vendredi 28 octobre 2011

La souris et la grammaire

Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi le mot "souris" s'écrit toujours avec un "s", même au singulier ?

- Spécificité de la langue française, me direz-vous, elle comporte une multitude d'exceptions.

- Certes, répondrais-je, mais en l'occurence, il s'agit d'une exception logique :

En réalité, une souris n'est jamais seule. Même si on n'en voit qu'une seule, on peut être certain qu'elle est suivie par une colonie. D'où le pluriel !

Comment puis-je en être certaine ? Facile :

Dans mon précédent billet "Recherchons le joueur de flûte d'Hamelin", je vous faisais part de notre désolation devant l'envahissement des murs de notre chambre par une souris. Mon mari a pourtant sorti la grande batterie : tapettes garnies de noix appétissantes, sachets de délicieux poison, petites graines pour souris gourmandes. Nos murs et notre plafond sont devenus un véritable garde-manger. Et pourtant, la souris court toujours.

Elle court vers 22 heures, fait une petite sieste, et reprend son activité vers 4 heures du matin. L'autre matin, elle s'est exercée aux sauts périlleux : triple salto arrière, suivi d'un double salto avant. L'atterrissage ne se faisait pas en douceur, la réception sur la poutre en bois nous a réveillés.

Monsieur Alphonse a percé une ouverture ronde dans le placo du plafond, il a glissé une tapette, des sachets, des graines, le tout avec des gants pour que son odeur soit masquée (vous noterez en passant que nous sommes vraiment des pros). Il a replacé le bouchon, scotché le tout à l'aide d'un gros scotch gris. Il a également percé le mur derrière l'armoire, derrière sa table de nuit. L'autre soir, grand bruit, chute sur ma table de nuit, hurlement d'Alphonsine, mots tranquillisants de Monsieur Alphonse "Mais enfin, il ne se passe rien". "Comment rien ? Allume pour voir ce qui est tombé, si c'est la tapette avec la souris je fais une crise cardiaque". J'ai échappé à la crise cardiaque : ce n'était que le bouchon dont le scotch tenait mal. Nous avons cherché l'agrapheuse et remis le tout en place.

Hier, Monsieur Alphonse est allé inspecter ses pièges : la tapette avait fonctionné, mais la noix était toujours là, et la souris absente. Les sachets avaient été dévorés, le poison avait dû agir... mais la souris trotte toujours.

D'où ma conclusion : Souris même au singulier signifie toujours un pluriel !


mercredi 26 octobre 2011

Fille ou garçon ?

Il y a peu de temps, un garçon d’Alphonsine a reçu un train électrique parce qu’il avait 10 ans, et que tous les garçons d’Alphonsine ont reçu un train électrique pour leurs 10 ans.

Il faut dire qu’ils passaient d’un âge à un chiffre à un âge à deux chiffres, et qu’il leur faudra attendre encore 90 ans pour passer au nombre à trois chiffres. C’est pourquoi l’anniversaire des 10 ans est si important dans la chaumière d’Alphonsine. Et qu’offre-t-on à un grand garçon ? Un train électrique !!! CQFD !!!

Donc, Anselme a reçu un train (ça, on l’a compris). Il a sorti les rails de l’emballage, a monté le circuit, a installé la locomotive et les wagons et a mis le train en marche.

Et c’est là qu’Alphonsine s’est étonnée : comment peut-on regarder tourner un train sur un tout petit circuit avec autant d’endurance, de performance et de détermination. Rien ne peut détourner son regard et son attention. « Maman, viens voir ». Je suis allée voir, c’est sûr que c’est sympa de voir tourner un train. J’ai tenu longtemps : trois tours, puis je suis allée m’occuper ailleurs. Il a appelé ses sœurs, même attitude. Il a fait venir ses frères, en fait, inutile de les faire venir, ils étaient déjà là, bien présents à regarder tourner, inlassablement le même train composé de la même locomotive et des mêmes wagons sur le circuit ovale.

