autre repas.
 


Pour accompagner ce plat, je prépare les pommes de terre à la suédoise.
 
 
 
Deuxième jour :

Aujourd’hui, je propose des merlus. Et comme le poisson entier a eu du succès, je reprends le même mode de cuisson que la veille. Cette fois les enfants apprennent à enlever la peau et la chair sans détacher les arêtes ! Et ils se précipitent sur les joues, ayant compris que c’était là le morceau le plus délicat !

Oui, je sais, le merlu n’est pas un poisson de mer froide… mais il n’y avait pas plus de merlan. Je n’ai rien avoué à ma tribu… et j’ai oublié de faire la photo. Mais il suffit de se reporter à la photo du saumon au court-bouillon, de l’imaginer plus maigre et plus petit et de lui mettre une tête de merlu !

J’ai fait un roux avec le bouillon du poisson, et ajouté un peu de crème. La sauce était parfaite.
 
 
Troisième jour :

Assez de poisson… nous passons aux
boulettes à la suédoise.
 
Les boulettes sont fondantes. J’étais dubitative à l’idée de mettre de la pomme de terre cuite, mais elle fait vraiment la différence. A titre de précaution, j’ai doublé les quantités. J’ai bien fait, nous aurons un autre repas de boulettes.

J’ai accompagné les boulettes de carottes cuites (oignon revenu, carottes en rondelles, une cuillerée de farine, sel et un verre d’eau. Lorsque l’eau bout je baisse le feu). Et j’ai ajouté une sauce au poivre pour compléter le plat.

En guise de goûter, j’ai essayé les
gâteaux suédois :
 

 
 
A vos casseroles ! Il faut les essayer de toute urgence. Les miens se sont aplatis de façon lamentable, mais le goût a fait passer l’esthétisme. Quel régal !
 
 
Quatrième jour :
 
J’ai adapté la terrine de saumon façon scandinave :

 
Les enfants gourmands avaient dévoré tout le merlu, j’avais oublié de me réserver deux filets. Le saumon était déjà cuit, mais qu’à cela ne tienne… J’ai émietté le saumon cuit, supprimé le merlan et le jaune d’œuf, et mixé le tout en réservant des morceaux de chair que j’ai mis entre les couches. C’était excellent, le goût délicat des airelles est somptueux avec le saumon.

J’ai servi cette terrine avec une
sauce nordique :
Cette sauce se marie parfaitement avec le saumon. J’ai simplement remplacé le tabasco par un peu de raifort.
 
Cinquième jour : Il est temps de ressortir les boulettes de viande. Pour changer, j’ai fait du pain polaire, et j’ai servi les boulettes avec le pain, du ketchup, et des gros cornichons doux. Le concept a bien plu aux enfants.

 
Ces pains sont vraiment très bons. J’ai essayé de les faire cuire sans couvercle, mais ils gonflent mieux avec le couvercle. J’ai beaucoup aimé le délicat goût de seigle.

Ce soir, je vais changer mes habitudes. Pour l’instant, nous avons toujours mangé de la soupe aux légumes suivie de pommes de terre en robe des champs et de harengs fumé ou à l’huile. Personne ne s’en lasse, mais je leur réserve une surprise avec le dîner.

Je prévois de faire des canapés scandinaves. Nous les préparons en début de soirée. J’ai décongelé un pain de mie maison, coupé en tranches, tartiné de beurre, puis recouvert de différentes sortes d’ingrédients avant de les couper en quatre.
-    anchois, rondelle de concombre
-    saumon fumé
-    avocat, crevettes
-    œufs de lumps
-    œufs de saumon
-    saumon cuit (mon reste de terrine de la veille)
-    œufs durs émiettés, radis
Pour commencer, chacun a eu un assortiment sur son assiette, puis, après avoir pu goûter de tout, nous avons pris dans les plats ce que nous préférions.


 

 
 
Comme dessert, j’ai testé le gâteau aux pommes. Facile à faire, il m’a déjà semblé sympathique. Lorsque l’odeur de la cuisson est arrivée à mes narines, j’étais subjuguée. Il a fallu patienter jusqu’au soir pour le déguster. Quel supplice !
 
