Des nœuds dans mon fil

samedi 26 octobre 2013

Le lavoir du deuxième millénaire

Après vous avoir informé de l'existence d'un lavoir sur la parking de mon supermarché (ICI), il faut que je vous raconte les rencontres que j'y ai faites.

En arrivant, jeudi après-midi, avec mes deux grandes corbeilles à linge, l'une claire et l'autre sombre, j'ai pu constater que la place la plus proche était occupée par une voiture. Je me suis donc garée un peu plus loin, j'ai transporté mes paniers, et j'ai commencé par lire le mode d'emploi.

Facile : Vous enfournez votre linge dans une machine, vous introduisez vos pièces dans la caisse automatique (elle ne rend pas la monnaie), vous indiquez le numéro de votre machine, puis vous choisissez le programme (avec prélavage ou sans, et la température requise). La machine vous indique qu'il vous reste 30 minutes pour aller faire vos courses.

J'ai ouvert le coffre de ma voiture, et je me suis installée au soleil (oui, dans le coffre, mais c'est une grande voiture familiale) pour lire pendant que le robot travaillait pour moi. Cette sensation de sentir un travail efficace pendant que je ne fais rien correspond à une de mes plus grandes jouissances.

Ma naïveté étant limitée, je me disais bien que les gens qui faisaient laver leur linge ne discuteraient pas entre eux. J'ai donc bien fait d'emporter de quoi m'occuper pendant une heure. A côté de moi, les deux personnes qui attendaient leur linge étaient assises dans la voiture, à l'ombre, leur portable à la main, sans discuter et avec une musique qui ne fait pas partie de mon répertoire. Pour ne plus entendre ce bruit, j'ai mis "Le roi Arthur" de Purcell. 

Du soleil, de la belle musique, un bon livre, et un robot qui travaille, j'ai passé une heure splendide.

Finalement, le linge de la voiture d'à-côté étant sec, les deux femmes sont parties, et ont été immédiatement remplacées par un motard à queue de cheval. J'ai été largement distraite par sa méthode pour laver le linge. Bruyant est un petit terme.

Il a tiré son gros sac devant la machine "8 kg". Il a allègrement enfourné tout ce que son sac contenait, les T-shirts avec les chaussettes, le clair avec le foncé, et les pulls avec les articles en coton. Ensuite, il s'est dirigé vers la caisse. Il a commencé à glisser les pièces dans la machine. Puis il a pesté, ensuite il a juré, à la suite de quoi il a pris le ciel à témoin que zut il avait mis plus de pièces que nécessaire mais que la machine ne les restituait pas ("elle ne rend pas la monnaie", c'était écrit). Il n'est pas arrivé à mettre sa machine en marche, et ne pouvait plus reprendre ses pièces. C'est alors que les mots affreux ont fusé de sa bouche, c'était grossier, c'était laid, c'était obscène, c'était vulgaire.

Pourquoi donc ma machine a-t-elle terminé son programme précisément à ce moment-là ? Je me suis timidement approchée, quand il m'a interpellée : "Elle est à vous cette chaussette ?" Il me montrait une chaussette bleue marine affalée devant "ma" machine. Je la saisis du bout des doigts, l'approche de mon nez et dit débonnaire "Oh, ce doit être celle d'Augustin".

J'avais gagné, je l'ai fait rire, il s'est détendu d'un coup ! Pourtant, je me demande dans quel état il a été lorsqu'il a ouvert sa machine et qu'il a récupéré ses pulls rétrécis !


14 commentaires:

  1. Le lavoir du XXIème siècle était nettement plus convivial. Il faut dire que l'espace de ce lavoir du XXIème siècle, tel qu'il est agencé, ne favorise pas le lien social (en même temps, ce n'est pas sa raison d'être)
    J'espère que tu ne seras pas poursuivie pour non assistance à pulls de motard à queue de cheval en danger de feutrage et rétrécissement... ^^ (en même temps, ils étaient peut-être en acrylique)

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  2. C'est qu'on est difficilement crédible, quand on est motard, si on commence à trier bien soigneusement son linge... D'où l'avantage de continuer à confier ça à maman (un vrai motard a toujours une maman qui l'aime/qu'il aime).

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  3. la dernière fois que j'y suis allée je m'étais tromper de température de lavage et au lieu de jurer j'ai dit "Jésus, Marie, Joseph" et du coup j'ai interpellé indirectement le monsieur qui était là & d'une autre religion !
    il m'a alors demandé pourquoi j'ai dit ça et patati patata nous avons bien échangé ! puis après j'ai eue le droit à un couple de jeunes "groseille" pfffffff je suis ressortie de la laverie épuisée !
    Nathalie

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  4. J'adore tes chutes: Alphonsine qui déride un motard grossier, ça c'est du billet, bravo!!

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  5. Excellent article dans la veine des précédent ! Un vrai plaisir de te lire (et d'en rire, cela va de soi)

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    1. Je t'ai reconnu, anonyme, et ton commentaire me touche beaucoup. Bisous.

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  6. euh... moi je lave mes t shirts avec mes chaussettes c'est grave??

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  7. je déclare tes billets d'utilité publique Alphonsine!
    Quel régal de venir lire tes petites aventures (enfin presque toutes). Arriver à lire sous le soleil et en écoutant de la musique, c'est un exploit, bravo au passage:)

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    1. Merci !
      L'exploit a consisté à convaincre Augustin de ne pas m'accompagner ! (pour que je puisse lire au soleil et écouter de la musique !)

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  8. La grossiereté de certaines personnes est parfois sidérante, pour me choquer il en faut beaucoup mais hier, dans un magasin un pere à lancé à sa fille d'environ 14 ans : tu me pompes le d...d, tu veux que j'e t'explique que ça veut dire.

    No comment

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    1. Je suis particulièrement choquée de la grossièreté de parents envers leurs enfants.
      Ici, c'était contre une machine, qui, par chance n'a rien répondu ! Et nous n'étions pas sensées entendre...

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  9. Avoue que s'il s'était mis à déclamer du Shakespeare, tu aurais, certes,pu tenter une discussion avec lui, mais cela aurait été beaucoup moins drôle pour nous (et pour lui) !

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