dimanche 12 mai 2013

Sauvé par Skype

Albert est un garçon qui a toujours aimé lire depuis qu'il sait bien lire, c'est-à-dire depuis l'âge de 9 ans. (Avant cet âge, on sait déchiffrer, on annone, mais on ne prend pas encore de plaisir à lire un livre en entier). A partir de 9 ans, on a toujours vu Albert avec un livre en main, à partir de 10 ans, il en menait deux ou trois de front, à partir de 11 ans, il lui en fallait cinq.

Lorsque nous partions en voiture (lorsqu'on habite en ville, on ne sert de la voiture que pour en sortir, du moins à Strasbourg), j'annonçais aux enfants : "départ dans 5 minutes, préparez-vous". Les plus grands mettaient la tenue indiquée (promenade, visite de musée...) et avaient glissé dans leur sac un livre... sauf Albert qui en avait cinq. C'était indispensable quelle que soit la durée du trajet. "Mais maman, j'ai besoin des cinq livres. Celui-ci, je l'ai presque terminé, il me reste 7 pages à lire. Ensuite, je commencerai celui-là. Et les autres ? Mais j'ai envie de relire le chapitre 12 de ce livre, et la réplique amusante de la page 74 de l'autre, et j'emporte le cinquième au cas où l'autre livre ne me plairait pas".

Que voulez-vous répliquer à de telles affirmations. Le raisonnement est imparable, la logique est cohérente, et finalement tant que les livres ne traînent pas, et qu'il les range dans son sac, je n'avais rien à objecter (la vérité, c'est que je fais de même lorsque je ne conduits pas).

Donc, Albert avait toujours le nez dans un livre. La pire des punitions dans la famille d'Alphonsine était de priver les enfants du moment de lecture avant d'éteindre. Tous les enfants d'Alphonsine aiment lire et lisent beaucoup. Mais Albert est le plus fort dans cet art. Il a lu les 400 livres pour enfants que nous possédons, il a amené Anatole et Ambroise aux joies de la lecture, avec une technique de chantage hautement développée qui m'amusait beaucoup (mais je ne suis jamais intervenue dans les conversations), et il faisait la sélection des livres en m'amenant ceux qui n'étaient "pas moral" parce qu'ils contenaient un gros mot.

Il lisait au réveil, il lisait en s'habillant, il lisait aux toilettes, il lisait dans le bus, il lisait en marchant, il lisait en classe, dans les inter-cours, il a même fait la une du collège lorsqu'il est sorti de sa classe lors d'une alarme-incendie avec son livre à la main qu'il a continué de lire dans la cour de récréation, il a essayé de lire à table, mais là, j'ai mis un holà rédhibitoire. "Le repas est un moment convivial, on participe à la conversation, il est hors de question de lire à table". 

Albert participait à la conversation, et il n'y participait pas. Il lui arrivait d'être très présent et alors très amusant. Mais souvent il était dans ses livres, n'entendait rien, et pour peu qu'il ait quelque chose dans son assiette, il partait dans ses rêves, dans les histoires qu'il s'inventait. On pouvait alors discuter de tout, il n'entendait rien. Et on en arrivait aux aberrations suivantes : "Maman, papi et mamie sont là !" "Oui, ils sont arrivés il y a déjà 1/2 heure, tu n'as pas entendu sonner ?"
Non seulement il n'avait pas entendu sonner, mais de plus, il ignorait absolument qu'il y aurait une visite alors que nous en avions parlé à table.

"Albert sort de tes livres" "Albert, la vraie vie, c'est ici, avec nous" "Albert, as-tu entendu que nous allons avoir de la visite (ou que nous allons partir, ou que nous irons en vacances...)" "Albert, sors de tes rêves" "Albert, vis avec nous".

Lorsqu'Albert est parti étudier en Belgique, nous nous sommes dit qu'il n'y aurait pas grand changement pour lui : ne sachant jamais ce qui se passait autour de lui alors qu'il était à la maison, il ne saurait pas plus ce qui se passerait à la maison lorsqu'il serait loin.