 

 
 
Sixième jour :
 
Aujourd’hui, nous avons fait notre pain. C’est une activité qui nous prend 6 heures. J’ai donc choisi de faire des desserts Scandinaves que j’ai fait cuire dans le four à pain. Voilà le résultat de notre fournée :

 
Les boules suédoises ressemblent plus à des escargots qu’à des boules. Il faut bien replier l’extrémité de la pâte sous la brioche pour que le centre se surélève et donne l’aspect bien suédois des boules.

 
 
J’ai également préparé des tartes aux myrtilles. Une pâte sablée, une fine couche d’amandes en poudre, des myrtilles et un flan (crème, œuf, sucre). Un régal.
 
 

Septième jour :
 
J’essaye le gratin de morue aux pommes de terre. Voilà déjà deux jours que j’ai commencé à dessaler la morue. La recette est tirée du livre «Recettes scandinaves » édité aux éditions SAEP.

Gratin de morue aux pommes de terre :

Dessalage : 24 heures
Préparation : 50 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes (j’ai doublé les quantités) :

1,2 kg de morue
5 cl vinaigre
30 g beurre
30 g farine
3 dl lait
1 dl crème
sel, poivre, muscade
400 g pommes de terre
80 g chapelure

Mettre la morue à dessaler 24 heures.
Eplucher et cuire les pommes de terre à l’eau salée. Les écraser en ajoutant la crème.
Confectionner une sauce béchamel avec le beurre, la farine et le lait.
Placer le poisson dans un récipient de cuisson. Recouvrir d’eau froide additionnée de vinaigre. Cuire à frémissement 15 à 20 minutes. Egoutter la morue et retirer les peaux et les arêtes. Emietter très légèrement les chairs.
Dans un grand plat à gratin beurré, disposer la purée, répartir le poisson puis napper de béchamel. Saupoudrer de chapelure. Passer au four pour gratiner.
Ce plat que j'hésitais à faire s'est révélé délicieux. Un ami, invité ce jour, s'est copieusement resservi, suivi de près par mon mari et mes enfants !
 
 
En dessert, nous avons goûté la tarte aux myrtilles qui nous a subjugués. La cuisson au four à pain change tout, les tartes sont tout simplement meilleures.
 
 
Huitième jour :
 
Les boulettes de morue me tentent bien, et vont me permettre d’utiliser le (petit) reste de la veille.


Comme ce reste ne suffira pas pour 8 personnes, je teste les Spenetplätter ou galettes aux épinards (recette tirée du livre «Recettes Scandinaves» chez SAEP.

Spenetplätter :

Préparation : 50 mn
Cuisson : 1 heure 20
Pour 4 personnes

1 kg d’épinards
500 g de pommes de terre cuites
3 jaunes d’œufs
100 g beurre
80 g farine
2 œufs
200 g chapelure

Faire étuver les épinards dans 40 g de beurre jusqu’à complète évaporation.
Dessécher la purée sur le feu, ajouter les jaunes d’œufs et 60 g de beurre, puis les épinards et l’assaisonnement.
Façonner des boulettes de la taille d’une clémentine, les aplatir, les paner et les frire.

J’ai bien aimé ces galettes. La prochaine fois, je mettrai du poivre et de la noix de muscade pour relever le goût.
 

Neuvième jour :
 
Aujourd’hui, tout le monde se sent le cœur en fête : j’ai promis de concocter des hamburgers norvégiens.
Je commence par les
buns

 
 
Ensuite, je prépare des raviers avec les ingrédients : tomates en tranches, sauce, concombre en tranches, salade émincée, tarama (je n’ai pas trouvé de rillettes de saumon) et bien sûr, le saumon fumé. A table, je donne les consigne : « il faut couper le pain, tartiner de tarama, poser des rondelles de tomate, de la salade, du saumon, une cuillerée de sauce, des rondelles de concombre. Puis recouvrir de pain, et croquer… »
 
 
C’est vraiment délicieux. Les ingrédients sont harmonieux, frais, et … seule critique : les enfants auraient aimé des frites pour faire plus vrai !
 
