Personnellement, j'ai connu deux pères dans ma vie : le mien, et celui de mes enfants. Tous deux ont un point commun indéniable, celui de DÉTESTER les longs cheveux de leurs filles.
Je me souviens des discussions pénibles entre mes parents, où mon père tentait de faire couper les cheveux de ses filles, et où ma mère faisait la sourde oreille. Mon mari a fait les mêmes tentatives, et j'ai résisté fermement.
Et pourquoi, me direz-vous, les pères sont-ils hostiles aux cheveux longs de leurs filles ?
Réponse : parce que ça bouche les douches et les lavabos.
C'est tout simple, c'est minime, c'est ridicule : tout simplement parce qu'ils n'aiment pas avoir les pieds dans l'eau lorsqu'ils prennent leur douche, ils envisagent de couper court à la situation en tranchant dans les cheveux de leurs filles.
Ma mère, disais-je, faisait la sourde oreille, et mon père pestait. Lorsque nous avons grandi, il nous a demandé d'enlever nos cheveux de la bonde après notre douche, ce que nous faisions consciencieusement, une seule fois, avant d'oublier avec la meilleure bonne fois du monde. Il devait s'en charger lui-même, et nous avons conservé notre chevelure, et lui sa mauvaise humeur lorsque la douche était bouchée.
Avec mon mariage, le souci des cheveux ne s'est plus posé avec mon père, et tout a assez bien fonctionné avec mon mari (mais j'avais les cheveux courts !) Et puis, sont nées les filles, les cheveux ont poussé, elles ont pris des bains, des douches, se sont coiffées au-dessus du lavabo, et le leitmotiv a repris : "il faudrait emmener les filles chez le coiffeur, les longs cheveux, c'est terrible, ça bouche les douches, ça encombre les lavabos..." Il n'a pas eu de chance, Monsieur Alphonse, je connaissais déjà le raisonnement par coeur.
Et puis finalement, après longue réflexion, j'ai voulu mettre un terme à ce problème qui suivait les générations. J'ai donc pris le parti de trancher dans le vif, et de mettre un point final aux douches bouchées. Désormais, Monsieur Alphonse n'a plus à se plaindre de la longueur des cheveux de ses filles et de sa femme. Tout est résolu. J'ai appris à me servir de cet instrument :
Et depuis, je n'ai plus jamais entendu parler de coiffeur pour les filles !