Comme les parents peuvent se tromper... Skype lui a sauvé la vie : Grâce à ce moyen extraordinaire, il écoute lorsqu'on lui parle, et il apprend ce qui se passe à la maison, ce qui va se passer, grâce surtout à sa soeur Amélie qui est une vraie station de radio. Elle lui apprend tout ce qu'il doit savoir et qu'il n'a pas encore appris par ailleurs. A présent lorsqu'il rentre, il fait vraiment partie de la famille !


dimanche 5 mai 2013

Le printemps (6)

Cette semaine, la photo du jeu du printemps est prise en plein soleil :


L'arbre, un mûrier platane, est en fleurs. On ne les distingue pas sur la photo, parce qu'elles sont de la couleur des feuilles. Sur le mur, le rosier grandit, la touffe de lavande grossit. Il y a également un saule, du houblon qui grandit d'heures en heures, et une vigne en tonnelle qui verdit à vue d'oeil. Je me régale...


vendredi 3 mai 2013

Décathlon, c'est pas bon

Décathlon, c'est pas bon. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le réparateur de vélos Décathlon.

J'en reviens... En début d'après-midi, j'ai chargé dans ma voiture deux vélos Décathlon. L'un a appartenu à Albert (il lui appartient toujours mais ne s'en sert plus pour cause d'absence). L'autre appartient à Ambroise. Les deux sont cassés, et Ambroise a dû emprunter le vélo d'Augustin qui est utilisé par Anatole les jours où il emporte sa trompette, parce que sinon il a le vélo offert par Antoinette qui a reçu un nouveau vélo plus adapté à sa taille (le précédent ayant été donné par un ami qui mesure trois têtes de plus qu'Antoinette).

Or, ce matin, j'ai dû emmener Ambroise en voiture parce que le vélo d'Augustin menaçait de faire la grève sur le trajet, ce qui m'aurait obligée à le récupérer au parking du supermarché, mais que je n'avais plus de chocolats suisses à offrir au gentil client qui aurait prêté son téléphone à Ambroise pour m'appeler au secours. A quoi tiennent les choses...

Donc, cet après-midi, j'ai filé droit vers Décathlon, en espérant rentrer avec un vélo réparé, étant bien établi qu'en attendant, Anatole a revissé la partie sensible du vélo d'Augustin pour qu'Ambroise puisse circuler sans risque. Ouf, je partais tranquille.

J'étais accompagnée d'Augustin, ce qui me paraissait plus simple pour faire le trajet voiture-atelier de réparation avec deux vélos dont un à porter.

Le mécanicien vélo examine tout d'abord le vélo d'Ambroise, acheté l'année dernière. Diagnostic : la moitié du prix du vélo, et 8 jours d'attente. Il faut envoyer le vélo à l'agence régionale (on se croirait dans une banque), laquelle est seule compétente pour redresser le bout de cadre tordu qui envoie le dérailleur dans les rayons. Soit.

Il se dirige ensuite vers le vélo d'Albert dont l'axe de la roue arrière s'est brisé net. Il additionne mentalement les réparations à effectuer, et n'ose me donner le chiffre final bien plus élevé que le prix du vélo... "évidemment, c'est un vélo d'entrée de gamme. Ce sont des vélos à usage occasionnels et non à usage fréquent comme vos enfants le font".

Je me suis interrogée sur le sens de l'expression "entrée de gamme". S'agirait-il de "bas de gamme" ?

Oh que non, m'a répliqué le vendeur dédaigneux, mais pour faire du vélo tous les jours il faut y mettre un autre prix.

Je me suis sentie rougir sous l'affront et lui ai fait observer que sa réflexion était humiliante pour moi ; que j'avais 6 enfants et certes pas de quoi acheter un vélo luxueux pour chacun de mes enfants, et qu'en tout état de cause je ne lui permettais pas de juger mes dépenses et mes choix de budget ; qu'il me semblait que Décathlon permettait à tout un chacun d'avoir un libre accès au sport, et que j'avais acheté ce vélo en précisant au vendeur qu'il servirait pour se rendre à l'école, qu'il ne m'avait jamais été dit qu'il s'agissait d'un vélo à usage occasionnel ; que si un vélo devait être réservé à un usage hebdomadaire, les enfants seraient malheureux de regarder leur joli vélo 6 jours de la semaine pour rouler 1/2 heure le septième ; et qu'en l’occurrence je m'interrogeais avec raison sur la déformation du cadre puisque tous les vélos Décathlon avaient ce même défaut.

Bref, pour 130 Euros (qui rappelons-le valent près de 900 Francs) on pourrait espérer une durée de vie plus longue que 2 années. 

Le vendeur était bien embêté : pendant qu'Alphonsine le rappelait à un peu de politesse, son ordinateur était en panne et il n'arrivait pas à sortir la fiche de réparation... il aurait tellement aimé couper court !






mercredi 1 mai 2013

Mauvaise mère

Si Galéa s'est décernée le titre de mère la plus indigne de la région (clic), je me décerne avec raison le titre de la plus mauvaise mère de la blogosphère.