 
Dixième jour :
 
Je vais tenter une spécialité suédoise : le Länkäl, du chou vert au jambon, tiré du livre « Cuisine Scandinave » (SAEP)
 

 
Préparation : 30minutes
Cuisson : 40 minutes
Pour 6 personnes

2 kg de chou vert
1 l de bouillon de viande
40 g de saindoux
2 dl de crème fraîche
200 g jambon blanc coupé en dés

Faire blanchir les feuilles de chou (sans les côtes) dans le bouillon. Les égoutter et les hacher.
Faire chauffer le saindoux. Ajouter le chou et la crème, sel et poivre. Faire cuire doucement. Ajouter le jambon.
Servir très chaud accompagné de pain grillé.

C’est un plat très simple, mais vraiment goûteux. Il se réchauffe bien aussi. La prochaine fois, j’ajouterai de la noix de muscade.

En dessert, je propose le
gâteau aux pommes scandinave :


En  fait, je le prépare avec des poires (parce que je dois impérativement les consommer), et nous nous régalons.
 
 
Onzième jour :
 
Pour ce dernier jour nous allons tester le haddock rôti à la sauce aux œufsCuisine Scandinave » SAEP)

Préparation : 20 minutes (et trempage 2 heures)
Cuisson : 20 minutes
Pour 4 personnes

500 g haddock trompés pendant 2 h dans du lait froid
60 g beurre
25 g farine
3 dl lait
sel, poivre, muscade
2 œufs durs hachés
2 c. s. persil
jus d’1/2 citron

Poser le poisson égoutté dans un plat ; Arroser de 30 g de beurre fondu.
Enfourner 10 à 12 minutes dans un four préchauffé à 200°C.
Faire une béchamel avec le reste de beurre, la farine et le lait. Assaisonner, ajouter les œufs durs, le citron et le persil.
Servir le poisson avec la sauce, et proposer des pdt en accompagnement.
 



Le verdict a été très satisfaisant… le poisson aurait été meilleur si j’avais pensé à temps à le faire tremper dans du lait ! Et je l’ai servi avec du riz. Je garderai également cette recette dans mes tablettes !

Nous voici arrivés au terme de notre voyage. Nous réintégrons notre Alsace natale en gardant en mémoire toutes les images des régions visitées, et des saveurs découvertes.  Nous avons vécu dans l’enthousiasme toutes ces journées, et nous étions tellement pris par notre voyage que nous avons vraiment l’impression d’atterrir dans notre maison !

Il ne reste plus qu’à passer au vote final. A la question : « Quel plat avez-vous préféré ? » je n’ai pu avoir aucune réponse. C’est peut-être le gros saumon cuit au court-bouillon qui a eu la préférence. Il était vraiment spectaculaire. Et la tarte aux myrtilles a fait l’unanimité en matière de dessert.
   
Pour la petite histoire, mes questionnaires n’ont pas eu beaucoup de succès : les Jeux Olympiques d’hiver sont venus perturber le bon déroulement du voyage tel que je l’avais imaginé. Mais il faut être souple, c’est le secret d’une bonne harmonie. Alors, ai-je le regret de n’avoir pas eu l’idée de me rendre au Canada ? Même pas… nous étions si bien en Scandinavie !
 

mardi 30 août 2016

Dans les Vosges : le tissage (1)

Pour rompre la monotonie du travail du torchis, nous avions choisi de faire un excursion dans les Vosges, dans le secteur de Gérardmer.
 
Nous avons commencé par le Musée du textile des Vosges (8 chemin Vieille route, Col d'Oderen, 88310 Ventron). La visite est absolument passionnante. Les visiteurs commencent seuls, puis, lorsqu'il y a une dizaine de personnes (deux familles), la personne qui tient la caisse rejoint les visiteurs pour faire une visite guidée. Elle nous a expliqué les raisons de l'installation des filatures dans les Vosges (l'eau faisait tourner les turbines), les modes de vie, le travail (des enfants dès 7 ans), les conditions de sécurité (très faibles).
 
