mercredi 11 septembre 2013

Les trains et moi

J'aime prendre le train. J'aimais prendre le train à l'époque révolue où on prenait le train comme un bus : "Tiens, si je rentrais à la maison ? On se rendait à la gare après une journée de balade, et on prenait le premier train qui se présentait..." C'était si facile !

Désormais les progrès, la technique, le souhait de mieux servir le pauvre voyageur soumettent une pression inégalable sur ce même voyageur. En tout cas, je suis sous pression à partir du moment où je commande mes billets. D'abord sur le prix à payer. Ensuite, je me dis que tout retard est punissable immédiatement par l'impossibilité de se faire rembourser le billet, et l'obligation d'en racheter un autre pour le train suivant. Rédhibitoire .. Ne pas être en retard devient alors un leitmotiv... Quelle pression.

Et puis, il faut bien le dire, à l'époque où l'on pouvait voyager sans réservation, les trains étaient ponctuels. C'était le slogan de la SNCF "les trains français sont à l'heure". Ils avaient une reconnaissance mondiale sur ce point là. Les meilleurs.

Je déplore un peu que cette Société de transport n'ait pas eu à coeur de garder la primauté sur ses horaires. Certes, les trains ne partent jamais en avance, mais il y en a tant qui partent avec un retard conséquent.

Alors, si le seul but du voyage est de se déplacer d'un point à un autre, sans aucune contrainte de temps, il est possible de prendre le train. Dans le cas où une correspondance est prévue, il vaut mieux préserver son quota de temps, et choisir un horaire qui laisse une large marge de manoeuvre. Sinon, on vit son voyage comme sur un trampoline (voir ICI pour mon trajet estival).

Hier j'ai pris le train (j'étais restée dans notre maison pour y faire des confitures, et je devais rejoindre ma famille en Suisse). La veille, j'ai demandé à des voisins bien sympathiques s'ils pouvaient me déposer à la gare. "Bien entendu, mais sais-tu qu'il y a une annonce de grève ?" J'avais oublié ce détail... Après un coup d'oeil sur le site de la SNCF, j'ai été moyennement rassurée, mais il me semblait que le train que j'avais choisi devait rouler... Bon. Au fond, peu importe, je voyage avec Albert, il nous suffira d'emporter un pique-nique et un énorme livre au cas où nous resterions bloqués dans une gare en Alsace.

Le train est parti à l’heure, la correspondance était ponctuelle à Sélestat, nous avons changé de train sans encombre à Bâle, et à nouveau à Berne, et nous sommes arrivés à l’heure espérée à Fribourg ! Je suis assez étonnée d’avoir su dompter la SNCF en période de grève ! Et finalement elle pourrait être en grève plus souvent : au moins les trains qui circulent sont à l’heure !!!


samedi 7 septembre 2013

"Je vais me plaindre"

Les rencontres des blogueuses sont toujours riches d'enseignement. Courant juillet, j'ai eu la très grande joie de faire la connaissance de Ginger. Enfin, je dis la connaissance parce que je ne trouve pas de terme mieux adapté, alors que je la connaissais depuis deux ans déjà. 

Nous avons passé notre après-midi à bavarder, et le temps nous a manqué pour poursuivre nos échanges. Gentiment, elle m'a demandé des nouvelles de ma famille (ça a pris du temps vu le nombre). Lorsque j'en suis arrivée à parler d'Ambroise, je lui ai expliqué combien ce garçon était drôle, et parfois agaçant parce qu'il choisit une phrase qu'il va répéter inlassablement à tort ou à raison tout au long de la journée. La phrase de juillet (qui était celle de fin juin et qui perdure encore de nos jours) est la suivante : "Je vais me plaindre". A quoi je répondais invariablement "A qui ?" Il restait sans voix mais pour quelques secondes seulement.

Ginger, très fine, me suggère d'ouvrir un cahier de plaintes. Ambroise saura dorénavant à qui se plaindre ! Je me suis empressée de choisir un joli cahier que j'ai intitulé "Main courante"


Et à présent lorsque j'entends "je vais me plaindre", je réponds "il y a un cahier pour ça !"































Ce cahier est en évidence sur la table du salon...

vendredi 6 septembre 2013

Mais où est-il allé se nicher ?

L'autre jour, Augustin jouait au badminton. D'un coup, il éclate de rire : "Regardez où est le volant, je n'arrive pas l'attraper !"

Le voyez-vous dans l'angle ?




