dimanche 17 mars 2013

Il n'était même pas impoli

L'autre jour, je croise un homme dans un couloir étroit. Il se colle contre le mur mais reste de face...

... Il a bien fait, son profil était bien plus encombrant !

vendredi 15 mars 2013

Agent immobilier, le retour !

Je sais que vous attendez tous avec impatience la suite de mes relations avec les agents immobiliers. Le rire vous sied si bien que j'hésitais à écrire un nouveau billet : j'ai trouvé la perle des agents. Vous comprendrez bien qu'il est indispensable à la profession d'avoir en son sein quelques personnes exceptionnelles pour éviter les affirmations abruptes et sans appel : "Ils sont TOUS incompétents".

Une amie m'avait dit : "Si tu veux vendre ta maison, il faut trouver l'agent immobilier qui l'aimera". Oui, mais comment choisir parmi la liste proposée par les pages jaunes celui qui aimera ma maison ? Monsieur Alphonse a lu une petite annonce qui spécifiait que l'agence "parlait alsacien". Tiens, un local, du cru ? Ca pourrait être une bonne idée, d'autant qu'il est indépendant et n'est donc affilié à aucune agence nationale ayant pignon sur rue.

L'agent immobilier est arrivé le 5 janvier pour me dire qu'il était en train de signer la troisième vente de l'année, et que la semaine suivante, il y aurait au moins deux compromis de plus, qu'il ne savait plus où donner de la tête avec le travail alors que ses confrères se plaignent du manque de dossiers. Il a fait le tour de la maison, s'est extasié de tout, du travail de Monsieur Alphonse, de la magnifique bibliothèque, du taux d'isolation, du volume, de l'espace... bref, il me donnait le sentiment qu'il aimait ma maison. Le tour terminé, il m'annonce le prix sans avoir besoin de quatre jours de travail pour évaluer le bien.

Monsieur Alphonse et moi décidons de contracter avec lui, on signe un mandat, sans exclusivité, parce que je déteste être privée de liberté, mais avec ma parole qu'il possède l'exclusivité. Et comme c'est une homme de parole lui aussi, il l'a accepté.

Mais ce n'est pas parce que vous avez trouvé un bon agent immobilier que vous tombez sur des acheteurs potentiels de rêve !


jeudi 14 mars 2013

La librairie idéale

Lorsque je suis venue m'installer à la campagne, j'ai vraiment eu un réflexe de refus : comment peut-on vivre dans un lieu distant de plus de 30 km de la première librairie digne de ce nom ?  Oh, il y a bien deux toutes petites librairies dans les deux bourgs proches, mais les libraires ne sont pas du tout à la hauteur de la situation : ils sont incapables de conseiller leurs clients.

Je me souviens d'une mini-librairie, une librairie de poche, située au pied du château, à Chambéry. Le libraire avait décidé qu'il ferait l'impasse sur tous les prix Goncourt et autres livres à gros tirages, pour se consacrer aux livres qu'il aimait ou qu'il avait envie de faire aimer. Il suffisait de discuter un peu avec lui pour qu'il situe les goûts de son interlocuteur et qu'il propose des livres adaptés. Il pouvait bien se tromper un peu la première fois, mais ensuite, en entendant les commentaires du lecteur, il ciblait mieux les attentes de son client.

Et bien entendu, il pouvait toujours commander (par le minitel pour ceux qui connaissaient cette époque révolue) n'importe quel livre. Je l'ai beaucoup apprécié, et beaucoup regretté le jour où je suis partie.

Une autre librairie, également située en Savoie, mais à Aix-les-Bains, était de la même trempe : deux minutes de discussion avec le libraire : "je vais bientôt accoucher, il me faut un livre qui me passionne, et suffisamment gros pour que je puisse lire durant tout le travail et toute la nuit qui suit". J'ai ainsi lu "Les Aubarède" d'Yves Courrière. C'est une saga d'une famille de cuisiniers, avec l'évolution des méthodes d'apprentissage et des techniques de cuisine. Passionnant...

Mais en général ces micro-librairies ne tiennent malheureusement pas longtemps face aux mastodontes qui leur font face. Et c'est bien dommage qu'il n'y ait plus de lieu où l'on puisse discuter de lectures. Heureusement aujourd'hui les blogs permettent de compenser ce manque.

Pourtant, au Havre, j'ai pu profiter d'une librairie originale. Avant l'arrivée tonitruante de la FNAC, elle a racheté des locaux pour s'agrandir, elle a installé un bar avec des fauteuils et des petites tables au milieu de l'espace, ainsi que de nombreux sièges disséminés dans toute la librairie pour permettre aux clients de prendre leur temps. Sur les tables centrales, il y avait des panonceaux comportant le nom et la photo du vendeur, ainsi que le dernier livre qu'il avait lu avec son commentaire. En-dessous, les livres qu'il avait aimés. Très vite, on pouvait savoir avec quel vendeur on avait des accointances, et ainsi le choix d'un livre devenait plus facile.

