samedi 25 août 2012

Venise la Sérénissime : transports

Les transports à Venise : 



Entre les îles, des canaux... des larges, des étroits, tous remplis d'eau de mer, et bien entendu pour seul courant celui des marées (très faible en cette saison). Cette absence de courant oblige les Vénitiens à curer les canaux. Chaque canal est curé tous les 20 ans. En pratique, les services publics ferment un morceau de canal, le vident et nettoient intégralement le fond avant de le remettre en eau et de poursuivre avec le tronçon suivant. Au bout de 20 années, tous les canaux ont été visités, et ils recommencent leur travail inlassablement, en reprenant depuis le début.









Vous ai-je expliqué qu'il y avait 400 ponts à Venise ? S'ils étaient de plain pied au départ, ils sont actuellement arrondis de telle sorte qu'il faille gravir jusqu'à une dizaine de marches pour se hisser à son tablier avant de redescendre de l'autre côté. Avis aux futurs voyageurs : entraînez-vous dans un club de step's avant de partir !



Tout déplacement se fait en bateau... ou à pied. Il n'y a aucune voiture à Venise, et pour cause, on le comprend bien. Mais de même, il n'y a pas de vélo, pas de trottinette, pas de skate, tous ces moyens sont interdits. Les seuls engins à roues autorisées sont des espèces de grandes brouettes en métal poussées par des hommes qui crient "Attenzione" pour ne pas avoir à ralentir dans leur progression. (Vous voyez sur la photo le chauffeur de taxi qui transporte les bagages de ses clients jusqu'à leur hôtel)



Vous pensez bien que dès lors qu'il s'agit de faire des travaux dans un immeuble situé au centre d'une île, et pourquoi pas au cinquième étage, les prix sont fort élevés puisque tout le matériel sera porté à dos d'homme, voire dans les brouettes. Les bateaux accostent en bordure du canal, contre un ponton prolongé par une ruelle. 





Là où nous avons l'habitude de voir des camions, les vénitiens voient des bateaux :

Les bus : avec le fameux vaporetto



Les taxis :


La police :


Les garde-côtes :



Les poubelles : 

Les marchandises :

Les pompiers, les secours, ambulances... suivent le même chemin. Et l'essence ? Ils vont aux pompes tout comme les véhicules terrestres :


Si vous regardez un plan de Venise, vous verrez qu'un canal plus grand que les autres, "le Canal Grande" serpente dans Venise et coupe la ville en deux. Seuls trois ponts permettent le passage de ce boulevard. Le célèbre "Ponte di Rialto" :



Les boutiques sont installées au milieu de l'escalier. Outre l'escalier central, il est possibles de prendre les deux escaliers latéraux qui permettent d'admirer le canal.

Les touristes ne sont nullement gênés par ces trois seuls ponts. Par contre, les vénitiens qui souhaitent traverser le canal pour faire des courses sont obligés de parcourir de grandes distances pour rejoindre un des ponts. On trouve donc des gondoles de services qui, pour un Euro font traverser les habitants. Nous les avons admirés : d'une part, il faut se frayer un passage au milieu de tous les bateaux : vaporeto, petits bateaux à moteurs, grosses barges... et les passagers voyagent debout.
(malheureusement, j'avais confié mon appareil photo à Albert. Et comme il n'a pas les mêmes centres d'intérêt que moi, vous n'aurez pas la photo adéquate !)

(à suivre)


Venise la Sérénissime : blond vénitien

Le blond vénitien :

Avant cette magnifique journée à Venise, je croyais innocemment que cette célèbre couleur était naturelle, et bien pas du tout, elle est parfaitement artificielle pour la plupart des vénitiennes. Comment procédaient-elles ?

