Des nœuds dans mon fil

mardi 17 janvier 2012

Les amis de la famille

Nous avons plusieurs amis célibataires, certains de longue date. Ils ne viennent pas souvent nous voir, mais j'ai fini par comprendre que lorsque le silence leur pèse trop dans leur appartement jamais dérangé que par eux-mêmes, ils font un petit tour chez Alphonsine, de préférence sans prévenir, ou au dernier moment.

Alphonsine aime l'imprévu et les visites surprises. Si le ménage n'est pas nickel, au moins elle a une excuse.

Donc, l'ami célibataire débarque, enjambe les vélos et skates qui traînent sous le porche, essaye d'éviter de marcher sur les chaussures qui jonchent le sol de l'entrée, désespère de trouver un cintre disponible pour sa veste, se voit assaillir de toutes part par un nombre incalculable de mains, poursuit le parcours du combattant au salon où il évite de justesse une locomotive pour écraser un légo, s'installe dans un fauteuil où il a fallu débarrasser les livres qui l'encombraient, se relève pour serrer d'autres mains "non, on ne s'est pas encore vus, c'était Armand", essaye de mener une conversation avec Monsieur Alphonse et Alphonsine qui demande le calme aux deux derniers qui se disputent (ce n'est pas réservé aux deux derniers d'ailleurs), admire la dextérité au rubick's cube de l'un, écoute l'histoire du vélo creuvé de l'autre, regarde angoissé la démonstration de jonglage de balles du troisième, demande des nouvelles du quatrième, repose la question parce qu'il n'a pas pu entendre la réponse, essaye d'écouter chacun, entend tout le monde, passe à table où, après un jeu de chaises musicales où tout le monde se dispute sa droite et sa gauche, Monsieur Alphonse recommence la répartition, parce que, décidemment, Arthur à côté d'Aloyse signifie repas mouvementé (il se dit in peto que si ce qu'il est en train de vivre est un repas calme, il préfère ignorer ce que peut être un repas mouvementé), finit par observer avec un demi-sourire, les échanges verbaux aussi fréquents que bruyants, et s'en va, exténué, enjamber les chaussures puis les vélos, heureux de se retrouver dans un appartement où il goûte le silence et où personne ne dérange rien.

Il a passé une excellente soirée, mais il y a des bonheurs qu'il ne faut pas renouveler trop souvent !!!


5 commentaires:

  1. Oui mais tu n'abandonnerais pour rien au monde tes repas agités et tes trucs qui trainent partout ! Sauf bien sur quelques heures, voire quelques jours ...

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  2. C'est drôle , ce petit épisode me rappelle les repas que je prenais toute jeune, chez mon amie d'enfance.
    Avec 5 enfants. la table était particulièrement animée par les jumeaux et les garçons en général.
    Une maison vivante comme celle que vous décrivez.
    Moi même issue d'une famille de 7 enfants, j'ai peu de souvenirs de cette ambiance, car la distance d'âge avec mes aînés est trop importante.

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  3. Chez moi, ce sont les amies célibataires et sans enfants qui viennent prendre un bol d'agitation... apprécient apparemment beaucoup... et repartent vers leur silence avec un peu de soulagement !!!

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  4. Je me souviens combien il était fatigant voire parfois insupportable de dîner acec mes neveux, tant que nous n'avions pas d'enfant. C'est devenu naturel et amusant depuis...Il faut être déjà habitué à l'agitation des enfants pour supporter ceux des autres...! et que cela devienne un vrai bonheur.

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  5. J'adorerais venir chez toi à l'improviste !

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