Ensuite, passant de machine en machine, et les faisant fonctionner devant nous, elle nous a montré le trajet effectué par une balle de coton pressée jusqu'au fil de couture. Elle nous a donné une mèche de coton et nous a montré comment, en l'étirant et le faisant tourner dans les doigts, une mèche de 15 cm devient un fil régulier et solide de 2 mètres !
 
Le premier étage regroupe les métiers à tisser. Bien entendu, d'abord le métier en bois, puis les métiers mécaniques, y compris les métiers à tisser le jacquard.
 
Enfin, au dernier étage, nous avons pu essayer les différents métiers à tisser mis à disposition, et vu comment on tisse de la ficelle.
 
Nous avions déjà visité ce musée il y a 14 ans alors que j'étais enceinte d'Augustin. Les enfants ont vu (ou revu) ce musée avec plaisir, et comme il y a 14 ans, nous leur avons offert à chacun 5 mètres de ficelle. Certains d'entre eux ont donc à présent deux morceaux de ficelle. Vous ne pouvez imaginer tout ce qu'un enfant peut faire avec un morceau de ficelle...


 
 
(à suivre)

samedi 21 février 2015

Voyage en train

Les voyages forment la jeunesse, j'en ai eu la preuve vivante lors de mon dernier voyage.
 
Figurez-vous que je suis montée dans une voiture presque vide. Je me suis installée dans un carré pour profiter de la table, pour pouvoir terminer mon travail de pro-séminaire sur Saint Thomas d'Aquin. J'ai accroché mon manteau en face de moi, posé la valise sur le siège à côté, mon sac à main proche de moi. Les écouteurs sur les oreilles pour ne plus entendre les bruits du train, et hop, j'ai sorti mes feuilles et je me suis plongée dans mon devoir.
 
Première déconvenue : une invasion d'anglais est montée dans la voiture. De jeunes anglais version 14 ans : bruyants, affamés, excités. Finalement comme n'importe quels jeunes du monde de cet âge, mais en version anglaise. Ils n'ont pas osé s'asseoir dans mon carré, je me suis concentrée sur saint Thomas, et j'ai poursuivi mon travail.
 
Deuxième déconvenue : je sens une présence curieuse toute proche. J'ai l'impression qu'on m'adresse la parole. Je lève la tête et je découvre un couple qui me demande s'il peut s'installer à la place de la valise. Je suis stupéfaite et déconcertée : je ne m'étais pas aperçue que le train s'était rempli et qu'il n'y avait plus de place disponible. En fait, ce qui manquait, c'était une place double. Ils l'avaient trouvée.
 
D'ailleurs, je n'ai pas bien compris pourquoi ils avaient besoin de deux places : manifestement une seule leur suffisait. Puis ils ont émis des bruits, vous savez, des bruits, enfin des bruits quoi. J'ai rangé Saint Thomas, estimant que cette compagnie n'était pas propice à un travail efficace. J'ai sorti le journal emporté de la maison, et je l'ai déplié pour créer un paravent entre le couple prenant une seule place et moi. C'est en tournant les pages que j'ai vu le regard curieux de l'homme, il semblait étonné de ce que je me cache derrière un journal. De ce fait, ils se sont contentés de parler. C'était tout aussi bruyant, mais bruyant autrement.
 
Et puis, j'ai compris que les voyages formaient la jeunesse : c'était un très jeune couple, non par l'âge respectif des partenaires, mais par l'âge de leur couple...

mardi 23 décembre 2014

Le train et moi

J'aime le train, et je déteste le train.
 
Ce n'est pas contradictoire. Une contradiction, c'est être et ne pas être en même temps et sous le même rapport. Je précise donc : j'aime les trains suisses, et je déteste les trains français.
 
En Suisse, on achète un billet, et on prend le train comme on prend le bus : sans réservation. Le train arrive, on monte dedans, et on arrive à destination à l'heure prévue. Le numéro de quai est prévu un an à l'avance, c'est toujours le même pour un horaire déterminé. Les trains sont à l'heure. C'est parfait. Il suffit d'ouvrir son livre et de profiter du voyage.
 