Ce matin, à 8 heures, mon téléphone se met à vibrer dans ma poche. J'étais en train de jouer de la flûte avec l'harmonie à laquelle j'appartiens, en bordure de forêt.
- Maman, tu es où ?
- Augustin, je ne t'ai pas dit que nous avions notre sortie avec l'harmonie ? Nous marchons et nous jouons de la musique dans la forêt. Je suis avec Anatole.
- Mais il y a plein de voiture devant la maison.
- C'est normal, ce sont les marcheurs du premier mai qui se donnent rendez-vous et qui vont partir se promener. Tout est prêt, va prendre ton petit-déjeuner, Antoinette et Ambroise vont bientôt se lever.

Toute à ma joie de refaire une journée bonheur (clic), j'avais oublié d'en informer spécifiquement Augustin, qui a pourtant besoin de certitudes, de repères et d'assurance.

Ce soir, à table, Ambroise, jamais avare d'un bon mot (comme "Antoinette minerve" parce qu'elle est obligée d'en porter une !) explique : "Maman a mal lu l'histoire du petit Poucet.  Au lieu de nous perdre en forêt, c'est elle qui a voulu se perdre... et elle avait même oublié d'emporter les cailloux".

Inutile de vous raconter ma journée. A peu de choses près, elle ressemble à celle de l'année dernière. Ce qui est important, c'est qu'Anatole qui joue de la trompette dans la même harmonie passe une journée exceptionnelle avec tous les jeunes qui jouent avec nous. Il a escaladé une cabane en bois, s'est installé sur une vieille poutre, et a montré à tous les autres comment sauter de si haut. 

Le plus curieux, c'est qu'il a passé la journée avec le pull noué autour du ventre, même pour jouer au basket. Et comme nous sommes dans une association avec un même chef, je pars du principe que je n'y suis pas en tant que sa mère (tant qu'il se conduit comme il faut), et je me refuse à lui faire des réflexions comme : "Mets ton pull, il fait froid" ou "Pose donc ton pull ici, tu seras plus à l'aise pour jouer".

J'ai donc été surprise ce soir lorsqu'il m'a montré son pantalon... un clou mal placé... 


La surprise n'a pas tant été le trou que le fait qu'il soit arrivé à faire un accroc dans un pantalon déjà raccommodé... c'est bien la première fois qu'il ne profite pas d'un pantalon intègre pour le trouer !


mardi 30 avril 2013

Satisfactions



Durant ces vacances, j'ai bien avancé dans les rangements, classements, tris sélectifs de ma bibliothèque. J'ai déjà plusieurs cartons de livres prêts à être donnés à Emmaüs. Mes étagères se sont allégées de l'inutile, il reste encore suffisamment de livres pour notre bonheur et pour notre musculation ! Lorsqu'il s'agira d'empaqueter, ce sera rapide, puisqu'il suffira de prendre les livres et de les ranger soigneusement. 

J'ai fait une coupe sévère dans les vêtements. J'ai décidé de donner cette si jolie chemise à carreaux qu'aucun de mes garçons ne veut porter lorsqu'il a enfin la taille pour l'enfiler. Je me suis séparée de ce pull tricoté de mes blanches mains il y a tant d'années qu'il est déjà revenu à la mode une fois.

Rien de pire lors d'un déménagement que de devoir trier tout en faisant ses cartons. Finalement, très rapidement on est pris par le temps, et on emballe tout sans distinction. C'est ce que je veux éviter.  Et pour l'instant j'arrive à bien me débarrasser de mes affaires ! Je souligne volontairement le "mes", parce que rien de plus facile que de jeter ou donner les affaires des autres ! Lorsqu'il s'agit des siennes propres, il y a tout un tas de facteurs à reprendre en considération : le côté sentimental, l'utilité future éventuelle, le souhait d'attendre encore un peu (pourquoi, nul ne saurait le dire), etc... 

J'ai rangé également 3 mètres du débarras, et j'arrive à tenir le cap de garder 1/3 (voire la moitié) de nos affaires. J'ai tellement souhaité faire le vide que je suis heureuse d'y être contrainte. Les kg qui partent sont comme un allègement. Je me sens à chaque fois plus détendue et plus légère. L'encombrement ne me réussit pas.

C'est donc avec bonheur que je poursuis dans ce sens...