Elles enfilaient sur leur tête un chapeau de paille sans fond mais à très large bord pour protéger le visage et le reste du corps de l'action du soleil. Elles l'enfonçaient à la limite de la pousse de leurs cheveux, et étalaient leur chevelure sur les bords du chapeau après les avoir enduits de pipi de chat. Elles rejoignaient ensuite une terrasse construite sur la toiture de la maison pour les faire sécher au soleil. L'action simultanée de l'ammoniaque contenu dans l'urine du chat et du soleil transformait la couleur de leurs cheveux. Le blond vénitien était né...



(à suivre)



vendredi 24 août 2012

Venise la Sérénissime : les gondoles


Qui pense à Venise pense immanquablement aux gondoles. Elles sont majestueuses, effilées, noires et laquées... Elles sont également infréquentables, puisqu'il faut compter une centaine d'euros pour une demie-heure de promenade. Mais les regarder ne coûte rien, et nous ne nous en sommes pas privés.

Lorsqu'on sait qu'il faut plusieurs années pour construire une gondole (faire sécher le bois en l'incurvant...), on comprend que le prix d'une gondole frise celui d'une Mercedes. Elles ne sont pas symétriques, un des côté étant plus arrondi que l'autre. C'est pour éviter que la gondole ne tourne sur elle-même puisque le gondolier ne rame que d'un seul côté,

Chaque gondole est bâtie pour un gondolier déterminé. Elle est faite sur mesure en fonction de sa taille. Dans des temps depuis longtemps révolus, on en trouvait dans toutes les couleurs possibles. Mais avec la peste du moyen-âge, et les cadavres à sortir de la ville, elles ont été peintes en noir pour prendre des allures de corbillard. En mémoire de cette époque, elles ont gardé la teinte noire. 

Le nombre de gondoliers est réglementé. Lorsqu’il faut renflouer les rangs des gondoliers, un concours est organisé, et ce n’est qu’après trois années d’école que le gondolier peut s’inscrire dans une des corporations et exercer son métier. Il intègre une des corporations de gondoliers de Venise et s'installe dans le quartier réservé à cette corporation.





(A suivre)

jeudi 23 août 2012

Venise la Sérénissime : arrivée

Nous voilà à Venise. Comme convenu, Nadia et son mari nous attendent au bout du quai. Arriver à Venise en train me semble être du luxe, en tout cas, c'est un bonheur incroyable de pouvoir admirer la lagune sans tenir un volant !




Nous sortons de la gare Santa Lucia, traversons le premier pont de la journée, et entourons Nadia qui nous expose par le menu le programme de la journée. Nous souscrivons à tout, et avons hâte de commencer la visite. Mais d'abord, pour bien comprendre la ville, il faut reprendre un peu (tout petit peu) d'histoire :

Venise, la ville aux 120 îles si proches les unes des autres que des canaux les séparent. Les romains, déjà avaient habité ces îles, mais les habitants s’y sont réellement installés lorsqu’ils ont voulu échapper à Attila et à sa horde de cavaliers.

Chaque famille (famille au sens élargi comprenant les aïeuls et les cousins) a pris place sur une île, et chacune a exercé une profession différente : tonnelier, tanneur, tisserand, verrier… et a donné aux rues les noms de leurs professions.

Et il a bien fallu trouver un système pour passer facilement d’une île à l’autre. Des ponts ont donc été construits, souvent de guingois pour pouvoir relier les îles l’une avec l’autre. Au départ, ces ponts, qui sont aujourd’hui au nombre de 500, étaient en bois et plats pour permettre aux chevaux de traverser plus facilement.

Progressivement ils ont été remplacés par des ponts en pierre, et surélevés pour permettre le passage des bateaux.




(A suivre)

mercredi 22 août 2012

Du virtuel au réel


Je vais vous raconter notre visite à Venise. Mais avant de vous raconter notre visite de Venise, il faut que je vous raconte qui nous a fait visiter Venise. Mais avant de vous raconter qui nous a fait visiter Venise, il faut que je vous raconte comment je l'ai connue. Et pour vous raconter comment je l'ai connue, il faut que je vous explique mes débuts sur un forum.

