mardi 30 septembre 2014

Il existe mais n'est pas là

Avez-vous déjà rencontré des hommes qui ont une existence réelle : ils sont là, devant vous, mais en fait, ils ne sont pas là du tout. Ils possèdent comme un double cerveau : celui qu'ils vous consacrent, qui leur permet de converser intelligemment avec vous, et un autre, celui qu'ils vous cachent mais que vous sentez bien présent, c'est celui où ils vivent.

J'ai un professeur de latin qui appartient pleinement et sans discussion à cette catégorie. Physiquement, il est grand, porte une veste élimée, une chemise, et un pantalon qui fait des franges au bas des jambes, et au niveau des poches. Il est très propre, mais tout simplement, semble se fiche éperdument de ce qu'il porte. Là n'est pas son existence.

Il répond à vos questions, expose la grammaire latine avec intelligence et pédagogie, son cours est un véritable bonheur. Néanmoins, je sens bien que son esprit vogue sur les eaux des langues anciennes, qu'il compare les formes et les structures grammaticales de toutes les langues qu'il connaît tout en faisant cours. Parfois, en levant la tête, je le vois, le regard au loin. Lui-même est si loin de cette salle, dans des sphères tellement hors de nos préoccupations. Il est surprenant, et tellement compétent... 


jeudi 25 septembre 2014

Où l'homme des cavernes est en prise avec la technicité

Vous souvenez-vous CLIC que je vous confiais devoir m'adapter aux moyens modernes des nouveaux étudiants. Forte de cette volonté, j'ai subtilement interrogé un professeur à propos d'un sujet à rendre : "Voyez-vous, j'ai effectué mes études à l'époque du papier et du stylo. Nous écrivions tout à la main. Quels sont les usages actuellement ? Souhaitez-vous que je vous rende le travail tapé ?"

Il a refréné un sourire, je l'ai bien vu. Une étudiante, toute jeunette qui se trouvait dans mon champ de vision a caché sa mine réjouie derrière l'écran de son ordinateur portable. Le professeur m'a proposé de faire comme bon me semble, en me précisant qu'il avait une préférence pour le papier imprimé. Soit. 

J'ai commencé à rédiger mon devoir ce soir. Et puis, j'ai appelé Antoinette : "Comment trouves-tu ma présentation ? Est-ce bien ainsi ?" "Non, il faut mettre ton nom en entête, et puis la date ici, et puis ça comme ça". Elle m'a tout organisé. Ouf, je n'aurai pas l'air godiche. Déjà que je suis la seule à écrire au stylo à encre !!! 


mercredi 24 septembre 2014

Tag positif troisième jour

Voici arrivé le troisième et dernier jour du tag défi positif. 

- Ce matin, en allant en cours, j'ai croisé une dame qui revenait du marché avec une grappe de physalis à la main. La couleur orange m'a fait oublié que le soleil n'avait pas encore dardé ses rayons !

- J'ai eu un cours de latin fantastique. Il faudra que je vous parle de mon professeur un jour. 

- Et c'est mercredi, je n'ai pas cours cet après-midi, et je vais pouvoir profiter de mes deux derniers garçons, et faire des courses avec le plus jeune.

Voilà pour ce défi. C'est terminé. Et puis c'était trop trop facile. Alors bien sûr, j'ai aussi des nuages dans ma vie, mais ils ne m’intéressent pas. Je ne les regarde même pas. Et dès que je peux, je les transforme en positif. C'est quand même plus amusant comme ça ! Qui prend le relais ?


mardi 23 septembre 2014

Tag positif - 2ème jour

Pour continuer ce tag défi positif qui dure 3 jours, il faut que je parle de ce qui a illuminé ma journée. C'était un soleil !

... en premier lieu parce qu'il y a vraiment eu du soleil, et que mon coeur se dilate chaque fois que le soleil brille.

... en deuxième lieu, parce que les cours de la journée étaient exaltants.

... en troisième lieu, parce que Augustin a merveilleusement fait ses devoirs.

Il y aurait encore tant à dire de ma belle journée... Suite à demain !

La préhistoire et les temps modernes

Je vous l'ai avoué ICI, je me suis inscrite à l'université. En Suisse, n'entre pas qui veut à l'université. Il faut un baccalauréat (également appelé maturité), et s'il est français, il doit avoir été délivré avec une mention assez-bien au minimum.

Du fait de la prescription extinctive de la publication des notes du bac, je ne peux vous confier la hauteur de ma moyenne. Et puis quelle importance, puisqu'il est possible également de produire ses diplômes universitaires en y joignant un curriculum vitae qui aura pour fonction d'expliquer pourquoi il y a un "trou" entre votre dernier diplôme et votre inscription.

J'ai donc fait main basse sur mes diplômes, je les ai classés par ordre inversement chronologiques, protégés dans une chemise en carton de format A3 (en France les papiers sont encombrants), et confiés au secrétariat de l'université. J'y ai joints un CV mentionnant la rubrique : après ma démission de l'ordre des avocats, j'ai accueilli un à un, les six enfants qui sont venus agrandir notre foyer.

Quelques jours plus tard, j'ai eu un mail me demandant de donner mes notes semestrielles. C'est à ce moment-là que j'ai compris que j'appartenais à la préhistoire. Mes diplômes datent d'avant les accords de Bologne, à une époque où on écrivait ses devoirs à la main, et où on était interrogé sur des matières annuelles. J'ai légèrement frémi en me demandant si je pourrai passer la barrière de la commission, et c'est avec soulagement que j'ai reçu la confirmation de mon inscription. Les diplômes préhistoriques sont reconnus.

Mais la préhistoire me poursuit : à mon époque désormais révolue, on allait recopier son emploi du temps à partir du tableau d'affichage, on prenait ses cours en notes, et on n'entendait pas les bruits de clavier autour de soi, on ne passait pas son temps à fouiller les sites de l'université pour savoir où s'inscrire aux cours, comment trouver les renseignements, dénicher les documents, on n'avait pas d'adresse mail, on rendait des manuscrits et on faisait ses recherches en bibliothèque à partir de fichiers composés de petits bristols classés dans des tiroirs.

C'était la préhistoire. Heureusement, grâce à la tenue de mon blog, j'ai eu accès aux temps modernes, et je ne suis pas totalement désemparée devant la nouveauté !