J'aime prendre le train. J'aimais prendre le train à l'époque révolue où on prenait le train comme un bus : "Tiens, si je rentrais à la maison ? On se rendait à la gare après une journée de balade, et on prenait le premier train qui se présentait..." C'était si facile !
Désormais les progrès, la technique, le souhait de mieux servir le pauvre voyageur soumettent une pression inégalable sur ce même voyageur. En tout cas, je suis sous pression à partir du moment où je commande mes billets. D'abord sur le prix à payer. Ensuite, je me dis que tout retard est punissable immédiatement par l'impossibilité de se faire rembourser le billet, et l'obligation d'en racheter un autre pour le train suivant. Rédhibitoire .. Ne pas être en retard devient alors un leitmotiv... Quelle pression.
Et puis, il faut bien le dire, à l'époque où l'on pouvait voyager sans réservation, les trains étaient ponctuels. C'était le slogan de la SNCF "les trains français sont à l'heure". Ils avaient une reconnaissance mondiale sur ce point là. Les meilleurs.
Je déplore un peu que cette Société de transport n'ait pas eu à coeur de garder la primauté sur ses horaires. Certes, les trains ne partent jamais en avance, mais il y en a tant qui partent avec un retard conséquent.
Alors, si le seul but du voyage est de se déplacer d'un point à un autre, sans aucune contrainte de temps, il est possible de prendre le train. Dans le cas où une correspondance est prévue, il vaut mieux préserver son quota de temps, et choisir un horaire qui laisse une large marge de manoeuvre. Sinon, on vit son voyage comme sur un trampoline (voir ICI pour mon trajet estival).
Hier j'ai pris le train (j'étais restée dans notre maison pour y faire des confitures, et je devais rejoindre ma famille en Suisse). La veille, j'ai demandé à des voisins bien sympathiques s'ils pouvaient me déposer à la gare. "Bien entendu, mais sais-tu qu'il y a une annonce de grève ?" J'avais oublié ce détail... Après un coup d'oeil sur le site de la SNCF, j'ai été moyennement rassurée, mais il me semblait que le train que j'avais choisi devait rouler... Bon. Au fond, peu importe, je voyage avec Albert, il nous suffira d'emporter un pique-nique et un énorme livre au cas où nous resterions bloqués dans une gare en Alsace.
Le train est parti à l’heure, la correspondance était ponctuelle à Sélestat,
nous avons changé de train sans encombre à Bâle, et à nouveau à Berne, et nous
sommes arrivés à l’heure espérée à Fribourg ! Je suis assez étonnée d’avoir su
dompter la SNCF en période de grève ! Et finalement elle pourrait être en grève
plus souvent : au moins les trains qui circulent sont à l’heure !!!