Et aujourd'hui ? Loin de la civilisation ?

Il y a bien Amazon qui permet d'acheter par correspondance, mais les livres qu'il est loisible de feuilleter sont encore bien trop rares. Et puis il est difficile de savoir comment passer les livres en revue, comme sur un rayon, pour en retenir un. Après quelques années de pratique, j'avoue devenir très forte à ce jeu-là, et très rares sont les livres que j'achète et qui ne m'intéressent pas. La possibilité de lire les commentaires des lecteurs est vraiment intéressante, mais il faut savoir lire entre les lignes pour se faire une idée proche de la réalité. Un enthousiasme trop violent de la part d'un commentateur n'est pas un gage de bonheur de lire subséquent.

Le dernier livre que j'ai acheté de cette façon m'a beaucoup plu. Il s'agit d'un couple qui se rend dans une maison de retraite pour rendre visite à la mère du mari. Sa femme, Evelyn s'ennuie parce que sa belle-mère l'ignore. Elle se promène alors dans la maison de retraite et rencontre Ninny qui, du haut de ses quatre-vingts ans, de sa pétulance et de sa joie de vivre, va redonner un nouvel élan à Evelyn.

Le livre se déroule au rythme des souvenirs de Ninny, plutôt dans un ordre chronologique, mais parfois elle fait des sauts en avant ou en arrière. C'est tout le charme de ce livre, associé à la renaissance d'Evelyn !

"Beignets de tomates vertes" de Fannie Flagg


mardi 12 mars 2013

Il n'y a pas d'heure quand on a faim



Un ado qui a faim... (oui, je sais, c'est un euphémisme).


Un ado, donc, qui rentre à minuit d'un concert, se met à table sans hésitation (surtout qu'il n'a guère eu le temps de manger avant de partir). 

Pour un ado, manger est un acte sérieux, réfléchi, posé et qui demande du temps.

C'est un acte sérieux parce qu'il constitue la base de l'existence.
C'est un acte réfléchi, parce qu'il s'agit d'avaler le maximum de choses en un minimum de temps.
C'est un acte posé, parce qu'il est indispensable de s'asseoir à table pour se sustenter.

Une fois cette action fondamentale accomplie, il peut envisager de se coucher !


lundi 11 mars 2013

Fondue au fromage



Monsieur Alphonse s'est pris de pitié pour mes lecteurs. "Comment, a-t-il dit, ils attendent impatiemment ma recette de fondue au fromage ? Mais il n'y a pas qu'une seule recette, j'en réalise plusieurs, très différentes les unes des autres. Donc pour cette fois, je livre ma recette de fondue moit' moit', celle qui fait le bonheur et la fierté des fribourgeois."

Cette recette s'appelle moit' moit' parce qu'elle est composé de deux parties égales de fromages réputés dans le canton de Fribourg : le gruyère et le vacherin.

Note pour la culture générale de mon lectorat : le gruyère n'a pas de trou. Dire "Mon agenda a autant de trous que du gruyère" est un non sens. Il faut dire "mon agenda a autant de trous que de l'Emmenthal"

Ingrédients :

150 à 200 g de fromage par personne (150 pour des enfants ou des tous petits mangeurs, 200 pour des gens normalement civilisés)
1/2 vacherin
1/2 gruyère
1 petit verre de vin blanc pour 200 g de fromage (choisir un vin acide comme du Sylvaner, du Fendant ou du vullay, ou tout simplement le remplacer par de l'eau pour ceux qui n'aiment pas le goût du vin)
1 gousse d'ail

Frotter les parois d'un caquelon avec une gousse d'ail, puis jeter le reste de l'ail.
Verser le vin, puis le fromage râpé ou coupé en cubes.
Mettre à feu fort le temps que le caquelon chauffe. Quand le fromage commence à fondre, diminuer le feu et poursuivre à feu doux en remuant sans arrêt jusqu'à obtenir une pâte onctueuse.
Ajouter de la noix de muscade râpée, du poivre, 1 petit verre de schnaps (pour ceux qui aiment).

Servir immédiatement avec des cubes de pain.


La réussite est assurée si : les fromages sont d'excellente qualité, le fromage n'a pas fondu à feu trop fort, sinon la graisse se sépare du fromage. La fondue à fil que l'on peut admirer chez Astérix est signe que le fromage était de médiocre qualité... à méditer...