PS : Inutile de faire des réflexions saugrenues sur le ménage. D'abord, le ménage n'est pas une passion pour moi. Ensuite, nous sommes ici à l'extérieur, et c'est le lieu d'habitation des petites bêtes utiles à la création. Et enfin, si j'avais pris le temps de nettoyer les extérieurs, vous n'auriez jamais pu admirer un si joli filet !!!

mercredi 4 septembre 2013

Le sens du déroulement

S'il y a un endroit où je me pose à chaque passage la question du sens du déroulement, c'est bien dans les toilettes publiques. Est-ce que cela n'arrive donc qu'à moi ? Je ne le crois pas.

Dérouler le papier d'un dévidoir tient du suspense le plus profond : vais-je pouvoir trouver le début du rouleau ? Et vais-je d'ailleurs pouvoir atteindre le papier sans m'arracher la peau de la main sur les dents du dévidoir ?

C'est donc délicatement que j'introduis ma main dans la machine infernale, du bout des doigts que je tâte le papier dans l'espoir de pouvoir saisir l'extrémité du rouleau. Il n'est jamais là où il devrait être. Je commence alors le lent mouvement de manège en faisant tourner le rouleau dans un sens pour pouvoir décoller le papier. Après avoir suffisamment tourné dans un sens, je désespère et je tente ma chance dans l'autre sens.

C'est tout un art, que de savoir tourner, dans le bon sens d'abord (mais là, c'est plutôt une question de chance), et à la bonne vitesse ensuite : Tourner vite ne sert à rien, on n'a pas le temps de sentir la différence de dénivelé du papier. Tourner lentement n'est pas plus efficace : on ignore si on a déjà fait un tour entier ou non.

Enfin, je le tiens ! Mais il est trop tôt pour crier victoire. Dans le meilleur des cas, si je tire un coup sec, je déroule en une seconde la moitié du rouleau. Un peu excessif, non ? Dans la plupart des cas, si je tire un coup sec, je n'obtiens que 2 cm² de papier coincé entre le pouce et l'index. Je reprends la valse du papier parce qu'entre-temps j'ai oublié le sens du déroulement, et cette fois, je tire soigneusement et lentement pour pouvoir gérer la longueur nécessaire sans déchirure intermédiaire.

Mais même dans ces cas je ne grogne pas : au moins il y avait du papier !


mardi 3 septembre 2013

Et maintenant ?

Tirons un trait sur ces vacances scandaleuses (CLIC). Dans l'absolu, c'est vite dit. En réalité, ne nous leurrons pas, nous avons été très marqués par cet accident. Un mois s'est écoulé, et nous nous remettons doucement. Monsieur Alphonse a toujours son attelle au bras, et récupère lentement, même si le chirurgien trouve qu'au contraire les choses avancent plutôt vite.

Nos cauchemars faits d'accidents de bateaux, de voitures, de crashs d'avions, laissent place à des rêves pénibles. Je cite ici Ambroise qui seul sait mettre les mots exacts sur les situations : "... et moi j'ai fait un rêve tellement compliqué que je n'y ai rien compris !"

Nous avons conscience que nous sommes des miraculés. Quelle sensation étrange de recevoir la vie pour la deuxième fois.

Je n'arrive plus à lire. Les enfants m'ont mis "Jurassic Park" et "Fantômas" dans les mains, mais je les ai reposés : "Ces livres sont fades, ma vie est autrement plus trépidante que ces romans".

J'ai regardé "Rebelle" avec les enfants, et ils riaient de me voir sauter dans mon fauteuil à l'apparition de l'ours. J'ai passé mon temps, crispée sur mon fauteuil, angoissée à l'idée de ce qui pouvait arriver à la reine, et j'ai sursauté à chaque action un peu mouvementée. Donc, exit les films.

Je lis des livres de cuisine : c'est reposant. Mais je ne peux mettre en pratique les recettes qui m’intéressent, n'ayant qu'une plaque pour cuisiner. Vous vous souvenez (ICI) que mon four a pris feu.

Je lis des revues instructives. Au moins dans ces textes, il n'y a pas d'accident, pas d'aléa, pas de stress. Et puis, Monsieur Alphonse a été ébahi de me voir avec une bande dessinée entre les mains... Astérix est bien un peu violent avec toutes les batailles, mais comme je les connais par coeur, il n'y a plus d'effet de surprise !

Je tourne donc la page de cet événement  Et pour celles qui s'interrogent : nous avons envie de repartir et d'entrer à Venise par voie de mer. Pour commencer, Monsieur Alphonse doit retrouver l'usage entier de son bras. Ensuite, nous ferons de la voile sur des lacs, par petites touches : quelques heures pour commencer, ceci pour rendre confiance à Augustin qui est le seul à ne plus vouloir monter dans un bateau.

En attendant, je prépare d'autres billets sur notre nouvelle vie. Actuellement, elle est un peu plus calme, ce qui me convient parfaitement.

@ très vite !