mercredi 9 octobre 2013

Alphonsine et les fleurs

J'ai un rapport particulier avec les fleurs : je les aime beaucoup, mais je n'aime pas en recevoir. Recevoir des fleurs signifie : fleur coupée, vase, eau qui se salit, fleurs qui se fanent, fleurs à jeter. Je ne peux supporter cette évolution inéluctable. 

Si je veux des fleurs, je vais dans mon jardin et je les admire. Je peux rester plusieurs minutes à observer une fleur et l'admirer. Je la regarde, je détecte les insectes qui se nourrissent de son pollen, je la hume, je l'aime. Puis je recommence auprès d'une autre fleur. Aucune n'a ma préférence, sauf une, le coquelicot. Je crois bien que c'est celle que je préfère : rouge vif, légère, altière, elle se balance au vent, et surtout, surtout, elle ne supporte pas qu'on la coupe de ses racines. Elle n'y survit pas.

Lorsque je reçois des fleurs, rarement, je les dispose dans un vase que je pose à terre. Ainsi elles sont exactement dans la même disposition que dans mon jardin. Je regarde le bouquet dans son ensemble, il ne me vient pas à l'esprit de détailler chaque fleur. Rien n'est naturel. C'est beau, c'est tout. Je ne suis pas émue.

Mon mari aime recevoir des fleurs, et se désespère de ne pouvoir m’en offrir. Alors c'est moi qui lui offre des fleurs. Et pourquoi pas ? Essayez, Mesdames, demain, allez acheter un bouquet de fleurs pour votre mari et offrez-lui. Et surtout, venez me raconter sa surprise, sa joie, ou son désintérêt. Tout m'intéresse.


J'offre donc des fleurs à mon mari, et cette fois, le vase, l'eau, le vase sur une table, tout cela ne me gêne pas. Je suis même capable de jeter un bouquet fané sans rien ressentir.

Je crois qu’il n’y a rien à y comprendre, c’est comme ça, c’est tout.

Et ainsi, nous sommes tous contents : lui d’avoir des fleurs, moi de ne pas en avoir, moi de ne pas jeter les miennes puisque je n’en ai pas, et lui de ne pas les jeter non plus, puisque c’est moi qui m’en occupe !


dimanche 6 octobre 2013

Serais-je en vacances ?

Je sais, il peut paraître surprenant que je me pose ce genre de questions, et pourtant... comment vous expliquer ce que je ressens ? Il y a des circonstances qui me font penser que je suis en vacances.


Par exemple, quand mon grand Anatole m'apporte une fleur en rentrant de l'école et que je n'ai pour seul vase qu'un verre à bière, j'ai l'impression d'être en vacances :




Quand je ne peux utiliser qu'une seule prise pour cinq appareils, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je cuisine sur une plaque de camping, j'ai l'impression d'être en vacances.





Quand j'offre des roses à mon mari et que je n'ai qu'un bocal à conserves pour tout vas, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand mes affaires de toilette n'ont pas quitté ma trousse, et que celle-ci a pour place le bidet, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je regarde par la fenêtre de ma chambre et que je vois les génisses brouter (quand je les entends à 2 heures du matin brouter), j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand ma boîte aux lettres consiste en une boîte en bois, et la sonnette en une cloche simplement posés sur le rebord de fenêtre, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand la seule clef de la maison est fixée sur un porte-clef en forme de coquillage, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand les chaussures s'empilent dans un carton, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand les jours frisquets approchent et que je n'ai que des tricots légers, j'ai l'impression d'être en vacances et d'avoir oublié de mettre des pulls, des chaussettes et un pantalon dans ma valise.




Quand je regarde ma maigre étagère avec quelques livres alors que j'en possède 4500, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je suis obligée de poser ma serviette sur un radiateur faute de tringle adaptée, j'ai l'impression d'être en vacances.




Quand je mange sur une table en formica et que je n'ai pas de nappe lorsque j'ai de la visite, j'ai l'impression d'être en vacances.





Quand je sors de chez moi et que je vois les merveilleux paysages, j'ai l'impression d'être en vacances.







Si seulement j'étais vraiment en vacances !!!



samedi 5 octobre 2013

Il a tout compris

Nous rentrions en train, l'autre nuit, quand Augustin m'interpelle : "Maman, donne-moi un conseil, que dois-je faire, pilote d'hélicoptère, ou conducteur de train ?"

Voilà le genre de questions auxquelles il faut répondre à 23 heures 54.

- Je ne sais pas, les deux métiers sont intéressants. C'est à toi de voir. Et puis, tu n'as pas besoin de décider ce soir, tu peux attendre un peu.

- J'aimerais bien être conducteur de train.

- C'est une bonne idée.

- Et puis il faudrait faire des grèves, n'est-ce pas ?

