Ils l'ont bien méritée, non ?
Ce soir, je les ai emmenés manger une glace pour les remercier de leur patience. Il leur en fallu parfois, une mère étudiante, ce n'est pas de tout repos. Néanmoins, Antoinette m'a dit son étonnement parce que les repas ont continué à être assurés tout le long de l'année, y compris à midi. Augustin a pesté parce qu'il n'avait plus de pull propre, mais s'il avait placé dans la corbeille les pulls qui jonchaient son sol, il aurait été assuré d'en retrouver dans son placard. Anatole s'est inquiété de mes notes puisque c'est l'inquiétude que j'ai à leur encontre, ce n'était que justice qu'il examine avec soin les miennes. Ambroise est content de voir la fin et espère ne plus avoir à s'asseoir à côté de moi pour travailler, ce qui lui laisserait une plus grande latitude de jeu si j'oublie de l'appeler pour faire ses devoirs. Quant à Amélie et Albert, leurs SMS de soutien m'ont montré tout leur attachement.
Mais celui qui a fait montre de la plus grande des patiences c'est Monsieur Alphonse qui, résigné, m'a entendue exposer avec constance mes craintes quant à la réussite de mes épreuves. "Ma chérie, mets la barre un peu moins haut, tu réussiras, tu n'es pas obligée de cartonner". Il me dit ça, mais qui se ressemble s'assemble...
Bref, j'ai TER - MI - Né. C'est fini pour cette année, et je suis officiellement en vacances.
Officiellement. Parce que j'entends l'aspirateur qui hurle dans le placard : "Alphonsine, donne-moi à manger, je suis affamé, ça fait 15 jours que j'attends des poussières, des miettes, des bouts de papier, des moutons et des saletés". Lui fait écho le fer à repasser : "Alphonsine, tu as eu bien de la chance d'avoir durant ces 10 derniers jours, un temps d'hiver qui succédait à un temps estival, tes enfants ont eu des vêtements repassés dans leurs placards. Mais à présent je t'attends de pied ferme pour vider les 6 corbeilles qui t'attendent".
Voilà donc mon premier projet : remettre ma maison à flot.
Et puis viendra ensuite la liste de mes projets : terminer la table de nuit en carton d'Augustin, faire de la philosophie pour tenter de combler mes lacunes, prendre de l'avance sur l'année universitaire à venir pour être plus sereine quant à mes chances de réussite....
N'empêche, ma plus grande fierté c'est le latin : je ne connaissais que la première déclinaison en arrivant à l'université, et je sais reconnaître un ablatif absolu et un subjonctif plus que parfait. Promis, je vais continuer à entretenir ce savoir chèrement acquis !