Des nœuds dans mon fil

dimanche 23 septembre 2012

Moins deux

Cette fois-ci, c'est officiel, nous sommes passés de 6 à 4. Non pas que les deux autres soient définitivement perdus, mais ils ont quitté le nid familial pour entreprendre des études passionnantes (La création de vêtements pour l'aînée, Capitaine de marine marchande pour le second). L'effet est curieux. On sent leur absence partout, et leur présence est pourtant bien réelle.

L'absence, par le nombre d'assiettes à table, le nombre de lessives, le volume de repassage, la quantité de nourriture à préparer. Le bruit ? Non, les autres se chargent de combler les vides, et la maison est toujours aussi bruyante.

La présence, par Skype. On finit par y passer des heures, et il va falloir se fixer des horaires pour permettre à chacun de poursuivre ses occupations. Mais quelle belle invention : On découvre la chambre d'étudiant de la grande soeur ou du grand frère, on admire la réalisation de couture d'Amélie, les jolies épaulettes toutes neuves d'Armand. On s'amuse devant la planche à repasser de table, la minuscule casserole ("Tu es bien sûre maman de vouloir m'acheter une casserole de cette taille ? Je ne vais quand même pas faire de la dînette"... "Mais si, justement").

Je reviens d'Anvers. (Prononcer AnverSSS comme les belges). La ville est magnifique, et les belges flamands bien plus sympathiques que ce qui m'avait été annoncé. "Si tu ne parles pas néerlandais, tu n'obtiendras rien". C'était sans compter sur la réalité, et peut-être la façon de faire d'Alphonsine : j'abordais les gens avec le néerlandais du petit guide pratique de conversation, et mes interlocuteurs étaient soulagés lorsque je parlais ensuite le  français ! Une fois qu'ils avaient compris le message, ils me répondaient soit en français, soit en néerlandais (qui est une langue somme toute facile à comprendre lorsqu'on a des bases en allemand et en anglais, mais bien compliquée à parler dès lors qu'on dépasse la conversation de base).

Bien sûr, je suis tombée sur des obstinés, mais finalement c'était sans conséquence. Et ils ne faisaient pas le poids face à tous ces gens si gentils et si empressés qui nous ont aidés au maximum.

S'inscrire dans une ville belge relève de la patience la plus sûre : il faut compter 3 semaines de démarches : on dépose un formulaire détaillé à l'hôtel de ville, un agent de police se rend ensuite au domicile pour vérifier l'exactitude des informations. La personne est alors convoquée à la mairie, puis elle reçoit son certificat d'habitation.

Ce certificat est en principe nécessaire pour toutes les démarches subséquentes. Mais comme nous ne pouvions pas attendre pour procéder à l'ouverture d'un compte en banque, nous avons trouvé une agence qui a dressé les papiers sur la foi du contrat de bail et du certificat de scolarité.

J'ai fait les magasins avec Armand, nous avons passé tous les rayons en revue pour qu'il apprenne à comparer les prix et j'en ai profité pour lui donner des idées de menus. J'espère qu'il a un ordinateur dans sa tête, parce que je l'ai bourré d'informations en un minimum de temps. Mais Skype viendra à son secours...

Nous nous sommes occupés de sa douche bouchée, en attendant, je lui ai indiqué les adresses des piscines d'Anvers. Il a repassé sa chemise devant moi, je lui ai donné les derniers conseils. Nous n'avons pu examiner le lave-linge, le propriétaire avait oublié de nous remettre les clefs de la buanderie. Il fera une photo du tableau de bord, et je lui indiquerai les programmes de lavage à utiliser ! Vive Skype !

Quelle joie de les savoir heureux dans leur destinée. On leur a donné le maximum de nos capacités durant une vingtaine d'années. On a tenté de leur insuffler nos convictions. A eux à présent d'en faire bon usage ! 



10 commentaires:

  1. Deux en moins d'un coup, ce doit être un peu rude.
    Mais quelle belle réussite qu'un envol réussi...

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  2. Et je suis sûre que vous avez fait du bon boulot et qu'ils trouveront très vite leurs marques dans leur nouvelle vie. Et toi ???

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  3. le prophète a dit
    les parents sont les archers , les enfants ,les flèches et le devoir de l'arc est d'envoyer la flèche loin et tout droit...vous avez super réussi, et je sais combien est dur le premier départ loin du cocon, j'en avais beaucoup pleuré , mais quelle réussite , bravo super maman , et bon vent à tes 2 jeunes
    sissi

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  4. Très touchant, la fin de ton billet...

    Je souhaite beaucoup de succès à tes deux grands. Ils s'engagent dans des formations passionnantes et la vie à l'étranger sera très instructive pour eux.

    Bon courage à Monsieur Alphone, à toi-même et aux quatre autres enfants pour cette nouvelle dynamique familiale.

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  5. Quelle satisfaction de les voir partir sereins vers l'avenir!

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  6. Bonne route, les grands!! Quant à la maman, cela ne doit pas être simple, petit à petit, inventer autre chose...

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  7. On a beau s'y attendre, ce n'est jamais facile de les voir partir, même si on les sait heureux. Bravo à tous pour cet envol et bon vent aux jeunes.

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  8. C'est beau aussi de voir qu'ils deviennent de jeunes adultes épanouis... même si devoir les laisser affronter les affres du quotidien n'est pas forcément aisé.. Je leur souhaite à tous les 2 beaucoup de réussite dans les voies qu'ils ont choisies !

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  9. Très touchant cet article !

    En te lisant, je me suis dit que, décidément, je n'étais pas pressée de les voir partir mes enfants.

    Mais bon, heureusement, cette perspective est encore relativement lointaine vu que je n'en ai pas !

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  10. Bonjour
    je te lis régulièrement ( surtout sur marmiton a la base) et la
    je me reconnais bien dans tes écrit on est passé de 6 a 5 et en fait 7 et maintenant huit
    tu l'auras compris on ne les perd mais ils reviennent avec une moitié et un petit en prime
    sois fière de ta tribu elle est magnfique
    Carmen alias woolfie

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