Arrivée à Bâle, je me suis dirigée vers les voies réservées au trains en partance pour la France. Avant la lourde porte qui permet d'accéder aux quais, il me fallait prendre un billet au seul distributeur installé par la SNCF. J'avise la longueur de la queue, je regarde l'horaire, et je me dis que si telles personnes forment un groupe et prennent un billet commun, je pourrai avoir des chances pour prendre mon ticket avant de monter dans le train. Dix minutes pour huit billets. Je m'installe dans la foule et j'observe le distributeur tout en gardant un œil sur la montre.
 
Une dame est à l'œuvre. Mais pourquoi paye-t-elle avec de la monnaie ? Elle introduit une à une les pièces dans l'interstice, récupère son billet et s'en va. Une autre dame s'approche. Elle s'y prend à deux fois pour entrer toutes les données dans l'automate. Elle paye par carte. Il reste six minutes et six clients.
 
Le groupe de trois jeunes s'approche. Au bout de deux minutes, il est temps de payer. Eux aussi ont cassé leur tirelire et enfilent les pièces une à une. Enfin, ils introduisent le dernier sou, c'est alors que je me suis crue à Las Vegas : une pluie de pièces s'est écroulée dans le réceptacle à billets. Tout était à recommencer. La deuxième tentative pour donner les informations à la machine a été plus rapide. Les pièces aussi ont été remises dans la machine. Et une fois encore, les jeunes ont touché le Jackpot. Ils ont pris leur bien et se sont éloignés.
 
Le couple suivant a eu du mal à donner toutes les indications voulues. Il est vrai que lorsqu'on ne connaît pas le fonctionnement de ces machines, c'est un peu le casse-tête.
 
En masse, toutes les personnes qui attendaient leur tour ont préféré se rendre sur le quai pour prendre le train. Tout le monde a remonté le train pour trouver Madame la contrôleuse à hauteur de la première voiture. Tout le monde a expliqué que le distributeur avait été pris d'assaut, et à tout le monde Madame SNCF a assuré qu'elle viendrait encaisser les billets dans le train.
 
Elle a été assez rapide pour s'exécuter. Lorsqu'elle est arrivée chez moi, nous avions déjà passé une gare. Elle a bien voulu prendre ma réduction en compte. Elle a ensuite bien voulu prendre ma carte de payement. Mais sa machine récalcitrante n'a jamais voulu se mettre en marche. N'ayant pas d'Euros ni de chéquier, je n'ai pu payer.  Madame SCNF s'est alors chargée de me dresser un procès-verbal en précisant qu'il fallait appliquer ma réduction et qu'il n'y avait pas faute de ma part à voyager sans billet, puisque j'avais tout fait pour le prendre. Lorsque j'ai eu reçu mon ticket avec les explications "vous recevrez un courrier de la SNCF avec le montant de la somme à payer, suite à quoi vous enverrez votre payement, ce qui vous amènera à recevoir un reçu", nous avions parcouru quarante kilomètres et nous étions arrivés à une autre gare.
 
Compte tenu de la longueur du train, je doute que tout le monde a eu l'occasion de payer son billet ! La prochaine fois, je m'installerai tout au bout et j'attendrai le passage improbable du contrôleur.
 
 

lundi 9 juin 2014

Promenade bucolique


Certains voyageurs écrivent des livres après avoir traversé la moitié d'un pays en train (je pense à ceux qui ont pu emprunter le trans-sibérien). Moi, quand je traverse la moitié de mon pays, je ne fais pas tant d'histoire. Je ne me charge pas de bagage, je n'emporte ni samovar ni nourriture. Je me contente d'un appareil photo, d'un carnet et d'un crayon.

Ce simple bagage me permet de vous présenter le trajet Fribourg-Genève en images... Vous aurez l'essentiel : des montagnes, un lac, un château, des vaches, un drapeau, des camions militaires, des fermes et des routes, des champs et des forêts...