- Pourquoi ?

- Mais pour me reposer un peu !


jeudi 3 octobre 2013

Les joies dans ma cuisine

Je vous ai promis (ICI) un article ayant pour sujet : ma cuisine.

Donc, j'ai une cuisine dans une alcôve, elle est séparée du salon par une fine cloison, ne possède pas de porte, mais une fenêtre. Elle m'a été présentée comme suit : "Voici la cuisine, avec une cuisinière intégrée dont une seule plaque fonctionne, un four, un micro-ondes au fonctionnement improbable, un réfrigérateur ne produisant vraisemblablement plus de froid, et un lave-vaisselle.

On oublie la nécessité, ou plutôt le confort du lave vaisselle. Parce que si lave-vaisselle il y a, celui-ci n'est pas branché, quelle déveine, et impossible à brancher, situé comme il l'est en face de l'évier. Soit. On tirera au sort pour savoir qui lave, qui sèche, qui range. "Mais c'est toujours sur moi que ça tombe". Dans ce cas, on fera un tableau et comme les enfants rentrent juste le temps de dîner (en Suisse on dîner quand les français déjeunent), ce sera toujours sur Alphonsine que ça tombera !



Trois plaques électriques, mais une seule qui permette de faire bouillir de l'eau, les autres ne pouvant produire qu'une chaleur "tiède" ! Il faudra que je pense à récupérer les plaques électriques de camping chez Amélie.

Le four a pris feu à la première tentative de faire cuire du pain. J'ai sauté dans ma voiture pour rechercher le mini-four dont Amélie n'avait plus besoin, et puis aussi ses plaques électriques de camping.

Au final, j'ai deux frigos (le mien et celui de la maison qui fonctionne contrairement aux prévisions pessimistes), un four qui est en panne, des plaques électriques que je n'ose plus allumer, ayant vu quel genre de fil électrique les reliait au réseau, un mini-four de camping (le jour où on a succombé au désir de pizza, Antoinette et moi avons mis plus de 2 heures à faire cuire successivement toutes les pizzas), une plaque électrique de camping, autant dire que mes grandes casseroles ne permettent que d'en utiliser une à la fois, un micro-onde qui ne sert que pour chauffer le lait du matin, et un lave-vaisselle qui fait joli.


Lorsque vous aurez mis ce billet en parallèle avec celui-ci, vous comprendrez mon malheur : Il y a UN seul adaptateur pour tous les appareils. Je me refuse à y installer une multi-prise, je crains que le branchement de plusieurs appareils ne fasse sauter les fusibles comme ICI. Je me sers donc alternativement de la cafetière électrique, puis du micro-ondes ; de la plaque électrique puis du four ; de la cafetière électrique italienne puis du Kenwood... "Chacun son tour", voilà ma devise.



Après quelques jours de flottement, et de repas pris à des heures improbables, j'ai appris à jongler utilement entre les prises, les engins et les horaires. L'être humain est capable de tout, même de s'habituer à du luxe... J'ai hâte d'en faire l'expérience !


mardi 1 octobre 2013

"Ce n'est pas de notre époque"

Hier soir, je faisais travailler Augustin tout en repassant. La sèche-linge tournait pour me donner de la matière à travailler moi aussi. Tout allait bien, Augustin "répétait bien ses livrets" (= révisait ses tables de multiplication), je repassais consciencieusement, Anatole faisait des recherches sur l'ordinateur, quand d'un coup, tout s'éteint.

- Bon, les fusibles ont sauté. Pourtant, je pensais que je pouvais faire fonctionner à la fois le sèche-linge et le fer à repasser. Qui sait où se trouvent les fusibles ? 

Les enfants l'ignorant, je leur explique où les trouver. Pour ma part, c'est la première des choses que je cherche lorsque je visite une maison : j'ai déjà tellement dû remettre des disjoncteurs à leur place que je sais que c'est une question de survie que de savoir où se trouvent la lampe de poche ainsi que les fusibles.

Anatole, Antoinette et Ambroise descendent à la cave. Ils grimpent l'échelle permettant d'arriver aux fusibles, puis remontent en courant pour me dire "Maman, ce n'est pas de notre époque, on ne sait pas comment faire". Je riais sous cape, je savais à quels fusibles j'avais à faire (puisque je les avais repérés lors de la visite de la maison !)


Je descends avec eux, je grimpe l'échelle, je demande à Antoinette de dévisser le fusible du premier étage, et à Anatole de regarder s'il y a des fusibles de rechange. "Vérifiez l'ampérage, et remettez un nouveau fusible à la place. Et puis donnez-moi celui-ci pour ne pas les mélanger aux autres et penser à en racheter".

Antoinette revisse, et remonte pour constater que "oui, ça marche. Mais c'est normal que tu saches, tu es de l'autre époque !"