Bref, tout a commencé avec un morceau de Kangourou, ou d'Autruche, je ne sais plus.

Monsieur Alphonse, un jour de l'année 2000, a ramené de ses courses un morceau de viande de kangourou (ou d'autruche). Ne sachant comment le cuisiner, il a fait des recherches sur Internet, et est revenu vers moi avec la recette et un conseil : "Alphonsine, va voir le site qui s'appelle marmiton, il y a un nombre incroyable de recettes, et il est très bien fait".

En femme obéissante (si, si, je parle bien de moi), je me suis rendue sur marmiton.org, j'ai vu, et j'ai été conquise. Après plusieurs semaines à consulter des recettes (la touche "recette au hasard" m'a fait découvrir des recettes inédites), j'ai cliqué sur la touche "forum". N'oubliez pas, nous sommes aux prémices d'Internet. J'ai lu les discussions, beaucoup ri, appris des choses, puis j'ai eu envie d'y participer. Je suis tombée dans la marmite, et les conséquences ont été immédiates : j'y ai passé un temps indéterminable, j'ai piqué des fous-rires, et j'ai fait connaissance de nombreuses personnes. Comme Internet était à ses débuts, il n'y avait pas tant de monde sur le forum, et nous nous y sentions comme dans un salon, à nous raconter nos vies, nos recettes, nos coups de coeurs...

Et puis, arriva ce qui devait arriver : à force de nous connaître, nous avons eu envie de nous rencontrer en vrai. Une première rencontre a été organisée, suivie par de nombreuses autres. Des rencontres avec une trentaine de marmitonnes, ou des rencontres plus restreintes, dans un café pour faire connaissance. En fait "faire connaissance" est erroné. Nous nous connaissions déjà, il s'agissait de découvrir la tête de l'autre et de continuer à papoter comme sur le forum.

C'est ainsi que j'ai appris à connaître des marmitonnes d'Alsace, que je les revoie régulièrement et que nous avons plaisir à organiser des cafés, des ateliers cuisine, des balades (dans les magasins d'alimentation ou d'articles de cuisine).

Et puis, j'ai pris l'habitude, lors de mes voyages de contacter la marmitonne du lieu, et j'ai toujours eu un accueil incroyablement chaleureux, une aide inestimable, un bonheur réciproque de se rencontrer.

Pour celles qui habitent hors de la France, les choses sont moins aisées pour les rencontres marmiton. Mais je n'ai pas hésité un instant à contacter Nadia et à lui rendre visite l'année dernière lors de nos vacances italiennes. Le reste de la famille préférant la plage, j'y suis allée seule. Nadia et son mari m'ont accueillie comme un membre de leur famille. Visite d'Udine, déjeuner somptueux préparé par Nadia, papotages, balade dans une quincaillerie de dimension hors norme (j'y ai acheté mes couverts àsalade), et retour chez les miens.

Cet été, Nadia et son mari son venus en France, ils sont passés à la maison. Monsieur Alphonse a sympathisé avec Ennio, et nous nous sommes donné rendez-vous à Venise lors de nos vacances. Nadia ayant été guide et ayant moult fois fait visiter Venise à des groupes, a gentiment accepté de faire de même avec la famille d'Alphonsine.

Nous n'avons pas eu à regretter ses bons conseils : elle nous a indiqué l'heure de départ du train de la gare la plus proche de notre location, nous a rappelé de prendre nos précautions dans le train avant d'arriver à Venise, les toilettes publiques étant hors de prix, et nous a fait visiter cette ville si belle hors des sentiers battus, à travers les ruelles en nous expliquant avec détails et intelligence les points intéressants. Les enfants étaient accrochés à ses lèvres, ils ont dégusté cette visite, et lorsqu'il a été envisagé de se rendre à Udine la semaine suivante (ce qui signifiait un jour de plage en moins), ils ont sauté de joie !

(à suivre)