Le soir au dîner, j’ai subtilement interrogé les enfants et leur père, et j’en ai déduit qu’il y avait les filles et les garçons. Que les garçons aiment voir tourner un train, alors que les filles ont d’autres centres d’intérêt !!!


vendredi 21 octobre 2011

Le plus beau pull du monde

Que faire lorsque le plus beau pull du monde est qualifié par maman de "Pull pour la famille Fenouillard ?"

Il faut alors plaider, implorer, supplier, demander qu'elle le lave "juste une fois encore", tenter de le cacher, de le mettre le matin, de l'enlever le soir et de le poser dans un endroit où elle ne le trouvera pas, de le remettre le lendemain, d'affirmer qu'il est impossible de l'enlever en journée puisque c'est le seul pull que le pauvre chéri a dans son armoire.

Alors, devant tant de supplications, maman Alphonsine cède pour une fois encore. Elle rougit presque de honte lorsqu'elle sort le petit chéri dans son si joli pull, transparent tellement il a été porté.



Elle tente quand même de faire disparaître le pull, lorsque, par exception, elle est arrivée à le laver. Mais toujours l'instinct du possesseur lui fait retrouver son bien.

Et puis un jour, elle a une idée de génie : "je vais découper le petit ours et te le coudre sur ton sac de judo. C'est une bonne idée, non ?"

Anselme, bien conscient que c'est ça ou la poubelle, accepte la mort dans l'âme. Il reste présent lorsque les ciseaux approchent du pull, son coeur saigne de le voir découpé, puis il contemple stupéfait le petit ours posé à côté du pull, cette fois vraiment hors d'usage.

Vite, vite, maman le pose sur le sac, et le coud en place. Voilà un beau sac de judo, Anselme est consolé, la vie retrouve tout son éclat !




Deuxième version : celle de Spirou découpé dans un sweet-shirt et cousu sur le sac d'Aloyse :








J'en ai un chez moi !!!

Lorsque j'étais au Lycée, il y avait dans ma classe un garçon qui planait. "J'ai oublié de venir en cours". Nous rigolions franchement devant une telle absurdité. Comment peut-on oublier de venir en classe ???

Je ne me souviens plus de son nom, ni de sa tête. Mais je me suis souvenue de lui aujourd'hui, à 13.50 heures. Arthur vient me voir, le manteau dans une main, l'écharpe et le sac dans l'autre : "Maman, j'ai oublié d'aller en cours d'allemand, j'ai révisé mes maths pour l'interro.
- Tu veux que je signe un billet de retard ?
- Non, c'est une absence qu'il faut signer, j'ai une heure de retard... Je vais avoir l'air fin lorsque je dirai que j'ai oublié de venir..."

J'en ris encore... je le savais rêveur, mais à ce point...






jeudi 20 octobre 2011

Lectures

Le garçon qui regardait passer les trains :

C'est un beau livre de quelques pages, si court qu'il ne permet de faire aucun commentaire sous peine de trahir la pensée de l'auteur.
Jean d'Ormesson a écrit dans un style d'écriture compréhensible des enfants, mais il s'adresse manifestement aux adultes. "Le petit Prince" de Saint-Exupéry ou "Livingston le Goéland" de Michel Bach sont de la même veine et sont à mettre en parallèle : soit on les lit comme une belle histoire, soit on en tire une philosophie. Et ce texte nous entraîne dans des heures de méditation...

"Le garçon qui regardait passer les trains" de Jean d'Ormesson

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates :

 Les premières pages de ce livre sont si mal traduites qu'on hésite à poursuivre la lecture, et la tentation est grande de refermer définitivement le livre. Et puis, par manque de décision, on poursuit la lecture, et on se laisse prendre par le récit (peut-être que le traducteur a enfin, lui-même accroché au livre).
Le reste se lit d'une traite... on s'attache à chacun des personnages, et on a du regret à devoir les quitter à la dernière page.

"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. 

Le capuchon du moine :

Roman policier qui se déroule dans une abbaye bénédictine du Moyen-Age. Agréable à lire. J'ai passé un bon moment.

"Le capuchon du moine" d'Ellis Peters